Saisi par l’administration coloniale française en 1916. Le Djidji Ayôkwé , le célèbre tambour parleur et objet sacré de l’ethnie Ebrié en Côte d’Ivoire. A fait un retour triomphal vendredi 7 Aout 2026 dans son village d’origine, près d’Abidjan.
Ce tambour de plus de 400 kg a été officiellement restitué par Paris en février. Puis, acheminé en Côte d’Ivoire en mars. Mais, il n’avait pas été sorti de sa caisse lors de son arrivée a l’aéroport. C’est donc la première fois qu’il est montré aux Ivoiriens.
Son retour entre dans le cadre du processus de restitution d’objets aux pays anciennement colonisés. Initié par la France en 2017 et ayant abouti à une loi promulguée en mai qui facilite cette démarche.
Vendredi, jour de fête nationale qui célèbre l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Le tambour a défilé lors d’une parade militaire dans le quartier de Yopougon. Avant de rejoindre le village d’Adjamé, sa terre d’origine.
Une célébration populaire et un hommage solennel aux ancêtres
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L’objet imposant en bois d’iroko, noir, blanc et rouge, long de 3,30 mètres et pesant près de 430 kg. A été transporté dans une caisse vitrée sur un grand char décoré et accueilli en présence de la ministre de la Culture Françoise Remarck, de chefs traditionnels et de centaines d’habitants.
Une dizaine de personnes ont effectué une cérémonie de libation, lors de laquelle elles ont versé quelques gouttes d’un liquide sur la terre, en offrande aux ancêtres.
« Le développement d’une nation ne peut se construire sans la préservation de sa mémoire et la valorisation de son patrimoine », a déclaré le maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, exprimant « une profonde émotion et une grande fierté ».
« Nous voulons voir avec nos yeux pour croire que le tambour nous appartient », a déclaré à l’AFP Jacqueline Akrébié, 69 ans, habitante du village.
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Quelques sièges plus loin. Cyriaque Ahouré, 63 ans, responsable traditionnel, est venu partager une « grande joie. En se rappelant (des) ancêtres ».
Djidji Ayôkwé : de l’arme coloniale au musée d’Abidjan
Plus qu’un instrument de musique, le Djidji Ayôkwé accompagnait les cérémonies importantes et servait à transmettre des messages, notamment pour alerter les villageois en cas de danger face aux colons.
Il avait été saisi en 1916 par les autorités coloniales, avant d’être envoyé en France en 1929, exposé à Paris au musée du Trocadéro, puis dans celui du quai Branly.
Le tambour sera désormais exposé au Musée des civilisations, à Abidjan.












