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Élections législatives en Israël : la région surveille le vote du 27 octobre

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Les élections législatives en Israël, fixées au 27 octobre, sont observées de près par les pays voisins. La Jordanie, l’Égypte, le Liban, les monarchies du Golfe et la Syrie s’interrogent sur leurs effets pour leur sécurité et leurs relations diplomatiques avec l’État hébreu.

Élections législatives en Israël : un scrutin sous surveillance régionale

Le vote du 27 octobre dépasse largement le cadre de la politique intérieure israélienne. Les voisins d’Israël s’inquiètent de ses retombées, qu’elles touchent à leur sécurité ou à leurs liens diplomatiques.

Les sondages annoncent une bataille serrée. D’un côté figure le bloc conduit par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De l’autre se trouve son rival centriste, Gadi Eisenkot.

Dans ce contexte, l’AFP a dressé un panorama des attentes exprimées dans la région. Chaque capitale observe le scrutin à travers ses propres préoccupations.

Au centre de ces inquiétudes se trouve la ligne défendue par le chef du gouvernement sortant. En lançant la campagne du Likoud, son parti, Benjamin Netanyahu a proclamé avoir « changé le visage du Moyen-Orient ». Il a juré de poursuivre sur la même voie.

Troupes déployées et projets de déplacement au cœur de la campagne

Le Premier ministre insiste sur un point précis : le maintien des troupes israéliennes déployées dans le sud du Liban et de la Syrie. Cette position place directement deux pays voisins au cœur de l’enjeu électoral.

Plusieurs de ses ministres tiennent un discours encore plus tranché. Ils évoquent ouvertement le déplacement des Palestiniens hors de Gaza et de la Cisjordanie occupée. Un tel projet aurait un impact direct sur la Jordanie et l’Égypte voisines.

Cisjordanie : des colonies en nombre inédit

Le gouvernement actuel est le plus à droite de l’histoire d’Israël. Il s’est abstenu de toute annexion formelle de la Cisjordanie. Mais il a approuvé un nombre sans précédent de colonies.

À plusieurs reprises, des responsables israéliens ont par ailleurs réclamé l’expulsion de plus de trois millions de Palestiniens de l’autre côté du Jourdain. Cette perspective concerne au premier chef le royaume jordanien.

Gaza : l’hypothèse du Sinaï

Pour la bande de Gaza, certains ministres israéliens avancent une autre option. Ils proposent de transférer les quelque deux millions de Palestiniens qui y vivent vers l’Égypte, dans la péninsule du Sinaï.

Le Caire rejette catégoriquement cette idée. Le sujet pèse lourdement sur la manière dont l’Égypte aborde l’échéance électorale israélienne.

Liban et Syrie : deux fronts ouverts

Au Liban, le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale début mars. Le mouvement a tiré sur Israël, qui a répliqué par des bombardements massifs et un déploiement dans le sud du pays. Selon Beyrouth, le bilan dépasse 4 300 morts, avec des centaines de milliers de déplacés.

La Syrie connaît elle aussi une forte activité militaire israélienne. Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, Israël y a lancé des centaines de frappes. Son armée est entrée dans une zone tampon surveillée par l’ONU et a régulièrement mené des incursions dans le pays.

Élections législatives en Israël : des accords de paix sous tension

Le scrutin intervient alors que les relations entre Israël et ses voisins reposent sur des équilibres variables. Certains pays sont liés à l’État hébreu par des traités anciens. D’autres ont normalisé leurs relations plus récemment, ou s’y refusent encore.

Jordanie et Égypte, partenaires de longue date

La Jordanie et Israël sont liés par un traité de paix depuis 1994. Ce cadre ancien se trouve aujourd’hui confronté aux projets évoqués à Jérusalem concernant la Cisjordanie.

L’Égypte a elle aussi signé un accord avec Israël. Elle entretient pour l’heure avec son voisin une « paix froide ». La coopération sécuritaire se maintient, mais les liens restent distendus.

Le Golfe entre normalisation et réserve

En 2020, les États-Unis ont négocié les accords d’Abraham. Ces textes ont notamment permis aux Émirats arabes unis de normaliser leurs relations avec Israël. Abu Dhabi a conservé des liens étroits avec son partenaire, même au plus fort de la guerre à Gaza.

L’Arabie saoudite a suivi une trajectoire différente. Ryad semblait prêt à franchir le pas avant le déclenchement de la guerre à Gaza. Depuis, le royaume résiste à la pression américaine et conditionne toute normalisation au lancement d’un processus vers un État palestinien.

Liban et Syrie face à Washington

Malgré le lourd bilan humain de la guerre, le Liban a engagé des discussions avec Israël sous la pression américaine. Ces échanges portent principalement sur le désarmement du mouvement chiite.

Côté syrien, le paysage diplomatique a lui aussi évolué. Donald Trump s’est rapproché du nouveau dirigeant du pays, Ahmad al-Chareh.

Réactions dans la région : entre alarme et prudence

Les responsables et experts interrogés expriment des attentes contrastées. Toutes convergent toutefois vers une même question : le résultat du scrutin modifiera-t-il la politique israélienne dans la région ?

Amman parle de menace

En Jordanie, le ton est particulièrement grave. Oraib Rantawi dirige le Centre Al-Quds d’études politiques à Amman. Selon lui, les appels à l’expulsion de Palestiniens vers la rive orientale du Jourdain font peser « une menace existentielle » sur le royaume.

Le roi Abdallah II a porté ce message jusqu’à la tribune de l’ONU cette semaine. « L’appétit expansionniste du gouvernement israélien est maintenant une menace régionale », a-t-il averti.

Oraib Rantawi va plus loin. D’après l’expert, la Jordanie et Israël « sont engagés sur une trajectoire de collision » à moyen et long terme.

Le Caire mise sur le dialogue

Côté égyptien, l’ancien ambassadeur El-Sayed Shalaby esquisse une préférence. Le meilleur scénario serait à ses yeux « un gouvernement moins idéologique ». « Même sans changement fondamental de la position d’Israël, cela ferait retomber la pression », estime-t-il.

Le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, affiche une position d’ouverture. L’Égypte discutera « avec tout gouvernement sorti des urnes », assure-t-il. Il reproche néanmoins au cabinet Netanyahu de freiner la mise en œuvre du plan de paix américain pour la bande de Gaza.

Beyrouth sceptique

Au Liban, le scepticisme domine. Un ancien ministre libanais, qui a requis l’anonymat, le confie à l’AFP : « Nous ne sommes pas optimistes ». Il ajoute : « Peut-être qu’Eisenkot est moins radical, mais sur le terrain, la politique restera la même ».

Le président libanais Joseph Aoun a choisi de s’adresser directement aux électeurs israéliens. « La question que nous souhaitons adresser au peuple israélien (…) et à tout futur gouvernement est la suivante : veulent-ils la stabilité, la sécurité et l’absence de guerre à leurs frontières, ou pas? », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a toutefois souligné que le scrutin relevait des affaires intérieures israéliennes.

Le Golfe mesure les coûts

Pour Neil Quilliam, expert en sécurité à Chatham House, la situation a profondément évolué. « L’environnement politique a changé radicalement », déclare-t-il à l’AFP.

À ses yeux, « les décideurs saoudiens sont susceptibles de considérer la normalisation comme une possibilité à long terme ». Il estime cependant que Ryad n’assumera pas le coût, en termes de réputation et de politique intérieure, d’un rapprochement avec un gouvernement israélien de droite.

Les Émirats observent eux aussi la situation avec réserve. Selon Andreas Krieg, du King’s College de Londres, ils sont aujourd’hui « peu à l’aise avec un voisin provoquant des chocs régionaux synonymes de coûts économiques et sécuritaires pour ses partenaires ».

Damas attend un changement de ton

En Syrie, une source diplomatique résume l’enjeu auprès de l’AFP. Pour Damas, la question est de savoir si les élections peuvent porter au pouvoir « un gouvernement moins enclin à exploiter politiquement toute escalade et plus à l’écoute de Washington ».

Conséquences et suite attendue après le vote du 27 octobre

La prochaine étape est fixée : les Israéliens voteront le 27 octobre. Les sondages laissent entrevoir un duel serré entre le camp de Benjamin Netanyahu et celui de Gadi Eisenkot.

Pour la Jordanie, l’enjeu dépasse l’alternance. L’analyse d’Oraib Rantawi décrit une relation bilatérale engagée sur une trajectoire de collision, indépendamment de l’échéance immédiate.

L’Égypte, de son côté, se dit prête à travailler avec l’équipe qui sortira des urnes. Un gouvernement moins idéologique permettrait, selon El-Sayed Shalaby, de faire baisser la pression, même sans transformation profonde de la position israélienne.

Au Liban, les discussions engagées avec Israël sur le désarmement du Hezbollah se poursuivent dans un climat de méfiance. L’ancien ministre interrogé ne s’attend à aucun changement de politique sur le terrain, quel que soit le vainqueur.

Dans le Golfe, la normalisation avec l’Arabie saoudite reste suspendue au lancement d’un processus vers un État palestinien. Neil Quilliam la considère comme une possibilité à long terme, mais pas avec un gouvernement israélien de droite.

Damas espère enfin un exécutif plus attentif aux attentes de Washington. La Syrie mise sur le rapprochement entre Donald Trump et Ahmad al-Chareh pour peser sur la suite.

Source : Agence France-Presse

 

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