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Attaques jihadistes au Nigeria : un général tué et près de cent morts en cinq jours

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Les attaques jihadistes au Nigeria ont fait près de cent morts depuis le dimanche 6 avril 2026. Des groupes armés ont frappé plusieurs localités du nord du pays en l’espace de cinq jours. Un général de brigade a péri lors de l’assaut de la base militaire de Benisheikh, dans l’État de Borno, devenant le deuxième officier de ce rang tué en cinq mois.

 – Un général de brigade abattu à Benisheikh

Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 avril, des jihadistes ont pris d’assaut la base militaire de Benisheikh. L’installation se situe à environ 75 kilomètres de Maiduguri, capitale de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria.

Le brigadier-général Oseni Omoh Braimah a perdu la vie lors de l’attaque. Il devient le deuxième général de brigade nigérian à tomber dans un assaut en cinq mois.

Zannah Lawan Ajimi, chef de l’administration locale de Kaga, a contacté l’AFP par téléphone pour confirmer l’événement. « Des assaillants ont pris d’assaut la base militaire de Benisheikh, détruisant plusieurs véhicules militaires », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Malheureusement, le général de brigade O.O. Braimah a perdu la vie. »

Deux sources du renseignement ont confirmé indépendamment le décès du général à l’AFP. L’une d’elles a précisé que les jihadistes — dont l’identité reste inconnue — avaient tué au moins 18 soldats lors de l’opération. Ces assaillants avaient également incendié des véhicules sur la base.

« Ils ont pris le dessus sur la brigade », a déclaré la première source. La seconde a indiqué que « les terroristes avaient tué plusieurs soldats » et « incendié des véhicules et des bâtiments avant de se replier », sans fournir de bilan précis.

L’armée nigériane a publié un communiqué officiel dans la journée de jeudi. Elle y affirme que les assaillants avaient tenté « de franchir le périmètre défensif de l’installation militaire » avant d’être « vigoureusement combattus et contraints de battre en retraite en désordre ». Le texte reconnaît « la perte de quelques soldats courageux et valeureux », sans chiffrer les victimes.

 – Près de cent morts : le bilan des attaques jihadistes au Nigeria depuis dimanche

L’assaut de Benisheikh clôt une semaine d’une violence exceptionnelle dans le nord du pays. Avant cette nuit du 9 au 10 avril, au moins 90 personnes avaient déjà été tuées depuis le dimanche 6 avril dans plusieurs villages isolés du nord-ouest du Nigeria.

Ce bilan repose sur un décompte de l’AFP, construit à partir de données fournies par des sources locales et humanitaires. Il porte le total à près de cent morts en cinq jours.

L’État de Niger concentre l’une des attaques les plus meurtrières de la semaine. Une opération perpétrée mardi y a vu son bilan s’alourdir considérablement : le nombre de victimes est passé de 20 à 50 morts entre mardi et jeudi.

Les groupes armés qui frappent le nord du Nigeria combinent deux logiques distinctes. Les organisations jihadistes visent les bases militaires et les représentants de l’autorité de l’État. Les bandes criminelles — que les habitants nomment localement « bandits » — s’en prennent aux villages pour enlever des civils, réclamer des rançons et piller. Ces raids génèrent régulièrement des déplacements massifs de populations.

L’intensification de ces violences dans les régions proches du Sahel s’est accélérée depuis l’an dernier. Les groupes armés multiplient les raids contre les installations militaires et les villages, instaurant un climat d’insécurité persistant dans des zones déjà fragilisées.

 – Dix-sept ans d’insurrection : contexte des attaques jihadistes au Nigeria

Le Nigeria affronte une insurrection jihadiste depuis 2009. Cette année-là, Boko Haram a déclenché un cycle de violences dans le nord-est du pays. Depuis, le conflit a engendré plusieurs factions dissidentes aux capacités militaires importantes.

L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) figure parmi les plus redoutables. Cette organisation avait tué le général de brigade Musa Uba en novembre 2024, faisant de lui l’officier nigérian le plus gradé à avoir perdu la vie depuis 2021.

Le décès du général Braimah illustre une tendance préoccupante. Deux généraux de brigade tués en cinq mois révèlent la capacité des groupes armés à frapper directement le commandement militaire nigérian.

Le pays le plus peuplé d’Afrique affronte deux fronts simultanés. Le jihadisme structuré sévit dans le nord-est, tandis que le banditisme armé gangrène le nord-ouest. Ces deux dynamiques alimentent conjointement l’instabilité d’une vaste zone frontalière avec le Sahel.

L’observatoire des conflits ACLED a documenté cette recrudescence des violences dans la région. Il l’attribue à des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, tous deux actifs dans cet espace transfrontalier.

 – Tinubu rend hommage aux soldats tombés

Le président nigérian Bola Tinubu a réagi jeudi soir dans un communiqué officiel de la présidence. Il a condamné l’attaque et adressé ses condoléances aux familles des soldats tués.

Tinubu a souligné le « sacrifice ultime » consenti par les soldats placés sous le commandement du brigadier-général Braimah pour défendre le pays dans l’État de Borno. Il a rendu hommage à « le courage et l’héroïsme des soldats » qui ont « combattu vaillamment pour repousser les terroristes ».

Le président a également mis en avant le rôle protecteur des militaires tombés. Il a salué leur action pour empêcher les terroristes de « submerger les communautés qu’ils protègent ».

Cette réaction intervient dans un contexte de pression croissante sur l’armée nigériane. L’institution fait désormais face à des assauts de plus en plus audacieux, qui ciblent ses officiers supérieurs au cœur même de ses bases opérationnelles.

 – Conséquences : déploiement américain et alerte sécuritaire à Abuja

La dégradation de la sécurité commence à peser sur la présence internationale au Nigeria. Mercredi, les États-Unis ont autorisé le départ du personnel gouvernemental non essentiel basé dans la capitale fédérale Abuja. Washington a invoqué « la dégradation de la situation sécuritaire » pour justifier cette mesure.

Cette décision s’inscrit dans un contexte d’engagement américain croissant dans la région. En décembre, les États-Unis avaient bombardé, avec l’appui du Nigeria, le nord-ouest de l’État de Sokoto. L’opération ciblait des combattants de l’État islamique au Sahel (ISSP), habituellement actifs au Niger voisin, ainsi qu’au Mali et au Burkina Faso.

Depuis ce raid, Washington a entamé le déploiement de 200 soldats sur le sol nigérian. Ces militaires ont pour mission de soutenir et de former les forces armées du Nigeria dans leur lutte contre les groupes jihadistes.

La multiplication des attaques jihadistes au Nigeria s’inscrit dans une déstabilisation régionale plus large. Le Sahel tout entier subit la pression de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Le Nigeria, longtemps préservé des contagions transfrontalières directes, se retrouve aujourd’hui en première ligne de cette crise régionale.

Source : Agence France-Presse

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