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Guerre en Ukraine: Ce que l’on sait du missile russe Orechnik

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La guerre en Ukraine gagne en intensité. La Russie a frappé à trois reprises l’Ukraine avec l’Orechnik, un missile de dernière génération conçu pour porter des têtes nucléaires, une arme dont le président Vladimir Poutine a vanté la puissance.

Ce missile a été utilisé fin 2024, début 2026 et samedi. A chaque fois, il ne portait pas de charge nucléaire. L’existence de cet engin balistique, capable de voler à une vitesse hypersonique, avait été révélée le 21 novembre 2024, lorsqu’il avait frappé une grande usine militaire dans la ville de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine.

Attaques ukrainiennes

Cette frappe avait alors été présentée par Moscou comme une réponse aux attaques ukrainiennes menées à l’époque contre la Russie avec des missiles américains et britanniques ATACMS et Storm Shadow.

Moscou a depuis annoncé le début de sa production en série. Et le Bélarus, pays allié de la Russie situé aux portes de l’UE, a indiqué qu’il avait été déployé sur son territoire mi-décembre 2025. Voici ce que l’on sait de ce missile, dont le nom signifie « noisetier » en russe.

Portée intermédiaire 

Selon M. Poutine, il s’agit d’un missile balistique « à portée intermédiaire », qui peut atteindre des cibles comprises entre 3 000 et 5 500 km. L’Orechnik n’entre donc pas dans la catégorie des missiles intercontinentaux (d’une portée de plus de 5 500 km).

Mais, s’il était tiré depuis l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement toucher des cibles sur la côte ouest des États-Unis. « L’Orechnik peut (également) menacer la quasi-totalité de l’Europe », selon Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (Unidir).

Jusqu’en 2019, la Russie et les États-Unis ne pouvaient mettre en service de tels missiles, en vertu du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) signé en 1987 pendant la guerre froide. Mais en 2019, le président américain Donald Trump avait retiré Washington de ce texte, accusant Moscou de le violer, ce qui a ouvert la voie à une nouvelle course aux armements.

Missile balistique intercontinental

Fin 2024, lors d’une réunion télévisée avec des responsables militaires, Vladimir Poutine avait assuré que Moscou avait une réserve de ces missiles « prêts à l’emploi ». L’Orechnik « est basé sur le modèle russe de missile balistique intercontinental RS-26 Roubej », lui-même dérivé du « RS-24 Iars », selon le Pentagone.

Le programme d’armement du RS-26 Roubej, dont le premier test réussi remontait à 2012, avait été gelé en 2018, d’après l’agence d’État russe TASS. Il avait pâti d’un manque de moyens pour mener « simultanément » ce projet avec le développement des systèmes hypersoniques nouvelle génération Avangard, censés pouvoir atteindre une cible quasiment partout dans le monde.

Selon Vladimir Poutine, le missile Orechnik peut atteindre la vitesse de Mach 10, « soit 2,5 à 3 kilomètres par seconde » (environ 12 350 km/h) et « la température des éléments percutants atteint 4 000 °C », soit « presque autant ».

Selon lui, qu' »à la surface du soleil ». D’après le renseignement militaire ukrainien (GUR), la vitesse atteinte par le missile fin novembre 2024 « sur la partie finale de la trajectoire » était « supérieure à Mach 11 » (environ 13 600 km/h).

Des vitesses hypersoniques

Enfin, l’Orechnik serait aussi muni de têtes multiples qui suivent chacune une trajectoire indépendante lors de leur entrée dans l’atmosphère, ce qui augmenterait encore la difficulté d’interception, a affirmé M. Poutine.

Selon l’analyste militaire polonais Marcin Andrzej Piotrowski, les ogives de l’Orechnik « pénètrent dans l’atmosphère et atteignent leurs cibles à des vitesses hypersoniques ». Une vidéo du tir russe du 21 novembre 2024, diffusée sur les réseaux sociaux, montrait six puissants flashs successifs au moment de l’attaque, signe, d’après le GUR ukrainien, que le missile « était équipé de six ogives ».

Une équipe de l’AFP présente à Dnipro, dans l’est de l’Ukraine, après l’utilisation du premier Orechnik, avait constaté des dégâts très limités tandis que les habitants avaient rapporté cette nuit-là un « bruit infernal » et de fortes lumières. Selon des experts militaires, ce premier tir avait pu être dénué de charge explosive et effectué par Moscou en tant que démonstration à visée politique.

© Agence France-Presse

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