Au lendemain de la fête du travail, des images choquantes diffusées sur les réseaux sociaux montrent un travailleur camerounais violemment maltraité dans une entreprise étrangère. Fouettés pour des soupçons de vol parfois dérisoires (vol de biscuits, d’habits…), certains employés camerounais seraient victimes de pratiques assimilables à des traitements inhumains, impliquant même, selon certaines révélations, des agents des forces de sécurité. Une affaire qui suscite colère, incompréhension et interroge sur la protection des travailleurs au Cameroun.
Tout est parti de vidéos et d’images devenues virales, relayées par le lanceur d’alerte N’zui Manto. On y aperçoit un employé camerounais violemment pris à partie, fouetté à répétition par un individu présenté comme un agent de sécurité. La scène, brutale, choque par sa violence mais surtout par sa symbolique : celle d’un traitement que beaucoup n’hésitent pas à qualifier de « retour à l’esclavage ».
Selon les informations qui ont circulé après la diffusion des images, l’auteur des violences ne serait pas un simple agent de sécurité. Il s’agirait en réalité d’un membre des forces de défense et de sécurité, recruté dans ce cadre pour assurer la discipline au sein de cette entreprise.
Au fil des heures, de nouvelles séquences similaires émergent, laissant penser que ces pratiques ne seraient pas isolées. Elles se dérouleraient dans plusieurs entreprises étrangères opérant sur le territoire camerounais.
Les témoignages évoquent des scènes de punition infligées pour des faits souvent mineurs. Notamment de vol de biscuits, produits alimentaires, vêtements, etc. Les faits dénoncés concerneraient principalement des entreprises commerciales dirigées par des ressortissants étrangers, notamment des Chinois, mais aussi Libanais et Indiens selon certaines sources.
Au-delà du commerce, d’autres secteurs sont évoqués, notamment l’exploitation artisanale de l’or, l’agriculture, etc. Des domaines où les conditions de travail sont déjà souvent précaires, et où ces dérives viendraient accentuer la vulnérabilité des employés.
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Des problèmes liés aux accords économiques
Invité de l’émission « Droit de réponse » sur Equinoxe TV, l’analyste Edmond Kamguia a vivement dénoncé ces pratiques. Il évoque des Camerounais « maltraités, voire torturés », et interpelle directement les autorités sur leur responsabilité.
Selon lui, ces problèmes sont liés aux accords économiques, surtout avec la Chine. Il pense qu’il faut revoir ces partenariats pour mieux protéger les droits des travailleurs. « Est-ce que la loi prévoit de fouetter un employé pour vol ? Est-ce qu’il faut torturer quelqu’un ? Cela doit cesser« , a-t-il martelé. Une prise de position forte qui traduit l’ampleur du malaise et de la colère au sein de l’opinion publique.
L’émotion suscitée par cette affaire dépasse le cadre des faits eux-mêmes. Elle touche à des enjeux sensibles : la dignité humaine ; la souveraineté nationale ; les rapports entre travailleurs locaux et employeurs étrangers. Pour beaucoup, voir des Camerounais subir de tels traitements sur leur propre sol est inacceptable et profondément humiliant.
















