Face à une violente vague de xénophobie ayant poussé plus de 170 000 ressortissants africains à fuir le pays. Pretoria a plaidé jeudi pour la tenue d’une conférence panafricaine dédiée aux migrations.
Le principe de cette conférence, rappelant l’Afrique du Sud, avait été adopté en 2015 par l’Union africaine. Qui souhaitait alors traiter la question des migrations comme un enjeu de développement économique et d’intégration régionale. Mais malheureusement elle ne s’est pas tenue à ce jour.
La conférence s’attaquerait également aux causes profondes du sentiment anti-migrant. Et évoquerait une réponse à l’échelle du continent contre la xénophobie. A expliqué le ministère sud-africain des Affaires étrangères dans son communiqué.
L’urgence d’un dialogue
« La nécessité de ce dialogue est devenue de plus en plus urgente. La migration est un phénomène continental dont les conséquences dépassent la compétence de tout État pris isolément », estime Pretoria.
« L’Afrique a participé à des discussions sur les migrations avec d’autres régions du monde mais le continent n’a pas encore tenu son propre forum permettant aux États membres d’examiner collectivement les défis et les opportunités liées aux migrations en Afrique », ajoute le communiqué.
Première économie du continent, l’Afrique du Sud est la destination finale de nombreux migrants du continent qui fuient des conflits, des gouvernements autoritaires ou sont à la recherche de meilleures conditions de vie.
La pression des partenaires africains
Plus de 176.000 d’entre eux ont quitté le pays depuis le début d’une campagne anti-migrants lancée par des groupuscules, selon un décompte de l’AFP à partir de chiffres communiqués par des gouvernements africains ayant accueilli leurs ressortissants.
Quatre ressortissants étrangers sont morts en lien avec les violences xénophobes qui ont accompagné cette campagne, selon la police sud-africaine.
Le Ghana, qui s’est montré très critique envers Pretoria pour sa gestion de la crise, a demandé qu’un débat de l’Union africaine sur les violences contre les migrants soit inscrit à l’ordre du jour du prochain sommet de l’UA prévu début 2027. Le Nigeria s’est également prononcé en ce sens.












