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Kenya: Un « trafiquant d’être humains » en prison

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Une figure d’un réseau qui aurait envoyé plus de 1 000 Kényans en Russie. Elle a été inculpée de « trafic d’êtres humains », a annoncé la justice kényane.

Cette décision constitue une importante avancée judiciaire, très longue à avoir vu le jour, dans une affaire qui a scandalisé le pays d’Afrique de l’Est où les opportunités professionnelles sont rares, et dont la jeunesse, incitée par le gouvernement, cherche souvent des opportunités professionnelles à l’étranger.

Enrôlés de force au sein de l’armée russe

Plus de 1 000 Kényans, nombre d’entre eux croyant obtenir des emplois bien payés en Russie, ont ainsi été enrôlés de force au sein de l’armée russe, a affirmé la semaine dernière le député kényan Kimani Ichung’wah, disant se baser sur un rapport conjoint des services de renseignements et de la police kényane.

L’accusé, Festus Omwamba, est le fondateur d’une agence de recrutement, Global Face Human Resources, par laquelle nombre de victimes sont passées. M. Ichung’wah avait expliqué qu’une enquête avait décrit M. Omwamba comme « le cerveau de l’opération basé au Kenya (…) associé à d’autres agents à Moscou. »

La Direction des enquêtes criminelles (DCI) kényane l’a présenté comme « un acteur clé présumé d’un vaste réseau de traite d’êtres humains », jeudi matin dans un communiqué.

Ukraine: Londres prêt à envoyer des troupes « si nécessaire »

La tromperie

Le parquet a indiqué sur X l’avoir inculpé pour « avoir recruté des jeunes Kényans à destination de la Russie », notamment dans une affaire en particulier, quand il a usé de « la tromperie » pour faire partir en Russie « vingt-deux jeunes Kényans (…) en vue d’y être exploités ». Ces hommes ont au final été libérés le 24 septembre lors d’une opération policière en grande banlieue de Nairobi.

L’un des employés de M. Omwamba, Edward Gituku, qui avait loué l’appartement où les hommes ont été retrouvés. est également poursuivi pour « trafic d’être humains », ce qu’il nie. Il a été remis en liberté sous caution.

Interrogé par l’AFP, l’avocat de Festus Omwamba, Me Bonaventure Otieno, a dénoncé un dossier « vide » basé sur des « spéculations » contre son client, selon lui « innocent ». La justice kényane « ne fait qu’envoyer un titre sensationnaliste (… dans les médias, NDLR) : «Regardez, on a arrêté ce gars, mais il n’y a rien » dans le dossier, a jugé Me Otieno.

 « Mensonge » 

« Il n’y a aucune preuve », a-t-il poursuivi, qualifiant l’inculpation de son client de « mensonge ».

Plusieurs médias, dont l’AFP, ont montré récemment comment de très nombreux Kényans, souvent sans aucun passé militaire, ont été trompés et envoyés sur le front en Ukraine, généralement après une très courte – et parfois aucune – formation militaire. Nombre d’entre eux ont péri.

L’AFP avait pu parler à quatre Kényans qui avaient pu rentrer chez eux. Après avoir connu la guerre et la mort dans les rangs russes. Trois d’entre eux avaient été blessés. L’un d’entre eux s’y était rendu en croyant devenir vendeur. Deux autres en espérant être agents de sécurité, et le quatrième sportif de haut niveau.

Les quatre hommes avaient été recrutés via l’agence Global Face Human Resources et avaient dénoncé le rôle de M. Omwamba dans cette affaire, mais aussi celui de son salarié Edward Gituku.

Anciens policiers et militaires engagés

L’AFP n’a pu joindre cette agence qui a déménagé à plusieurs reprises dans Nairobi ces derniers mois. Festus Omwamba a de son côté bloqué les appels de l’AFP. Interrogé quelques semaines plus tard par le quotidien kényan the Nation, dans un article publié mercredi, M. Omwamba a fait état d’anciens policiers et militaires engagés volontaires pour l’armée russe.

« Ce que je sais, c’est que les gens s’engagent, prennent le bonus lié à la signature. Et l’envoient à leur famille. Puis ils courent à l’ambassade et affirment qu’ils sont victimes de trafic », a-t-il expliqué. Balayant l’idée de tout trafic d’êtres humains. Les quatre « revenants » interrogés par l’AFP ont raconté avoir vécu des scènes apocalyptiques. Durant lesquelles ils ont côtoyé la mort et vu de nombreux cadavres.

Le gouvernement russe « n’a jamais été impliqué dans le recrutement illégal de citoyens kényans. Dans les forces armées de la Fédération de Russie », avait réagi le 19 février l’ambassade russe au Kenya.

© Agence France-Presse

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