L’Iran considère le protocole d’accord conclu avec les États-Unis comme un revers pour Washington. Une position réaffirmée par son négociateur en chef lors de la tournée du secrétaire d’État américain. C’était dans le Golfe, destinée à rassurer les alliés de la région.
« Le mémorandum d’entente d’Islamabad n’est pas le fruit de pressions ou de la coercition. Mais plutôt celui de la résistance et de la détermination. De la courageuse nation iranienne. » Et il « a pris la valeur d’une déclaration de défaite pour l’Amérique« . S’est targué l’influent Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a mené les pourparlers en Suisse côté iranien.
Et la sécurité au Moyen-Orient doit désormais être assurée par les pays de la région. Avec qui il souhaite être « dans l’interaction » et « non pas dans la confrontation ». A-t-il ajouté lors d’une conférence retransmise par la télévision iranienne.
Cette déclaration intervient alors que Marco Rubio. Le chef de la diplomatie américaine vient d’entamer une tournée éclair dans les pays du Golfe. Qui craint justement que Téhéran ne soit en quelque sorte renforcé de ce protocole d’accord.
Ils ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens. Lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.
Téhéran déterminé à conserver le contrôle du détroit d’Ormuz
Arrivé mardi soir à Abou Dhabi. M. Rubio doit voir mercredi à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane. Ceci avant de se rendre au Koweït puis à Bahreïn.
Vers de nouveaux pourparlers la semaine prochaine
L’Iran et les Etats-Unis ont signé il y a une semaine un protocole pour mettre fin aux hostilités. Ouvrant la voie à 60 jours de négociations pour tenter de parvenir à un accord final.
Mais de nombreux points de divergences subsistent. A commencer par le nucléaire iranien ou le détroit d’Ormuz. Et des voix critiquent aux Etats-Unis les concessions accordées par Washington. Soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.
Mercredi le Pakistan, pays médiateur, a annoncé que. Les pourparlers techniques entre les deux belligérants reprendraient la semaine prochaine. Sans doute mardi.
L’accord prévoit une réouverture du détroit d’Ormuz, après des mois de blocage. Qui ont fait flamber les cours de l’or noir. Mais l’Iran voudrait ensuite imposer des frais de service. Assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d’avant-guerre.
Aucun péage ou frais ne sera accepté par Washington dans ce passage. Où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, a réagi mardi Marco Rubio.
Alors que le trafic a atteint lundi un niveau record depuis fin février. Et que l’évacuation des plus de 11.000 marins encore bloqués a commencé. Les cours du pétrole restaient orientés à la baisse, autour de 76 dollars le baril de Brent. Loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme du conflit.
« Les investisseurs considèrent que le risque d’une interruption majeure de l’offre au Moyen-Orient continue de s’estomper. » Et saluent la poursuite des discussions « malgré des divergences persistantes. Sur, plusieurs aspects sensibles du dossier nucléaire ». Résume John Plassard de Cité Gestion.
Concernant le volet nucléaire. Après des déclarations contradictoires des deux camps. l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que, des inspections en Iran seraient bien lieu. Sans pouvoir dire à ce stade quand.
Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique. Tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.
Le Liban « un acteur aussi clé »
Sur le Liban, que l’Iran voulait impérativement voir figurer dans le protocole d’accord. Leur négociateur en chef a estimé mercredi que la fin de la guerre au pays du Cèdre était « aussi importante » . Pour Téhéran que la fin des hostilités dans son propre pays.
Marco Rubio a souligné que le soutien de l’Iran au Hezbollah serait bien abordé. Dans les discussions américano-iraniennes. Tout en appliquant le processus de négociations distinct qui a repris mardi à Washington entre Israël et le Liban. que le mouvement chiite rejette.
« Il est distinct parce que le Liban est un pays souverain. Il a un gouvernement, et (…) nous allons négocier et traiter directement avec le gouvernement libanais », a-t-il estimé.
Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre début mars. Et les frappes de représailles d’Israël, dont l’armée occupe toujours une partie du sud, ont fait plus de 4.100 morts selon les autorités libanaises.
















