Le Cameroun a importé 73 008 tonnes de friperie au cours de l’année 2025. C’est-à-dire des vêtements, des chaussures et autres accessoires d’habillement usagés.
Ce sont les données officielles qui concernent des vêtements, des chaussures et autres accessoires d’habillement. On estime le cout des dépenses totales à une valeur de 42,5 milliards Fcfa. Des chiffres qui donnent le tournis aux économistes.
Le coût pour relancer la Cicam
Et pour certains, en accord avec le rapport 2025 de l’Institut national de la statistique, cette somme reste importante. Et elle pouvait servir à redynamiser le secteur du textile au Cameroun. « C’est l’Ins qui est l’organe étatique des statistiques qui nous révèle ces chiffres. Si nous partons sur des valeurs réelles, on voit bien que cet argent représente le coût pour relancer la Cicam. La seule industrie de textile est en cessation de production et nécessite 48 milliards Fcfa. »
« Pourtant les dépenses liées à l’importation de la friperie l’année dernière sont à près de 43 milliards Fcfa. Un argent qui pouvait servir à financer la Cicam. Déclarée en faillite par la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public », dit Ernest Ekedi Massoma, économiste.
Pour revenir sur les importations, la valeur est en hausse de 2,6 milliards Fcfa. Contrairement à 2024, le Cameroun avait dépensé 39,8 milliards Fcfa pour l’achat de 72 600 tonnes de friperie. Une situation justifiée par le déclin de la filière textile locale portée par la Cicam.
Davantage les pagnes festifs
Autrefois, elle contrôlait jusqu’à 80 % du marché local du textile. La structure bat de l’aile depuis plusieurs années. Ses parts de marché sont davantage les pagnes festifs (8 mars, fête des enseignants, fête des mères et autres commandes qui n’atteignent pas 5%. Cette entreprise à capitaux publics, qui
En effet, la Cicam importe la totalité des pagnes des journées citées plus haut. Ce qui devient une contrainte pour cette entreprise obligée à partager ses revenus avec le fournisseur. Ainsi donc la chute presque totale des activités de la Cicam est attribuée à: l’explosion du marché de la friperie.
Et aussi à l’envahissement du marché camerounais par les tissus et vêtements chinois et ouest-africains. Ces produits cités, réputés très bon marché, sont importés en contrebande, ce qui explique les prix compétitifs sur le marché.
Restructuration de la Cicam
Alors, dans une étude menée par le défunt Bureau de mise à niveau des entreprises. En rapport avec le diagnostic stratégique global et le plan de restructuration de la Cicam. La dette de cette entreprise avait été évaluée à plus de 22 milliards Fcfa.
Et ladite étude avait ressorti un plan de restructuration de la Cicam. Avec la mobilisation d’une enveloppe de 48,2 milliards Fcfa, en cas de financement de l’opération par l’Etat. Facile donc de constater que cette enveloppe est équivalente à la valeur des importations de friperie enregistrée en 2025. Cependant, dans l’hypothèse d’une privatisation d’une partie de son activité, le coût de sa restructuration reviendrait à 30,7 milliards Fcfa.
Également, dans son rapport 2025 sur l’économie camerounaise. La BAD va révéler que le gouvernement envisage d’investir 70,2 milliards Fcfa pour relancer les activités de la Cicam. L’objectif étant de sextupler la capacité de transformation de coton de la Cicam d’ici 2030. Précision faite par la Banque africaine de développement (BAD). Il est question pour le pays de transformer localement 50 % du coton à partir de 2030.
















