pixel

Epilepsie : Les idées fausses persistent

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Mariane, une jeune mère, vit le calvaire avec sa fille de 11ans. Celle dernière vit avec l’épilepsie, une maladie dont la génitrice n’arrive toujours pas à comprendre. L’enfant tombe en transe et se met à baver.

Dans le récit de la situation. Marianne raconte : «ma faille a commencé à faire des petites convulsions. Elle perdait la connaissance et chutait du lit ou de la chaise où elle se trouvait couchée. Au début on m’a fait comprendre c’était le paludisme cérébral. Mais plus le temps passait, plus je voyais qu’elle avait des habitudes du genre, elle a regard ailleurs, du moins elle ne me fixait plus du regard. »

Le tour des hôpitaux

« J’ai d’abord observé qu’elle ne voulait plus étudier depuis la Sil. Elle ne retenait pas ses lacons. J’ai été obligé l’enlever et j’ai commencé à faire le tour des hôpitaux. C’est dans un hôpital à Mbalmayo qu’un médecin français de passage au Cameroun m’a dit que ma fille était épileptique. »

«  Je vous avoue que cela était dur pour moi. Je suis allée suivre ma mère à Nkongsamba. Elle aussi, m’a conduite chez un tradipraticien sans succès. Voilà que jusqu’à ce jour, rien n’a changé », raconte la jeune mère. Le récit est similaire à celui de Josepha. C’est pratiquement la même chose sauf que la fille de Josepha est âgée de 18 ans.

Emile, 30 ans, est en plein séminaire de formation des journalistes. La panique est totale : « personne de nous ne savait quoi faire. Il est tombé par le visage. Heureusement pour lui, deux autres confrères étaient devant lui. Il est tombé sur le dos d’un confrère qui n’a pas tremblé. »

« On l’a fait coucher et il bavait en frémissant. Et dans les cris, le vigile est venu au secours. Il a demandé de laisser l’espace. C’est 10 à 15 minutes après qu’il s’est réveillé », raconte Hervé.

50 millions de personnes vivent avec l’épilepsie dans le monde

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 50 millions de personnes vivent avec l’épilepsie dans le monde. Pourtant, dans de nombreuses sociétés africaines comme au Cameroun, cette pathologie reste encore mal comprise. Alors que la prévalence varie entre 58 et 100 patients pour 1000 habitants. On est entre croyances populaires, stigmatisation et manque d’informations, plusieurs idées persistent.

Selon les médecins, « l’épilepsie est une maladie du cerveau, chronique. C’est-à-dire qui est due dans le temps et qui va favoriser chez les patients la survenue de crises épileptiques. Et pour mieux comprendre, il faut imaginer le cerveau comme une centrale électrique qui produit l’électricité pour faire fonctionner l’organisme.

Et « cette électricité-là arrive aux autres parties du corps par des câbles qu’on appelle des nerfs. C’est lorsqu’il y a excès de courant dans cette centrale électrique-là qu’il va se manifester par des mouvements. Mais parfois par des crises sans mouvements. Et donc, la maladie appelée épilepsie favorise la répétition de ces crises-là », explique le Dr Daniel Gams Massi. Neurologue en service à l’Hôpital Général de Douala

Yaoundé : Le cerveau humain passe au scanner

Alors quelles sont les causes de cette pathologie ?

Le médecin  prend  les cas selon les âges . « Chez les enfants, c’est surtout les causes liées à la grossesse, à l’accouchement. Et à la partie juste après l’accouchement qu’on appelle la période néonatale et la petite enfance. Donc, les grossesses difficiles, avec fièvre, avec menace d’avortement ou d’accouchement prématuré. Les traumatismes en grossesse vont exposer l’enfant à développer de l’épilepsie.»

« Le travail qui dure longtemps, appelés travail prolongé, le travail difficile, encore appeler travail dystocique. L’enfant qui ne crie pas à la naissance immédiatement, ce qu’on appelle une souffrance fœtale aiguë. Expose cet enfant-là à développer de l’épilepsie », explique-t-il.

Pour lui encore, « Toutes les infections qui vont toucher l’enfant après la naissance, les infections néonatales. Les paludismes graves, les méningites, mais également une maladie qu’on appelle la neurocysticose, qui est très fréquente en zone. Où on mange beaucoup le porc, pas bien cuit, vont provoquer chez ces enfants-là de l’épilepsie »

Pour ce qui est des adolescents et des adultes jeunes, c’est « les traumatismes crâniens. On connaît tous notre contexte avec les motocyclettes, sans casque, sans respect du code de la route, mais également les infections du cerveau liées au VIH, qui sont pourvoyeuses également d’épilepsie, les AVC qui sont pourvoyeuses d’épilepsie et les tumeurs cérébrales. »

Et chez les personnes beaucoup plus âgées, « les AVC occupent le premier rang. Mais il y a les maladies dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer, qui est très souvent associée à de l’épilepsie. Mais également les tumeurs cérébrales qui sont plus fréquentes également. Et à tout âge, on a une prédisposition génétique qui favorise que certaines personnes feront de l’épilepsie. Et d’autres pas », déclare le neurologue.

Les signes ou les symptômes

L’on mous fait savoir qu’en général, c’est « la crise épileptique qui est le maître symptôme de cette maladie. Mais il y a d’autres symptômes. La crise épileptique dépend de la zone du cerveau qui est affectée. On distingue deux grands groupes. Les crises généralisées, ça veut dire que le cerveau est embrasé d’électricité et en excès dans tout le cerveau en même temps. »

Et « à ce moment, c’est la crise que tout le monde connaît, appelée convulsion. Qui est en réalité une crise généralisée tonico-clonique. C’est le patient qui va s’agiter, qui va baver. Qui va faire pipi sur lui ou bien faire les selles sur lui et qui va tomber dans un sommeil après la crise. Ça, c’est un type de crise généralisée. Mais on a aussi des crises focales. »

«Ces crises-là commencent dans une partie du cerveau, peuvent rester limitées à cette partie du cerveau. Ou plus tard peuvent se généraliser. Par exemple, on a des patients qui vont avoir le mouvement d’un seul bras ou d’un seul pied. C’est un type de crise. Ou bien qui vont avoir un seul œil qui clignote. »

«C’est un type de crise. Mais il y a les crises qui ne sont pas associées au mouvement du tout. Par exemple, quelqu’un qui va avoir des hallucinations, il voit des choses qui n’existent pas. C’est un type de crise. Quelqu’un qui va avoir des troubles du comportement ».

Autres signes

Ces enfants ont des difficultés scolaires, des difficultés d’apprentissage, parfois lents à la réponse. On les envoie y perdre du temps avant d’analyser l’ordre posé et exécuté. Parfois, ces enfants-là ont de l’épilepsie. En tout cas, il est important chez ces enfants-là de ne pas exclure l’épilepsie.

Les idées reçues

Dans plusieurs communautés africaines, l’épilepsie est parfois considérée comme une malédiction, une possession par un esprit malsain ou une punition spirituelle. Certaines personnes pensent que lorsqu’une femme est enceinte et qu’elle voit certaines choses interdites, l’enfant peut naître épileptique.

Les réponses du médecin

L’épilepsie, est une maladie particulière. Une maladie où les préjugés et les idées fausses font plus mal que la maladie elle-même. Parce que les causes de cette maladie sont connues, les manifestations de cette maladie sont connues. Et même les traitements de cette maladie sont connus.

Mais ce sont les préjugés qui font que les malades ne viennent pas à l’hôpital. Ou viennent tardivement à l’hôpital lorsqu’ils ont déjà des conséquences. Donc, il n’y a pas de mysticisme derrière. L’épilepsie n’est pas une maladie mystique. Ce n’est pas un sort jeté par les dieux pour nous punir de nos péchés.

C’est juste une maladie du cerveau avec des manifestations qui peuvent être spectaculaires. Mais qui peuvent aussi ne pas être spectaculaires et qui peuvent être plus discrètes. Il y a d’autres qui vont jusqu’à abandonner l’enfant au bord de la rivière.

On ne doit pas avoir peur d’un patient qui souffre de cette maladie parce que c’est une maladie avec laquelle on peut vivre. On peut étudier, travailler, se marier et fonder une famille, avoir des enfants qui sont tout à fait normaux.

Ce qu’il ne faut pas faire

Il y a des patients qui se sont brisé les dents parce qu’on a mis la cuillère qui est un métal. Des proches de patients qui ont mis le doigt. Et leur doigt a été coupé par la contracture des dents pendant la crise. Pare ce qu’on dit que le malade ca avaler sa langue. Non, la langue ne va pas être avalée. La langue c’est un muscle.

Et lorsque la personne est en crise, il y a une contraction des muscles, y compris une contraction de la langue. La crise va commencer seule et s’arrête seule. Donc il n’est pas question de mettre quelque chose dans la bouche pour protéger la langue. Il faut simplement laisser le patient faire sa crise et le rassurer après la crise. D’accord.

La durée moyenne d’une crise

En général, une crise doit durer moins de 5 minutes. Parce que si elle dure plus de 5 minutes, on est dans le cadre d’une nuisance épileptologique. Qu’on appelle l’état de mal épileptique. À ce moment-là, le patient doit être conduit sans délai dans une formation sanitaire pour arrêter la crise.

Si vous avez en face de vous, ou toute personne qui est en face d’elle, une personne qui est en crise. La première des choses, c’est de prendre son sang-froid et essayer de chronométrer. Éloigner les objets dangereux, blessants, brûlants autour du patient.

Ce qu’il faut faire

Mettre le patient en position latérale de sécurité. C’est-à-dire sur le côté, la tête regardant le côté vers lequel on a mis le patient. Mais également, essayer de protéger la tête sans toutefois chercher à arrêter les mouvements. Il ne faut pas essayer ça. C’est dangereux pour le patient. Cela peut le blesser, cela peut entraîner des entorses, parfois des fractures.

Après une crise, il faut rassurer le malade. Il faut lui dire, vous avez fait une crise épileptique. Nous étions là pour s’assurer que rien ne vous blesse et que vous ne soyez pas en danger.

En général, il faut laisser la personne aller se reposer. Si c’est un patient épileptique connu, il faut le laisser aller se reposer. Mais il faudrait mieux éviter de le faire travailler dans la même journée. Surtout quand on ne sait pas s’il a un risque de refaire une autre crise à proximité de celle qu’il a faite

On peut en guérir

L’épilepsie n’est pas la sorcellerie, l’épilepsie est traitable et on peut en guérir. Un épileptique ou une personne souffrant d’épilepsie peut avoir une vie quasi normale.

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Pédiatrie : La réanimation néonatale en question

Les pédiatres regroupés au sein de la Société camerounaise...

Dr Annie Kameni : « Le rapport sexuel est une question de santé »

Dr Annie Kameni  est Urologue chirurgien, en service à...

Cancer : les thérapies ciblées, une révolution médicale, mais…

Face au cancer, c'est une innovation majeure des trente...

Couverture santé universelle : déjà 68 % des 0-5 ans pris en charge

Trois ans après son lancement, la Couverture Santé Universelle...