La justice guinéenne a condamné le principal accusé à 15 ans de prison dans l’affaire des viols collectifs de deux adolescentes à Mandiana. Cette affaire, filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte mobilisation contre les violences sexuelles et pour une meilleure protection des mineures.
La justice guinéenne a condamné jeudi soir à 15 ans de prison le principal accusé dans l’affaire des viols collectifs de deux adolescentes, une affaire qui a provoqué une grande mobilisation contre les violences sexuelles dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, a appris l’AFP vendredi de source judiciaire.
En avril dernier, les viols de deux adolescentes par plusieurs hommes, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, ont mené à l’arrestation de quatre hommes à Mandiana dans l’est du pays. Un autre suspect est toujours recherché. Les images de cette agression ont récemment refait surface sur les réseaux sociaux, déclenchant une mobilisation inédite dans le pays contre les violences sexuelles.
Leur circulation a déclenché une vague de condamnations et relancé le débat sur les violences faites aux femmes, la protection des mineurs et la responsabilité des utilisateurs des réseaux sociaux dans le partage de contenus violents.
Le tribunal de première instance de Mandiana, localité à 700 km de la capitale Conakry, a déclaré jeudi soir le principal accusé, Moussa Condé, « coupable de viol et d’enregistrement à caractère de pornographie infantile au moyen d’un système informatique », a indiqué à l’AFP une source judiciaire.
Condé doit en outre payer une amende de 700 millions de francs guinéens (70.000 euros), dans la première décision rendue par la justice sur cette affaire, pour laquelle au moins trois autres personnes doivent être jugées. Le parquet avait requis 20 ans de réclusion criminelle.
L’accusé a reconnu avoir participé aux agressions
L’accusé a reconnu avoir participé aux agressions sexuelles mais nié être l’auteur de la vidéo incriminée et sa diffusion. Sa défense a annoncé faire appel du jugement.
Une des victimes a retiré sa plainte mais le parquet a maintenu sa plainte pour les deux. Ces derniers jours, citoyens, organisations de défense des droits humains, artistes, journalistes, responsables religieux et acteurs politiques ont multiplié les appels pour que les auteurs présumés soient jugés et condamnés.
Des associations féministes, des organisations de la société civile et plusieurs personnalités publiques ont appelé les autorités à faire de ce dossier « un exemple dans la lutte contre les violences sexuelles ».
Au-delà de la procédure judiciaire, cette affaire est devenue un symbole des attentes d’une partie de l’opinion publique, qui réclame une justice plus ferme face aux violences sexuelles et une meilleure protection des victimes, en particulier des mineures.
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