Les hommes politiques locaux sont également accusés d’assurer la protection des pilleurs d’or sur les sites illégaux. Une situation bien déplorée par certains acteurs de la société civile.
La mission conduite par le Mindmit sur les sites illégaux de production de l’or a permis au Pr Fuh Calistus Gentry. De se rendre compte qu’en réalité, les autorités administratives, les élus locaux, les hommes politiques protégeaient les Chinois Et autres étrangers qui exploitent le sous-sol camerounais.
De véritables camps mis en place par ces exploitants illégaux, avec la bénédiction du maire, du sous-préfet des céans. Et de quelques hommes politiques. D’énormes quantités d’or sortent de ces exploitations sans être déclarées. Pas un seul franc n’est versé dans les caisses de l’État.
Mafia à ciel ouvert
Seules les autorités administratives, les élus locaux, les politiques qui protègent cette mafia à ciel ouvert perçoivent mensuellement des millions. Le gouvernement camerounais est décidé à mettre un terme à ce pillage dangereux pour l’économie.
Selon le dernier rapport de l’ITIE, il existe un écart spectaculaire entre les exportations officiellement déclarées. Et les chiffres avancés par les pays importateurs. Toute chose que met en lumière une filière minière largement opaque.
Ce dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) indique qu’en 2023. Le Cameroun a exporté 22,3 kilos d’or. Une quantité insignifiante comparée à celle des Émirats arabes unis, principal pays importateur.
Trafic d’or au Cameroun : L’État perd des milliards de francs
« Il peut y avoir eu une augmentation de la production d’or au Cameroun. Mais on sait aussi, et cela a été documenté, qu’une partie de l’or de Centrafrique transite en contrebande par l’est du Cameroun avant d’être réexportée vers les Émirats arabes unis », affirme Marc Ummel, responsable Matières premières au sein de l’Ong Swissaid, plusieurs explications se superposent.
Production extrêmement faible
Au Cameroun, la production officiellement déclarée reste extrêmement faible. Marc Ummel, « une grande partie de l’or n’est pas déclarée. Il y a beaucoup de production illégale et un écart très important lié à la contrebande ». Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry. Évoque les limites de l’appareil étatique.
Pour lui, la société nationale des mines, la Sonamines, ne dispose pas des moyens « financiers et technologiques ». Nécessaires pour assurer un suivi efficace de la production aurifère. De l’avis d’un expert en mines et pétrole, « l’or est transporté par des personnes, en bagage à main. Jusqu’aux Émirats arabes unis. Une partie est aussi passée par l’Ouganda en 2024 avant d’y être exportée ».
« Il y a un phénomène de contrebande extrêmement important. Il y a vraiment un besoin ou une nécessité que les autorités s’engagent pour lutter. Contre ce fléau de la contrebande et que cet or soit déclaré pour que l’État en profite ».















