Face aux difficultés d’accès à l’eau potable à Douala, le Dr Thierry Messomo, médecin épidémiologiste et chef de district de Japoma, éclaire sur la qualité réelle de l’eau consommée, ses risques sanitaires et les gestes simples à adopter pour se protéger, notamment en saison des pluies.
Qu’est-ce qu’une eau potable ?
Une eau potable est une eau sans danger pour la santé. Elle peut être consommée sans provoquer de maladies. Elle doit être claire, inodore et sans saveur. Autrement dit, elle doit être agréable à boire. Sur le plan scientifique, son pH doit se situer entre 6 et 9. Cependant, ce paramètre reste invisible à l’œil nu. Ainsi, toutes ces caractéristiques permettent de juger sa qualité réelle.
Quelles sont les principales sources d’eau dans la ville de Douala ?
À Douala, l’eau provient de plusieurs sources. D’un côté, il y a l’eau distribuée par la Camwater. De l’autre, des sources alternatives comme les forages ou les puits. Toutefois, toutes ne garantissent pas toujours une qualité optimale. Même si l’eau de distribution est bien traitée, des problèmes subsistent. Par moments, elle présente une coloration anormale ou contient des débris. En réalité, ces altérations proviennent souvent des canalisations défectueuses. Pourtant, à la base, cette eau reste globalement potable. Thierry Messomo
Quels sont les risques pour la santé ?
Une eau contaminée expose à plusieurs dangers. D’abord, les risques microbiens. Une eau contenant des bactéries peut provoquer diarrhées, vomissements ou infections digestives. Ensuite, il y a les risques liés aux débris ou aux métaux lourds. À long terme, ces substances peuvent perturber l’organisme. Elles peuvent affecter l’absorption des nutriments et entraîner des carences. Par conséquent, plusieurs organes peuvent être touchés, notamment les reins ou le système digestif. Dans les cas graves, la déshydratation peut même impacter le système cardiovasculaire.
Eau potable : Richard Bona et Mamadou Mota unissent leurs forces
Quelle est la situation dans les formations sanitaires de votre district?
La question de l’eau reste préoccupante dans les structures de santé. Sur près de 140 formations sanitaires du district, seulement une minorité (une trentaine) est approvisionnée par le réseau officiel. La majorité dépend de forages ou d’autres solutions alternatives. Or, ces installations engendrent des coûts supplémentaires importants. De plus, la qualité et la pression de l’eau ne sont pas toujours garanties. Pourtant, l’eau est indispensable pour une prise en charge efficace des patients. Thierry Messomo
Quelles solutions pour réduire les risques ?
Il faut adopter des gestes simples mais essentiels. D’abord, filtrer ou décanter l’eau en cas de doute. Ensuite, la faire bouillir pendant 10 à 15 minutes. Cette étape est cruciale, car elle élimine les microbes. Enfin, laisser refroidir avant consommation. Ces pratiques simples permettent de limiter les risques sanitaires.
Quels sont les risques en saison des pluies ?
La saison des pluies, période à risque car les maladies hydriques augmentent. Le choléra, par exemple, reste fréquent dans cette zone de Japoma. Les eaux de surface et certains forages peu profonds sont souvent contaminés. Ainsi, les populations doivent redoubler de vigilance. Une bonne hygiène de l’eau et de vie reste essentielle pour prévenir ces maladies. Thierry Messomo
















