6 avril 1984, entre mémoire et incertitudes. Paul Biya au pouvoir depuis plus de 42 ans continue de peaufiner ses stratégies politiques de maintien au pouvoir.
6 avril 1984. Cela fait 42 ans jour pour jour que le Cameroun avait essuyé une tentative de putsch manqué. C’était un vendredi, une fin de semaine comme les autres, ou presque. Car, à Yaoundé, Paul Biya au pouvoir échappait de justesse à une destitution. Un épisode qui l’a profondément marqué et qui continue d’influencer ses stratégies politiques de maintien au pouvoir.
Le moins que l’on puisse dire est que cet épisode marquant continue de résonner dans un contexte. Où le pays plongé dans l’incertitude semble avoir retenu son souffle. Ce 6 Avril 1984, il est 13h00 lorsqu’à la radio nationale, la voix du sous-lieutenant Yaya Adoum retentit.
Restrictions des libertés fondamentales
Paul Biya qui avait accédé au pouvoir moins de deux ans plus tôt, fait face à une tentative de putsch. Orchestrée par des officiers de la Garde républicaine, originaires du nord du pays. Les mutins reprochent au pouvoir en place les restrictions des libertés fondamentales. le non-respect des dispositions constitutionnelles ballottées au gré des considérations de la politique politicienne. La mise en péril de l’unité et de la paix.
La garde Républicaine qui tente de renverser le président de la République investi l’aéroport. La maison de la radio et attaque le palais présidentiel.
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Prévenant, Paul Biya selon certaines sources avait pris des dispositions pour que son épouse. Et son fils soient transportés en lieu sûr. « Il n’est pas surpris. Depuis plusieurs jours, il a prévenu de la menace son directeur de cabinet, Philippe Mataga. Ainsi que quelques proches, espérant régler les choses dans la discrétion.
Forte centralisation du pouvoir
La veille, le prudent chef de l’État a même éloigné de la capitale, Yaoundé, sa femme, Jeanne-Irène, et son fils, Franck. Ceux-ci ont été emmenés à bord d’un hélicoptère piloté par le capitaine Joseph Feutcheu.
Vers le palais présidentiel de Kribi, dans le département de l’Océan. Ils y ont passé la nuit et en sont repartis tôt le lendemain pour se cacher en forêt. Paul Biya se méfie donc. Mais n’a sans doute pas mesuré l’ampleur du danger », dévoilait Jeune Afrique dans l’une de ses livraisons.
Cet épisode bien que couronné par un échec a profondément marqué la gouvernance du pays. Renforçant au fil des années une forte centralisation du pouvoir. Quatre décennies plus tard, l’histoire semble faire écho à l’actualité.
















