Yamal sauve le Barça à Bilbao : bousculé, fatigué, poussé à bout par l’Athletic, le FC Barcelone a tenu grâce à un éclair du pied gauche à la 68e minute. Un but. Trois points. Et quatre longueurs d’avance sur le Real Madrid à onze journées de la fin. Le génie a encore frappé.
Un éclair dans la grisaille de San Mamés
Samedi soir, San Mamés est une fournaise. L’Athletic Bilbao presse, attaque, et force le Barça à reculer. Joan Garcia multiplie les arrêts décisifs — à la 35e, la 40e, la 53e, la 58e. Sans lui, le score aurait basculé bien avant la 68e minute.
Puis Lamine Yamal reçoit le ballon. Il frappe. Le ballon rentre. 1-0. Le Barça respire.
Ce coup de génie du pied gauche de l’ailier de 18 ans suffit à faire la différence sur un terrain réputé comme l’un des plus hostiles de Liga. Yamal, déjà auteur d’un triplé la semaine précédente contre Villarreal (4-1), confirme qu’il vit une saison hors norme. Chaque grand rendez-vous, il répond présent. San Mamés ne fait pas exception.
Pedri, passeur décisif sur le but, résume l’état d’esprit du vestiaire après le coup de sifflet final. « C’est une victoire très importante, sur un terrain très difficile, où nous sommes arrivés très fatigués », confie le milieu de terrain espagnol.
Puis il rend hommage à son jeune coéquipier : « Lamine, vous savez ce qu’il est capable de faire. Il est encore très jeune, et il va continuer à aller toujours plus haut. Ce qu’il doit faire, c’est rester lui-même, continuer à travailler et à prendre du plaisir sur le terrain. Il nous apporte tellement. »
Un Barça épuisé, sauvé par Garcia et Yamal
La fatigue n’est pas un prétexte. Elle est une réalité. Quatre jours plus tôt, le Barça a livré un effort colossal contre l’Atlético Madrid en Ligue des champions — une « remontada » inaboutie, soldée par une élimination (4-0, 3-0 au total). Les hommes de Hansi Flick arrivent à Bilbao vidés, les jambes lourdes, le mental éprouvé.
Face à des Lions basques en pleine forme, neuvièmes de Liga avec 35 points, le Barça souffre. L’Athletic presse haut, crée des occasions, sollicite Garcia sans relâche. Le gardien blaugrana sort une prestation majuscule. Sans lui, le Barça rentrait bredouille de Galice.
Mais le football récompense parfois les équipes qui souffrent et qui tiennent. Le Barça a tenu. Yamal a frappé. Et les trois points restent à Barcelone.
Cette victoire permet au club catalan de porter son total à 67 points et de repousser le Real Madrid — deuxième avec 63 points — à quatre longueurs, à onze journées de la fin du championnat. Une marge confortable, mais pas rassurante. Le Real, miraculé à Vigo vendredi grâce à un but de Valverde à la 95e, ne lâche rien. La Liga se joue match par match.
Mardi, le Barça se rendra à Newcastle en huitième de finale aller de la Ligue des champions. L’objectif : décrocher un avantage avant le match retour. La saison dernière, le club blaugrana avait été éliminé aux portes de la finale par l’Inter. Cette année, le groupe d’Hansi Flick entend aller plus loin.
L’Atlético s’en sort, Nico Gonzalez décisif
Plus tôt dans la soirée, l’Atlético Madrid sauve ses trois points au forceps contre la Real Sociedad (3-2). Un match haletant, disputé au Metropolitano, entre deux équipes qui se retrouveront en finale de la Coupe du Roi le 18 avril prochain.
L’Atlético prend rapidement les commandes. Son attaquant norvégien Alexander Sørloth ouvre le score dès la 5e minute — son dixième but en Liga cette saison. Un départ idéal. Mais la Real Sociedad répond presque immédiatement. Carlos Soler, l’ancien Parisien, égalise d’une superbe frappe à la 9e. 1-1. L’avantage s’est évaporé en quatre minutes.
Le match bascule à la 67e minute. Antoine Griezmann entre en jeu. L’attaquant français délivre une talonnade subtile en pleine surface pour l’Argentin Nico Gonzalez. 2-1. Mais dans la foulée, le capitaine basque Mikel Oyarzabal égalise pour la Real. 2-2. Nouveau coup de théâtre.
C’est encore Nico Gonzalez qui tranche. Il signe un doublé de la tête à la 81e minute. 3-2. L’Atlético s’impose finalement et consolide sa troisième place avec 54 points. Mardi, les Colchoneros accueillent Tottenham en huitième de finale aller de la Ligue des champions — un rendez-vous européen qui s’annonce fébrile.
Osasuna et Gérone arrachent le nul in extremis
La journée de Liga réserve encore deux dénouements spectaculaires en fin d’après-midi.
À Osasuna, le suspense dure jusqu’au bout. Menés face à Majorque, les hommes de Pampelune arrachent le match nul (2-2) en inscrivant deux buts dans les cinq dernières minutes — à la 89e et à la 90e+4. Une remontée incroyable qui permet à Osasuna de garder une longueur d’avance sur la zone de relégation, avec 34 points.
À Levante, Gérone vit un scénario similaire. Les Catalans sauvent le point du nul (1-1) au bout du temps additionnel, grâce au jeune milieu espagnol Joel Roca à la 90e+4. Une égalisation arrachée qui permet à Gérone de respirer — le club pointe au 12e rang avec 31 points, loin des places dangereuses mais trop loin du top 10 pour viser l’Europe.
Ces deux nuls spectaculaires illustrent la densité et la tension de cette Liga 2025-2026. De Barcelone à Gérone, de Bilbao à Madrid, chaque match réserve son lot de rebondissements. Et dans ce championnat qui ne laisse aucun répit, un seul homme continue de sortir du lot semaine après semaine : Lamine Yamal, 18 ans, phénomène catalan, architecte discret d’un titre qui se dessine de plus en plus clairement au Camp Nou.
Source : AFP – 7 mars 2026
















