Il est « indispensable » d’assurer à l’ensemble des pays de la planète « un approvisionnement en eau sûr et équitable » pour favoriser leur prospérité et, par ricochet, la paix, souligne le rapport annuel sur l’eau publié vendredi par l’Unesco pour ONU-Eau.
Il l’explique donc a contrario : « Sans accès à une eau propre, les gens sont exposés à des maladies qui les empêchent d’aller à l’école, d’aller travailler, d’être productifs. Là, le lien est assez clair. »
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« Sans eau, on n’a pas de sécurité élémentaire, de production agricole, d’industrie », dit-il encore à l’AFP, après une présentation du rapport au siège de l’agence des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, à Paris.
Dans les pays en développement, jusqu’à 80% des emplois -concentrés dans l’agriculture et les industries gourmandes en eau -sont liés à l’eau, une ressource menacée par le changement climatique.
Dans le monde, 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre, 3,5 milliards étant privés de services d’assainissement également sûrs.
Or si eau et prospérité sont liées, prospérité et paix semblent également bien se conjuguer : « Il semble logique que ceux ayant la chance de vivre de façon prospère soient moins enclins à des disputes », relève M. Connor.
– Coopérations –
A l’inverse, « les inégalités dans la répartition des ressources en eau, dans l’accès aux services d’approvisionnement et d’assainissement » sont sources de tensions, qui peuvent elles-mêmes « exacerber l’insécurité hydrique », relève le rapport.
Alors qu’on prédisait dans les années 1980-1990 que le XXIe siècle serait celui des « guerres de l’eau », M. Connor estime que, pour l’heure, « l’eau a le plus souvent été une victime de la guerre mais n’en est généralement pas la cause ».
La ressource génère toutefois de nombreuses crises à travers la planète, parfois accompagnées d’éruptions de violence. Telles celles qui ont fait des dizaines de morts entre Kirghizistan et Tadjikistan ces dernières années autour de questions territoriales et d’accès à l’eau.
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Pour éviter de tels drames, l’ONU prône une coopération accrue au niveau international, qui donne des « résultats positifs ».
Elle cite l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, créée par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal pour « promouvoir la gestion conjointe des ressources en eau partagées dans un contexte de sécheresse » qui, selon elle, « a permis le dialogue entre la Mauritanie et le Sénégal à un moment où ces deux pays étaient en conflit ».
Cependant, sur les 153 pays partageant des cours d’eau, lacs ou eaux souterraines, « seuls 31 ont conclu des accords de coopération pour au moins 90% de la superficie de leurs bassins transfrontaliers », souligne le rapport.
– Technologies gourmandes –
Côté investissements, la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, met en lumière l’importance d’accroître la participation du privé, alors que « l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène dans 140 pays à revenu faible ou intermédiaire nécessiterait un investissement d’environ 114 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 ».
Le rapport pointe aussi du doigt un « retard » technologique dans la formation, ainsi qu’un « manque de compétences » juridiques, politiques et institutionnelles pour éviter les gaspillages, les contaminations et permettre la résolution des disputes par la négociation.
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En parallèle, l’ONU met en garde contre l’émergence de nouvelles technologies conçues sans tenir compte de leur impact sur l’eau, même quand elles visent à atténuer les émissions de gaz à effet de serre, comme les biocarburants, les batteries au lithium ou les systèmes de capture et de stockage du carbone. Ces derniers « peuvent augmenter de 90% la consommation d’eau d’une centrale électrique », souligne le rapport.
Sans oublier les technologies de l’information « de plus en plus gourmandes en eau », nécessaire au refroidissement de leurs serveurs, surtout avec le développement de l’intelligence artificielle.
Cela étant, « il ne faut pas oublier que quelques avancées dans l’efficacité de l’irrigation peuvent avoir au niveau planétaire d’immenses répercussions, puisque l’agriculture exploite 70% des volumes d’eau douce prélevés », observe M. Connor. Idem dans l’industrie qui représente 20% de la consommation, note-t-il.
Source: Agence France-Presse












