Poursuivi pour trouble à l’ordre public après des messages sur l’armée publiés sur Facebook. L’avocat et figure de la société civile Abourahamane Lirwana a été incarcéré mardi 23 septembre 2026 à la prison civile de Niamey.
Le général Abdourahamane Tiani dirige le Niger depuis le coup d’État de juillet 2023. Lequel a renversé le président élu Mohamed Bazoum, détenu depuis. Le pouvoir y interpelle, incarcère et condamne parfois des journalistes et des acteurs de la société civile.
« Après son passage devant le substitut du procureur près le tribunal de grande instance de Niamey, le camarade maître Lirwana Abourahamane, présenté en flagrant délit, a été placé sous mandat de dépôt et sera conduit à la maison d‘arrêt de Niamey », a écrit sur Facebook le syndicaliste Mahamadou Gamatié, proche de l’avocat.
Une source proche du dossier a confirmé à l’AFP l’incarcération de Me Lirwana, sans préciser la nature des poursuites.
L’avocat avait été placé en garde à vue lundi, a indiqué M. Gamatié.
Des critiques ciblées contre l’armée et le pouvoir
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Selon lui, la justice poursuit Me Lirwana « pour diffusion de données de nature à troubler l’ordre public. A la suite de l’une de ses récentes publications sur Facebook ».
Le 12 septembre, il avait notamment publié ce message, toujours visible mardi : » (…) c’est très grave pour notre pays ! Notre armée en deux clans, un clan pour (Mahamadou) Issoufou et un clan pour (Mohamed) Bazoum ».
Mahamadou Issoufou a dirigé le Niger de 2011 à 2021.
La remarque d’Abourahamane Lirwana intervient après une mutinerie déjouée fin août par les autorités nigérianes, avec l’aide de leur partenaire russe, à l’issue de combats dans plusieurs lieux sensibles de Niamey dont l’aéroport international et une base militaire attenante ainsi qu’aux environs de la présidence.
De soutient à détracteur du régime
Aburahamane Lirwana, un temps favorable à l’actuel régime, a finalement multiplié les critiques envers le pouvoir ces derniers mois.
En juillet 2018, il avait écopé d’une double condamnation, notamment deux ans de prison dont un avec sursis pour « outrage à magistrat », lors d’un procès contre des chiffres de la société nigérienne pour « une manifestation interdite ».












