Ce 3 mars 2026, le journaliste et cadre du Manidem annonce sa démission, dénonçant une emprise du Rdpc et une dérive interne du parti.
Jean-Baptiste Ketchateng rompt avec le Manidem. Dans une déclaration datée du 23 mars 2026 à Yaoundé, le journaliste officialise son départ. Une décision qu’il présente comme un acte de responsabilité face à une situation qu’il juge préoccupante. Engagé de longue date, il affirme ne plus reconnaître la ligne du parti qu’il avait choisi au début des années 2000.
Prendre la parole publiquement
À l’époque étudiant panafricaniste, il dit avoir opté pour le Manidem après comparaison avec d’autres courants issus de l’Upc. Ce choix, explique-t-il, reposait sur une certaine idée de l’engagement politique. En 2018, il accède à des fonctions dirigeantes, consolidant ainsi son implication. Aujourd’hui, fort de ce parcours, il estime nécessaire de prendre la parole publiquement.
Jean-Baptiste Ketchateng affirme que le Rdpc exerce désormais une influence déterminante sur le Manidem. « Cette perversion politique est le fait de certaines personnes y compris dans les «< rangs » du parti ». Une situation qui selon lui dénature profondément le projet politique du parti. Il considère qu’un silence prolongé reviendrait à cautionner une évolution contraire aux objectifs initiaux. Ainsi, il présente sa démission comme un devoir, presque une exigence morale face aux faits observés.
Dysfonctionnements révélateurs
Dans ses explications, il évoque une orientation qui servirait désormais des intérêts opposés aux luttes menées jusque-là. Autrement dit, le parti s’éloignerait de son combat contre les logiques néocoloniales. Cette évolution serait alimentée, précise-t-il, par des acteurs internes cherchant à tirer profit de la visibilité récente du Manidem. Le contexte post-présidentiel d’octobre 2025 aurait accentué ces dynamiques.
Par ailleurs, il met en lumière des dysfonctionnements qu’il juge révélateurs. Il revient notamment sur l’organisation des obsèques d’Anicet Ekane. Selon lui, l’absence d’informations claires sur leur déroulement illustre une confusion persistante. Une confusion installée depuis plusieurs mois et qui fragilise, à ses yeux, la crédibilité du parti. « Chacun a pu voir ce 20 mars que le lancement officiel des obsèques de notre camarade Anicet Ekane n’a pas pu se faire. Aucune communication du parti ne peut dire clairement quel est le calendrier des obsèques et surtout le lieu d’inhumation du défunt, signe politique capital ».
Déjà, le 2 mars dernier, Jean-Baptiste Ketchateng avait pris ses distances en se retirant du comité d’organisation des obsèques. Il affirme avoir tenté d’alerter sans obtenir d’évolution notable. Dès lors, son départ s’impose comme l’issue logique. En quittant le Manidem, il dit espérer un sursaut. Selon lui, le parti demeure un repère essentiel pour le peuple camerounais.
















