La dépouille de l’opposant Anicet Ekane avait été finalement remise à sa famille le 3 mars 2026. Sous fond de dénonciation de l’Upc-Nanideim.
La dépouille d’Anicet Ekane a été remise, mardi 3 mars dernier, à sa famille. Trois mois après sa mort dans des conditions troubles. L’opposant politique était détenu au secrétariat d’État à la Défense. Au plus fort des manifestations contre la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat consécutif en octobre 2025.
Répondre de la mort d’Ekane Anicet
Le corps a aussitôt été acheminé vers Douala, sa ville d’origine. Le gouverneur de la région du Littoral. Ainsi que des militants de différents partis de l’opposition ont accueilli la dépouille à l’aéroport international de Douala.
Selon L’Upc Manidem, les autorités de l’Etat doivent répondre de la mort d’Ekane Anicet. «Nous avons tous appris les circonstances de l’arrestation d’Ekanè, suivie de sa pénible déportation à Yaoundé. Sans l’équipement médical qu’il avait constamment pour faire face à ses difficultés respiratoires. »
« Nous savons également qu’il a été maintenu en détention dans des conditions précaires. A l’infirmerie du SED où il a fini par trouver la mort. A cause de tout ceci, les autorités de l’Etat doivent répondre de la mort d’Ekanè », dénonce le parti.
Espace de manœuvre
Qui poursuit qu’ « à la suite de la levée de détention du corps à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé. Nous ne devons pas accepter que lesdites autorités trouvent le moyen de se mêler de ces obsèques. Nous ne devons pas accepter qu’elles se ménagent un espace de manœuvre pour diluer, récupérer. Et dénaturer un moment de recueillement, de dignité et de vérité ».
Pour l’Upc Manidem, « Ekanè n’a tué ni même agressé personne. C’est un militant dont la seule arme est sa parole. Il a été arrêté à cause de son soutien politique à Issa Tchiroma. Lors de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. »
« Ekanè n’est pas non plus mort dans son lit, ni au siège de son parti. Mais entre les mains du pouvoir qui l’avait enlevé en dépit de son état. Et qui lui avait imposé une détention aux conditions qui ne pouvaient qu’aggraver cet état ».
Le parti politique se demande avec insistance « de quel côté chercher le crime ? » Avant d’exhorter tous ceux qui ont été autour de Ekanè dans son long combat pour le changement dans notre pays à rester unis.
Des obsèques dignes
« Sa famille étendue, les membres de son parti le Manidem, ses compagnons de lutte à divers titres, les Camerounais qui ont vu l’engagement de l’homme et ont assisté à son martyr. Ils ont la légitimité pour eux dans l’organisation des obsèques dignes et ils doivent faire échec à toutes les tentatives par lesquelles on cherche à les disperser, voire à les opposer », exige l’Upc Manidem.
Et le secrétariat de l’UPC-Manidem, Albert Moutoudou, de prévenir : « si le pouvoir manœuvre pour étouffer leur colère. En s’incrustant par la force et divers autres moyens dans les obsèques d’Ekanè. Ils doivent rester fermement ensemble.
« Avec l’engagement de lui faire solennellement leurs obsèques. Si ce n’est maintenant, ce sera demain, un jour un jour. Un autre Cameroun est possible. D’autres choix sont nécessaires ».
















