L’OMS (Organisation mondiale de la santé) a tenté de renflouer ses caisses à l’occasion de la réunion annuelle de ses membres à Genève, mais l’objectif est loin d’être atteint mardi, au dernier jour de l’assemblée.
Son budget 2024-2025 s’est établi à 6,8 milliards de dollars.
Mais les coupes de l’aide des Etats-Unis – historiquement de loin son plus grand donateur – l’ont obligée à réviser à la baisse ses attentes : le budget 2026-2027 initialement approuvé a été réduit de 22% (de 5,3 milliards à 4,2 milliards), avant d’être approuvé par ses pays membres.
– Comment fonctionne le financement de l’OMS ? –
Le budget de l’OMS est renouvelé tous les deux ans.
Lorsque l’organisation a été créée en 1948, elle recevait ses fonds sous forme de contributions dites « fixées », à savoir les cotisations obligatoires que les États membres versent en fonction de leur richesse et de la taille de leur population.
Mais au fil des décennies, les contributions volontaires ont pris de l’ampleur.
Au cours de l’exercice biennal 2020-2021, les contributions obligatoires ne représentaient que 16% du budget programme approuvé, selon l’OMS, qui explique que cela la rend tributaire de contributions volontaires, qui sont assignées à un projet précis et qui sont imprévisibles.
– Budget 2026-2027 –
La part insuffisante des financements prévisibles s’ajoute à une « dépendance excessive » à l’égard du financement d’un nombre restreint de donateurs traditionnels, qui a été identifiée comme une « difficulté institutionnelle majeure » dans l’initiative de transformation de l’OMS lancée en 2017, a rappelé l’organisation la semaine dernière.
En 2022, les états membres de l’OMS sont convenus d’une augmentation historique de leurs contributions obligatoires consistant à les accroître progressivement afin qu’elles représentent 50% du budget d’ici à 2030-2031.
Le 20 mai, ils ont approuvé le budget ainsi qu’une hausse de 20% des cotisations, soit un montant supplémentaire de 90 millions de dollars de recettes par an.
Malgré cette augmentation, le chef de l’OMS a estimé qu’il manquait encore 1,7 milliard de dollars pour boucler le budget.
« Nous avons maintenant obtenu 60% de notre budget de base pour 2026-2027, un résultat remarquable dans le climat financier actuel », a toutefois salué la directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale, Hanan Balkhy, en conférence de presse cette semaine à Genève.
Il s’agit de la deuxième augmentation de 20% des cotisations, la première ayant été décidée dans le cadre du budget 2024-2025.
– Promesses de dons –
La semaine dernière, moins d’une dizaine de pays et des fondations ont promis au moins 210 millions de dollars supplémentaires à l’OMS, pour la période 2025-2028.
Ce montant comprend 80 millions de la Suisse, 57 millions de la fondation Novo Nordisk, 13,5 millions de la Suède ou encore 6 millions du Qatar.
« Dans un climat difficile pour la santé mondiale, ces fonds nous aideront à préserver et à développer notre travail qui permet de sauver des vies », a commenté le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
– Etats-Unis –
Dès son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a lancé le retrait des Etats-Unis de l’OMS, dont ils étaient le principal donateur. Ce retrait ne devrait être effectif qu’un an après.
Mais l’administration Trump refuse de payer les cotisations convenues pour 2024 et 2025, et a gelé pratiquement toute l’aide étrangère américaine.
Washington n’a pas envoyé de délégués à l’Assemblée mondiale de la santé. Mais dans un message vidéo diffusé pendant la réunion, le ministre américain de la Santé Robert Kennedy Jr, un antivax militant, a qualifié l’OMS de « boursouflée » et « moribonde » et a exhorté les autres pays à « envisager de rejoindre » les Etats-Unis en dehors de l’OMS.
Il a aussi accusé l’OMS de subir l’influence indue de la Chine, de l’idéologie du genre et de l’industrie pharmaceutique.
– Réorganisation –
Les contraintes financières ont obligé l’OMS à lancer une vaste réorganisation de ses opérations et de son personnel.
« L’exercice d’établissement des priorités a abouti à une nouvelle structure simplifiée au Siège, où l’équipe de direction est passée de 14 à 7 membres et le nombre de départements de 76 à 34 », a récemment indiqué M. Tedros.
L’OMS n’a pour l’instant pas annoncé de vastes licenciements, contrairement à d’autres agences onusiennes.
Source : Agence France-Presse
















