Les faux médicaments font du chemin. Le trafic se porte bien au Cameroun en dépit des actions menées contre la pratique. Une nouvelle cargaison de médicaments a été saisie et détruite au Nord-Ouest.
La valeur de la marchandise a été estimée à 28,15 millions Fcfa. Et les ballots de médicaments ont été saisis le 31 juillet 2026 dans la région du Nord-Ouest. Plus précisément à Bamenda, dans une opération menée par les autorités administratives, sanitaires, judiciaires et sécuritaires.
Incinérés conformément aux normes
Les produits ont été détruits par le commissaire central de Bamenda. Ceci après examen du dossier par le comité régional de lutte contre les médicaments illicites et autres produits pharmaceutiques. En principe, ils ont été incinérés conformément aux normes de santé publique et de protection de l’environnement.
A en croire, les autorités, cette opération vise à « protéger les populations contre les médicaments contrefaits, de qualité inférieure, périmés. Ou introduits dans les circuits de distribution en dehors du cadre légal. Ces produits exposent les consommateurs à des risques d’échec thérapeutique, d’intoxication. De résistance aux antimicrobiens et, dans les cas les plus graves, de décès », nous-a-t-on fait savoir.
Comme mentionné plus haut, le cas de Bamenda est loin d’être un cas isolé. Les faits de ce genre sont légion. Les autorités camerounaises ont multiplié les saisies. Et les destructions de faux médicaments dans plusieurs villes du pays.
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Des circuits de contrebande
L’on a assisté à des opérations d’envergure. Notamment dans les grandes métropoles du Cameroun. On peut citer Douala, Yaoundé, Maroua, Garoua, Bertoua et même dans les régions frontalières. Des localités où les produits sont généralement introduits par des circuits de contrebande.
Pour rester dans les faits, au mois de novembre 2025, le ministre de la Santé publique avait fait des révélations. Pour lui, « des médicaments contrefaits d’une valeur de plus de 369 millions Fcfa avaient été saisis en seulement six mois. Entre janvier et juin 2025, preuve que le trafic demeure particulièrement actif malgré les opérations de répression ».
Et suivant les autorités sanitaires, c’est près de 3 milliards Fcfa de faux médicaments officiellement détruits saisis massivement. Nous sommes là en 2021. De l’autre côté, des dizaines de personnes ont fait l’objet de poursuites judiciaires. Elles ont été accusées d’être impliquées dans ces réseaux mafieux.
Des substances toxiques
Pour l’OMS, ce marché parallèle est immense. L’Organisation mondiale de la Santé a fait ses estimations. Environ, «10,5 % des produits médicaux vendus dans les pays à revenu faible. Ou intermédiaires sont de qualité inférieure ou falsifiés. Ce trafic mondial représente une valeur estimée à plus de 30 milliards de dollars. Et touche de plein fouet les régions vulnérables ».
Le marché camerounais est favorisé par plusieurs facteurs. Les experts évoquent entre autres la porosité des frontières, la faiblesse des contrôles sur certains axes commerciaux. Il faut ajouter à cela les marges importantes réalisées par les trafiquants. Les difficultés d’accès aux médicaments dans certaines localités. Le prix, souvent inférieur à celui pratiqué dans les pharmacies.
Autant de choses qui poussent une bonne partie de la population à s’approvisionner dans la rue avec les risques que cela comporte.
Pour les professionnels de la santé, les conséquences sanitaires sont considérables. « Les faux médicaments peuvent contenir une quantité insuffisante de principe actif. Ou encore des substances toxiques. Ces produits favorisent les résistances aux antibiotiques. Ils retardent la prise en charge des malades, non sans provoquer des intoxications mortelles », dit le Dr Rachel Tayou.











