La Guinée hausse le ton sur la restitution de son patrimoine. Selon le ministère de la Culture, Conakry exige de la France le retour d’objets personnels et de restes humains. Dont des manuscrits et quatre crânes d’emblématiques figures de la lutte anticoloniale du XIXe siècle.
Les demandes de restitution ont été faites mi-juillet au gouvernement français. Et concernent l’Almamy Samory Touré, mort en 1900 au Gabon. Où il avait été exilé par la France, et l’Almamy Boubacar Biro Barry. Le dernier chef de l’Etat théocratique musulman du Fouta-Djalon, tué en 1896.
Elles sont exprimées après le vote de récentes lois françaises visant la restitution à des pays africains d’œuvres pillées durant la colonisation.
Conakry a demandé « le rapatriment des manuscrits ou tous autres objets ayant appartenu à l’Almamy Samory Touré et celui des restes humains (crânes) de l’Almamy Boubacar Biro Barry, tué et décapité, et de trois de ses compagnons« , son fils, son frère et son chef de guerre, a affirmé jeudi à l’AFP Amirou Conté, directeur du musée national de Conakry, qui dépend du ministère de la Culture.
Des manuscrits aux restes humains
Les objets personnels de Samory Touré réclamés à la France comprennent. Des « manuscrits » du chef militaire et religieux. « Un sabre, une coiffe et un boubou », a énuméré M. Conté.
« L’État guinéen entreprendra toutes les démarches nécessaires. Pour obtenir la restitution des restes de l’Almamy Boubacar Biro Barry et de ses compagnons. Afin qu’ils reposent dignement sur la terre de leurs ancêtres ». A déclaré jeudi à l’AFP le ministre guinéen de la Culture Moussa Moïse Sylla.
La France a restitué en septembre 2025 à Madagascar. Trois crânes de victimes d’exactions coloniales .
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Parmi ces restes, l’un est présumé appartenir au roi Toera décapité par l’armée française lors du massacre d’Ambiky en 1897, épisode sanglant de la colonisation de l’île de l’océan indien qui a accédé à l’indépendance en 1960.
La voie ouverte aux restitutions
Le 7 mai, le Parlement français a adopté une loi-cadre facilitant les restitutions d’œuvres pillées durant la colonisation, réclamées depuis des années en Afrique, concrétisant une promesse faite par le président Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017.
Depuis, les restitutions sont restées rares: en 2020, 26 trésors d’Abomey avaient été rendus au Bénin et le sabre d’El Hadj Omar au Sénégal, et en février, un « tambour parleur » l’a été à la Côte d’Ivoire.
La loi adoptée devrait permettre d’en faciliter de nouvelles.












