Accusé de « manquements professionnels ». Le correspondant de Jeune Afrique en Guinée s’est vu retirer son accréditation avec effet immédiat. L’annonce a été faite mercredi 17 septembre 2026 par le régulateur des médias locaux. C’était dans un communiqué officiel obtenu par l’AFP.
Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé d’une main de fer par le président Mamadi Doumbouya. Où les voix dissidentes sont réduites à peau de chagrin. La Haute autorité de la communication (HAC) a suspendu à de nombreuses reprises des médias par le passé.
La HAC « a pris la décision de procéder au retrait immédiat de l’accréditation journalistique accordée à M. Mamadou Diawo Barry ». Correspondant du journal Jeune Afrique, lui reprochant des « manquements professionnels », d’après le communiqué.
« Cette mesure est motivée par de graves violations des obligations éthiques. Et déontologiques qui encadrent l’exercice du journalisme sur le territoire national ». Dit le communiqué, sans préciser les articles incriminés.
Série de mises en cause contre la presse étrangère
Cette annonce intervient quelques heures après que la HAC a exprimé une protestation officielle à la chaîne France 24, sans toutefois prononcer de sanctions, pour avoir qualifié le chef de l’Etat de « président putschiste ».
M. Doumbouya est arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021, avant de se faire élire président de la République en décembre 2025 à l’issue d’un examen sans opposant d’envergure.
Contactée par l’AFP, la chaîne a reconnu que M. Doumbouya avait été « qualifié de président putschiste par un présentateur en direct sur France 24, faisant référence au coup d’Etat de 2021 mais pas à son élection en 2025 ».
La chaîne d’information, qui fait partie du groupe public français France Médias Monde, a indiqué qu’elle allait « présenter ses excuses et rectifier cette erreur à l’antenne ».
Verrouillage politique et censure accrue
Depuis l’arrivée au pouvoir du général Doumbouya, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreuses personnes ayant une voix dissidente ont été arrêtées, condamnées, poussées à l’exil ou sont portées disparues.
Ces dernières années, l’accès à internet et/ou aux réseaux sociaux a été restreint à plusieurs reprises.












