Les frappes américaines contre les pétroliers iraniens ont de nouveau frappé vendredi dans le golfe d’Oman. Deux tankers vides ont été neutralisés par un avion de chasse américain. Donald Trump dit attendre dans la soirée une réponse écrite de Téhéran à sa proposition de paix.
Deux pétroliers iraniens neutralisés dans le golfe d’Oman
Vendredi 9 mai, un avion de chasse américain a neutralisé deux pétroliers iraniens dans le golfe d’Oman. Le Centcom, commandement militaire américain pour la région, a confirmé l’opération. Les deux navires ne transportaient aucune cargaison au moment des frappes.
Le Centcom a diffusé des extraits vidéo en noir et blanc. On y distingue une épaisse fumée noire s’échappant de la partie arrière des tankers, zone dédiée au pilotage. L’état des bateaux et des personnes à bord restait inconnu vendredi soir.
Le golfe d’Oman constitue la voie d’accès directe au détroit d’Ormuz. Ce passage contrôle une part cruciale du commerce mondial des hydrocarbures. La région est devenue le principal théâtre des affrontements entre les deux puissances depuis le début du conflit le 28 février.
Des échanges de tirs avaient déjà eu lieu la veille entre les deux camps. Les heurts se sont poursuivis vendredi, puis se sont apaisés selon Téhéran. « Après une période d’échanges de tirs, les affrontements ont cessé actuellement et le calme est revenu », a confirmé une source militaire iranienne citée par l’agence Tasnim.
Les frappes américaines contre les pétroliers iraniens relancent la crise diplomatique
Ces frappes américaines contre les pétroliers iraniens interviennent sur fond de cessez-le-feu déjà fragilisé. Ce texte, conclu un mois plus tôt, était censé suspendre les hostilités entre les deux pays. Téhéran a dénoncé auprès de l’ONU une « violation flagrante » de cet accord.
Le conflit a officiellement débuté le 28 février. Depuis cette date, l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz, paralysant le trafic maritime dans l’une des voies les plus stratégiques au monde. Les États-Unis ont répondu en instaurant un blocus des ports iraniens.
Ce double blocage a transformé le golfe d’Oman en zone de friction permanente. Les deux puissances s’y affrontent par tankers et frappes interposés. Le cessez-le-feu conclu il y a un mois n’a pas mis fin à ces accrochages récurrents.
Ces deux mesures de rétorsion entretiennent la spirale des hostilités. La guerre a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. L’économie mondiale en ressent les effets depuis le déclenchement du conflit.
La posture de Washington — frappes militaires menées simultanément à des négociations diplomatiques — caractérise l’approche américaine depuis plusieurs semaines. Cette stratégie de double pression maintient Téhéran sous contrainte. Son résultat reste entièrement ouvert.
Trump attend Téhéran, Rubio presse les alliés européens
À Washington, Donald Trump affichait vendredi une attente prudente. « Je devrais recevoir une lettre ce soir, donc on verra bien comment ça se passe », a-t-il déclaré à des journalistes. Cette lettre constituerait la réponse formelle de Téhéran à une proposition de paix américaine.
Son secrétaire d’État, Marco Rubio, avait fixé une échéance plus courte dans la journée. Il attendait une réponse iranienne « dans la journée », sans que cette attente soit satisfaite vendredi soir. Rubio a également sommé les Européens de s’engager aux côtés des États-Unis pour sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a écarté ces pressions. « Nous suivons nos propres processus et nous ne faisons pas attention à ces échéances », a-t-il dit à la télévision d’État. L’Iran « étudiait toujours » la proposition américaine, a-t-il précisé.
Les capitales européennes ont maintenu leur refus d’engagement militaire. Elles conditionnent leur implication à la signature préalable d’un accord entre Washington et Téhéran. Cette position affaiblit les ambitions de la coalition que Washington cherche à constituer dans la région.
Le détroit d’Ormuz, « précieux » comme une bombe atomique
L’Iran revendique le contrôle du détroit d’Ormuz comme un levier stratégique de premier ordre. Un conseiller du Guide suprême iranien a mis des mots tranchants sur cette doctrine. Pour Téhéran, le détroit représente « une opportunité aussi précieuse qu’une bombe atomique ».
« Avoir entre ses mains une position permettant d’influencer l’économie mondiale par une seule décision est une opportunité majeure », a-t-il ajouté. Cette formule révèle la vision iranienne du conflit. Téhéran considère sa position géographique comme une arme de pression économique sans équivalent.
L’Iran borde le détroit d’Ormuz sur sa rive nord. Cette position lui confère un avantage défensif et une capacité de nuisance économique unique. Depuis le 28 février, Téhéran exploite pleinement cet atout pour peser sur les négociations avec Washington.
Frappes américaines contre les pétroliers iraniens : le pétrole franchit les cent dollars
Les frappes américaines contre les pétroliers iraniens et le blocage du détroit maintiennent les marchés énergétiques mondiaux sous forte tension. Le baril de Brent de la mer du Nord a terminé la semaine au-dessus de cent dollars. Ce niveau illustre l’ampleur des perturbations provoquées par le conflit.
Le trafic maritime dans le golfe d’Oman et autour du détroit reste largement paralysé. Les navires commerciaux contournent la zone ou restent à l’ancre. Les délais d’acheminement et les coûts logistiques ont bondi pour les économies dépendantes de cette route.
Les effets dépassent le seul marché pétrolier. L’ensemble du commerce maritime qui transitait par le détroit d’Ormuz se retrouve perturbé ou dérouté. Ce bras de fer entre Washington et Téhéran pèse ainsi directement sur les prix à la consommation à l’échelle mondiale.
Dix morts au Liban, troisième round de négociations annoncé
Le Liban subit en parallèle les conséquences d’un conflit distinct mais lié. Depuis le 2 mars, le pays est le théâtre d’une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien. Malgré une trêve formellement en vigueur depuis le 17 avril, Israël poursuit ses frappes dans le sud du pays.
Ces bombardements ont tué dix personnes vendredi selon le ministère libanais de la Santé. Parmi les victimes figurent deux enfants et trois femmes. Le Hezbollah a revendiqué deux attaques contre des bases militaires dans le nord d’Israël en riposte.
Une troisième session de négociations entre Israël et le Liban est prévue les 14 et 15 mai à Washington. Le Hezbollah s’y oppose fermement. Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, attend de cette session qu’elle permette de « consolider le cessez-le-feu », un objectif qu’il qualifie d' »essentiel ».
Le sort de ce front reste étroitement lié aux négociations américano-iraniennes en cours. Une avancée diplomatique entre Washington et Téhéran pourrait desserrer l’étau sur le Liban. Un échec risquerait au contraire d’y raviver les hostilités à grande échelle.
Source : Agence France-Presse
















