Les pourparlers Israël Liban et Washington reprennent vendredi pour une deuxième journée au département d’État américain. Simultanément, Donald Trump tente à Pékin de convaincre Xi Jinping de faire pression sur l’Iran, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient. La trêve au Liban expire dimanche.
Une deuxième journée de pourparlers Israël Liban Washington
Les délégations israélienne et libanaise se retrouvent vendredi au département d’État américain. Jeudi, les deux parties avaient entamé une première journée de discussions qualifiée de « productives et positives » par un haut responsable américain. Cette appréciation contraste avec la situation sur le terrain, où les frappes israéliennes contre le Hezbollah se poursuivent.
La session de vendredi intervient à deux jours seulement de l’expiration théorique de la trêve, dimanche. L’urgence est réelle. Sans accord, le cadre qui encadre ces discussions pourrait s’effondrer.
Ni le secrétaire d’État Marco Rubio ni Donald Trump ne sont présents à Washington pour conduire ces pourparlers. Tous deux participent à une visite officielle en Chine. Leurs équipes conduisent les négociations en leur absence au département d’État.
Les pourparlers Israël et Liban Washington face à des obstacles persistants
Lors de la session précédente, le 23 avril à Washington, Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve. Il avait exprimé l’espoir d’un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.
À cette occasion, le président américain avait évoqué la possibilité de recevoir à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Cette rencontre ne s’est pas concrétisée. Joseph Aoun a posé ses conditions : un accord préalable sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes contre le Liban.
Washington exige par ailleurs des autorités libanaises le désarmement du Hezbollah, le puissant mouvement chiite pro-iranien. Pour le département d’État, ces pourparlers Israël Liban et Washington doivent permettre de « rompre catégoriquement avec l’approche ratée des deux dernières décennies ». Cette approche avait, selon Washington, « autorisé des mouvements terroristes à s’enraciner et à s’enrichir, tout en sapant l’autorité de l’État libanais et en menaçant la frontière septentrionale d’Israël ».
Israël frappe malgré le cessez-le-feu
Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 17 avril, Israël n’a pas cessé de cibler le Hezbollah au Liban. Plus de 400 personnes ont été tuées depuis lors, selon un décompte de l’AFP fondé sur des chiffres officiels.
Jeudi, l’armée israélienne a annoncé de nouvelles frappes dans le sud du pays, après avoir ordonné l’évacuation de huit villages. Selon l’agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans la région au lendemain de raids qui avaient fait 22 morts. Quatre personnes ont été blessées jeudi, dont une dans un état critique, selon une source hospitalière.
Ces frappes illustrent la distance qui sépare les deux parties. Israël continue de viser le Hezbollah pro-iranien en dépit de la trêve. C’est ce même mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans le conflit régional, à la suite du déclenchement de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran le 28 février.
Contexte : plus de 2 800 morts au Liban depuis le début de la guerre
Le conflit a démarré le 28 février avec le lancement de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. Depuis, il a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban. Les autorités libanaises dénombrent plus de 2 800 morts sur leur territoire, dont au moins 200 enfants.
Le Hezbollah est au cœur des négociations. Washington réclame son désarmement comme condition à tout accord durable. Téhéran, pour qui le mouvement chiite constitue un pilier stratégique de l' »axe de résistance », s’y oppose fermement.
Dans ses tractations indirectes avec Washington, l’Iran conditionne toute trêve globale à l’arrêt des frappes israéliennes au Liban. Téhéran exige qu’Israël cesse de cibler le Hezbollah avant tout accord. Ces positions restent pour l’instant incompatibles avec les exigences israélo-américaines.
Réactions : rejet du Hezbollah, engagement de Xi Jinping
Le Hezbollah a réitéré jeudi son refus des négociations. Son député Ali Ammar a dénoncé une « concession gratuite » à Israël. Cette prise de position illustre les obstacles persistants qui se dressent face à tout règlement durable du conflit.
À Pékin, Donald Trump a rapporté les engagements pris par Xi Jinping lors de leur sommet. « Il a dit qu’il ne fournirait pas de matériel militaire… Il l’a affirmé avec force », a déclaré le président américain dans un extrait d’une interview à Fox News. Trump a également indiqué que le dirigeant chinois souhaitait la réouverture du détroit d’Ormuz. « Il a dit : + Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider + », a-t-il rapporté.
Ces déclarations n’ont pas été confirmées par une source officielle chinoise. Selon la Maison Blanche, Pékin et Washington ont néanmoins convenu lors du sommet « que le détroit d’Ormuz devait rester ouvert afin de garantir la libre circulation des produits énergétiques ».
Le détroit d’Ormuz et les conséquences économiques mondiales
L’enjeu du détroit d’Ormuz est considérable pour l’économie mondiale. En temps normal, ce passage stratégique assure le transit d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde. Sa fermeture, consécutive au conflit, a provoqué des perturbations majeures sur les marchés internationaux.
Avant cette fermeture, l’Iran livrait 80 % de ses exportations pétrolières à la Chine. Pékin est donc directement affecté par la crise en cours. Depuis mercredi, Téhéran a autorisé le passage de navires chinois dans le détroit, ce qui constitue une ouverture partielle et sélective.
Ce passage a débuté « la nuit dernière », selon les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de Téhéran. Le mouvement a été rendu possible grâce aux « relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique », a précisé l’institution dans un communiqué. La télévision publique iranienne a indiqué que « plus de 30 navires » avaient été autorisés à franchir le détroit, sans préciser s’il s’agissait exclusivement de navires chinois.
Dans l’attente des résultats du sommet sino-américain, les cours du pétrole sont restés stables jeudi au-dessus de 100 dollars. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu que les perturbations liées à la guerre risquent de se traduire « par moins de croissance et plus d’inflation à l’échelle mondiale », évoquant un scénario plus « défavorable ».
Source : Agence France-Presse
















