Dr Marcelle Simo est sociologue. Elle s’interroge sur le féminicide ou alors la crise de la masculinité. Et elle propose des pistes pour mieux comprendre ce que nous vivons ces derniers jours dans notre pays.
Le Dr Marcelle Simo est réputé pour ses prises de position contre les fléaux qui gangrènent notre pays. Dans une tribune abondamment relayée sur les plateformes digitales. Elle tente d’expliquer ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur dans notre pays.
« Pour mieux comprendre, il faut déjà dire que le mot féminicide, c’est un abus de langage. Car c’est le meurtre d’une femme parce qu’elle est femme. Ce que nous vivons ces derniers jours, c’est une véritable crise de masculinité. Sociologiquement, on explique sa recrudescence par 5 facteurs qui s’entrechoquent aujourd’hui », explique l’enseignante.
Évoquant « la crise du modèle de masculinité », elle estime qu’on a longtemps enseigné que l’homme doit dominer, pourvoir, contrôler. « Quand ce modèle s’effondre : chômage, femme qui gagne plus, femme qui demande le divorce, l’homme se sent humilié. C’est pour cela que l’on parle de masculinité en crise. Au lieu de se redéfinir, certains répondent par la violence pour restaurer l’ordre », explique la sociologue.
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Menaces de mort
Pour qui le féminicide n’arrive jamais d’un coup. Il y a une escalade : Insultes, contrôle (téléphone, sorties, argent). Gifles, isolement de la famille, menaces de mort… et meurtre. « Dans beaucoup de familles, on entend encore l’expression « supporte ». « C’est le mariage », « ne lave pas ton linge sale dehors ». Ce silence social autorise l’agresseur à continuer », estime le Dr Simo.
Cette dernière cite également les facteurs économiques et sociaux. Précarité, chômage des hommes, dépendance financière des femmes. Des facteurs qui, selon elle, les exposent aux frustrations.
Selon elle, vivre à 5,6, voire 7 dans une chambre favorise la violence, même symbolique. Il en va de même de l’alcool. La drogue qui provoque inévitablement des comportements violents non contrôlés et surtout nocifs pour l’entourage.
Comment prévenir un tel fléau social ?
« On gagnerait non seulement à dénoncer les bourreaux mais surtout à les afficher. Éduquer autrement dès l’enfance. Apprendre aux garçons que la force n’est pas la virilité, et aux filles qu’elles ont le droit de partir. Une véritable éducation conjugale. Protéger la séparation : le moment où elle quitte est le plus dangereux. Il faut des foyers d’accueil, un numéro d’urgence qui répond, une police formée qui accompagne, des services sociaux qui répondent aux exigences des victimes », préconise le Dr Simo.
Soulignons pour terminer que « le féminicide est une simple forme d’expression de l’échec du patriarcat qui ne réussit plus à contrôler par la norme, mais par la mort ».












