Près de 40 000 personnes ont fui le nord et le centre du Mali depuis fin avril. Ceci suite à une recrudescence des affrontements et des bombardements. Ce bilan a été communiqué mardi 11 août 2026 à l’AFP de sources humanitaires, locales et sécuritaires.
Ces derniers mois, les combats ont repris en intensité au Mali. Ceci depuis une vaste offensive fin avril. D’une coalition formée des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam. Et aux musulmans (JNIM) et des indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). Lors de laquelle le ministre de la Défense a été tué. Et la ville stratégique de Kidal (nord) prise par cette coalition.
Un afflux de déplacés d’une ampleur inédite
« Des milliers de personnes sont arrivées dans des villes comme Gao et Ménaka (nord). Ceci depuis les événements du 25 avril suivis des affrontements dernièrement dans la zone d’Anéfis ». Ville stratégique et théâtre récemment d’âpres combats. Entre l’armée et des rebelles touareg pour son contrôle. A indiqué à l’AFP le chef d’une ONG humanitaire qui a souhaité garder l’anonymat. Pour des raisons de sécurité.
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Ce sont « près de 40.000 personnes » qui se sont déplacées, dont « environ 15.000 ont trouvé refuge dans les seules régions de Gao et Ménaka », a affirmé à l’AFP sous couvert d’anonymat un responsable du développement social.
Dans la seule ville de Gao, la plus grande dans le nord du Mali, un élu local fait état de « plus de 7.000 nouveaux déplacés ces trois derniers mois ».
Selon les sources rassemblées par l’AFP, il s’agit d’un afflux d’une ampleur inédite en si peu de temps ces dernières années dans ce pays sahélien.
Intensification des combats et crise sécuritaire globale
Par ailleurs, « depuis deux semaines, l’armée a intensifié ses bombardements aériens dans des zones comme Tinzawatene (région de Kidal), détruisant souvent des centres de santé et provoquant de nouveaux déplacements de populations », a dit mardi à l’AFP une source sécuritaire.
Les déplacés, arrivés à Gao et Ménaka, viennent pour la plupart de Kidal, après la dégradation de la situation depuis fin avril dans cette région, devenue une zone de combat touchée par des frappes régulières de l’armée.
Le Mali compte vraisemblablement plus de 400.000 déplacés, mais ce chiffre est jugé sous-estimé par de nombreux acteurs du secteur.
Ce pays est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire.
Depuis deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, il est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de conserver son intégrité territoriale.












