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Centrafrique: affrontements entre une milice et l’armée dans le sud-est du pays

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Des affrontements opposent une milice à l’armée centrafricaine et au groupe Wagner dans des localités du sud-est du pays depuis le 28 décembre, date de la tenue du scrutin présidentiel dans le pays, a indiqué mercredi un magistrat de la Cour pénale spéciale, qui a fait état d’un mort.

« La milice dite Azandé Ani Kpi Gbè (AAKG) aurait mené des attaques ciblées visant des forces de sécurité locales, des agents de l’Etat, des militaires et des gendarmes déployés dans la zone », a déclaré lors d’une conférence de presse Alain Tolmo, substitut du procureur de la Cour.

Une première attaque a eu lieu le 28 décembre à Bambouti, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, une région enclavée située à 1.300 kilomètres de la capitale Bangui, jusqu’à ce que la milice soit délogée de la ville quelques jours plus tard par le groupe paramilitaire russe Wagner et par l’armée centrafricaine, a rapporté à l’AFP Fulbert Ngodji, analyste au cercle de réflexion International Crisis Group.

La ville de Zemio, située à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), a été attaquée peu après par la même milice et est toujours le théâtre d’affrontements depuis lors.

« Un agent de recensement a été tué », a relaté M. Tolmo, ajoutant que « la préfète de Zemio et d’autres agents de l’Etat ont été pris en otage ».

« Ces actes ont provoqué une forte peur au sein de la population et un déplacement vers l’église catholique de la localité », a poursuivi le magistrat.

La milice AAKG est issue de la communauté zandé, le groupe ethnique majoritaire du Haut-Mbomou, également présent en RDC et au Soudan-du-Sud voisin.

Selon  Fulbert Ngodji, « les jeunes zandé ont formé en mars 2023 une milice d’autodéfense » après s’être sentis « abandonnés par l’Etat ». Un an plus tard, ces miliciens ont été intégrés dans l’armée centrafricaine puis suspendus en mai 2025, détaille l’analyste.

Alors que la stabilisation du pays est le principal défi du troisième mandat du président Faustin-Archange Touadéra, tout juste réélu, M. Ngodji estime que cette milice, « qui n’avait jusqu’à présent que des revendications communautaires », pourrait se muer en « groupe armé opposé au gouvernement ».

© Agence France-Presse

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