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Afrique du Sud : l’ombre des assassinats politiques plane à nouveau sur les élections

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Victime d’une attaque armée chez lui, sous le regard de ses enfants. Le conseiller municipal Khethelo Mdluli est mort à l’hôpital des suites de ses blessures. Âgé de 40 ans, cet élu du KwaZulu-Natal était en campagne. Pour les élections locales sud-africaines du 4 novembre.

Si sa famille explique ne pas savoir pourquoi il a été tué. Son frère le décrivant comme un « homme non-violent » . Son parti a demandé que l’enquête soit confiée à l’unité de la police spécialisée dans les assassinats politiques.

La vie politique sud-africaine est constellée d’assassinats d’élus, notamment en période pré-électorale. L’année 2026 n’échappe pas à la règle. Durant les neuf premiers mois de l’année. 43 homicides politiquement motivés ont été recensés dans le pays. Par l’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale (GI-TOC).

Dans un pays où le chômage dépasse les 30 % et la corruption est endémique. Les analystes estiment que ces meurtres relèvent moins de rivalités partisanes. Ou idéologiques que d’une lutte acharnée pour l’accès aux ressources.

Les 43 homicides pour 45 agressions dépassent d’ores et déjà les bilans correspondent aux années électorales précédentes de 2024 (élections générales) et 2021 (précédentes municipales).

Mdluli faisait campagne pour l’Inkatha Freedom Party (IFP). Créé en 1975 dans cette province du KwaZulu-Natal (KZN). Théâtre de violences politiques depuis des décennies.

« Selon l’un de ses collègues de l’IFP qui a pris la parole à ses obsèques. (Mludli) avait dit faire l’objet de menaces dans les jours précédant sa mort ». Rapporte son frère.

Le jour suivant son meurtre. Un autre élu local de l’IFP, Lucky Sokhela, 34 ans. A été abattu par balles en plein jour à son domicile, toujours au KZN.

Un marché, une poste, un boulot 

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« Les meurtres de candidats à une élection ne peuvent être traités comme de la criminalité ordinaire », a déclaré son parti, qui ajoute : « Laissons les urnes, et non les balles, décider. »

La bataille électorale fait rage dans le KZN avec l’irruption en 2024 du parti uMkhonto weSizwe (MKP), créé par l’ancien président Jacob Zuma (2009-2018), qui dispose actuellement d’un très large soutien et à su transformer sa jeune formation en troisième force politique du pays.

Selon les statistiques de l’Initiative contre la criminalité organisée, au moins huit membres du MK ont été tués dans le pays cette année et 13 pour le parti du Congrès national africain (ANC), au pouvoir sur le plan national depuis 1994.

Et ce, sans compter les décès de quatre membres de la ligue de jeunesse de l’ANC, abattus mardi soir près de Johannesburg. Le tireur s’est rendu à la police et on ignore en l’état ses motivations.

« L’accent s’est déplacé de clivages idéologiques vers la compétition pour l’accès à des ressources », explique Crispin Hemson, chercheur qui a documenté les sanglantes guerres politiques du KwaZulu-Natal dans les dernières années de l’apartheid.

« Les tueurs à gage, les réseaux, les armes, tout cela existait déjà. À présent, l’idéologie a disparu et le mobile, c’est un appel d’offres, un poste de conseiller local, un emploi », ajoute-t-il.

Il ne se passe pas une semaine sans des arrestations ou des révélations dans la presse concernant des malversations lors de l’attribution de marchés publics par des collectivités.

Lors du procès de deux hommes condamnés en septembre à la prison à vie pour l’assassinat en 2023 d’un conseiller de l’Alliance démocratique au KwaZulu-Natal, il a été établi que le contrat avait été commandité par un chef coutumier, sur fond de différend foncier.

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Si la plupart des assassinats politiques (16) ont été recensés dans le KZN, selon le même rapport, dix ont été perpétrés dans la province de Gauteng, qui inclut les capitales administratives Pretoria et économique Johannesburg. Sur les neuf provinces du pays, seules deux ont été épargnées par cette criminalité.

Dans certains cas, le commanditaire et sa victime appartiennent au même parti, explique le politologue et professeur à l’université du KwaZulu-Natal Zakhele Ndlovu.

Un conseiller municipal peut toucher un salaire de plus de 25.000 rands par mois (environ 1.500 dollars), plus de quatre fois le salaire minimum d’environ 6.000 rands, à raison de 45 heures par semaine.

« Beaucoup de gens considère le poste de conseiller municipal comme un échappatoire à la pauvreté », constate Ndlovu. « D’où la concurrence pour ces postes : certains sont prêts à tuer ou à se faire tuer » pour les obtenir.

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