La ville de Douala accueille le 33ᵉ congrès de la Société des gynécologues et obstétriciens du Cameroun. Les travaux ont démarré ce mercredi 14 octobre 2026.
Dans le programme, les participants en nombre impressionnant ont eu droit à deux conférences inaugurales. D’abord la présentation faite par le Pr. Neji Khaled qui a parlé de la « Gynécologie-obstétrique en Afrique. Vers une médecine contextualisée ». Ensuite le Pr. Xavier René Perrin qui a fait le contour de la « vulnérabilité à la résilience ». Pour « repenser les défis de la santé reproductive en Afrique ».
Améliorer la qualité des soins
Pour lui, « Il y a beaucoup de problèmes qui sont liés au système de santé. Donc il faut améliorer la qualité des prestations et surtout l’accès de toutes les populations à la santé. Mais au-delà de ça, il faut qu’il y ait un meilleur financement de la santé, parce que sans l’argent on ne peut rien faire. Il faut qu’il y ait, en quelque sorte, la rétention des personnels de santé », dit ce médecin béninois.
Et ce dernier, dans ses conclusions, va donner des pistes de solutions pour tenir le cap. « Il y a beaucoup de gens qui partent à l’étranger pour avoir de la santé. Nous avons la capacité de faire beaucoup de personnels spécialisés. Mais comme les gens ne sont pas là, on est obligé de faire ce qu’on appelle la délégation de tâches ».
«C’est-à-dire de prendre des gens d’un niveau plus bas pour leur permettre de relever le gap. C’est-à-dire le déficit en personnels de santé. Donc, améliorer la qualité des soins, tous les protocoles existent, il faut que les gens le fassent maintenant ».
Mortalité infantile au plus bas, mais les progrès sont lents et « précaires »
Une approche adaptée
Et donc, il faut « améliorer le financement du système de santé, et maintenant, en quelque sorte, moderniser. Parce qu’il y a, comme cela dit, beaucoup de choses modernes. Mais qu’on ne peut pas mettre tout de suite en place. Donc, il faut réfléchir et voir une approche adaptée à nos conditions de vie. Et à nos conditions de travail », va-t-il déclarer.
Pour lui encore, « en dehors de tout cela, dans la spécificité de l’Afrique, puisque nous parlons de la santé de la femme, il faut pouvoir relever le niveau de la femme. Donc, lui donner une meilleure autonomisation, une meilleure instruction et davantage de considération », dit-il.
Rencontré en marge des travaux, le Pr. Emile Mboudou est revenu sur la mortalité maternelle. Qui, pour lui, « reste un facteur de perte de vie au Cameroun. Et le Cameroun a pris l’option de mettre en place des stratégies pour lutter contre la mortalité maternelle ».
« La Société de gynécologie et obstétrique du Cameroun est un partenaire privilégié du ministère de la Santé. Et en tant que société savante, nous avons l’obligation d’apporter notre contribution à ce combat. Qui est, je peux dire, assez déséquilibré », explique le médecin.
Aborder les sujets poignants
Pour le président du comité d’organisation, il n’y a pas que la mortalité maternelle : « Nous avons d’autres problématiques, qui sont par exemple les cancers gynécologiques, qui causent beaucoup de mortalité encore dans notre population. »
Alors, « une rencontre comme celle-ci va nous permettre d’aborder les sujets poignants. Et d’apporter les solutions adaptées à notre environnement. Permettre à ce qu’on réduise le fardeau de la maladie sur nos populations », nous fait-il comprendre.
La santé de l’adolescente au Cameroun
Les travaux vont se tenir pendant trois jours avec plus de 80 thématiques réparties en quatre sous-thèmes hautement scientifiques. Les gynécologues vont parler des actualités et controverses en gynécologie obstétrique.
Ils vont s’attarder sur les stratégies de dépistage, de prévention et de prise en charge du cancer du col de l’utérus en 2026. Ils vont se pencher sur les particularités de la santé de l’adolescente au Cameroun et sur les spécificités de la procréation médicalement assistée en Afrique.
Les travaux lancés par le gouverneur de la région du Littoral vont s’achever le vendredi 16 octobre 2026.











