Nouveau bras de fer entre Paris et Niamey. Le gouvernement militaire du Niger a fustigé mardi 13 octobre 2026. L’expulsion, en septembre dernier, de deux fonctionnaires nigériens par la France. La qualifiant d’« acte d’ingratitude grave et inacceptable ».
Les tensions entre la France et le Niger ont basculé dans une quasi-rupture diplomatique après le coup d’État du 26 juillet 2023, au cours duquel le général Abdourahamane Tiani a renversé le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum.
Une source diplomatique indiquait vendredi à l’AFP que la France avait déclaré le 16 septembre « persona non grata » deux agents de renseignement nigériens en poste à l’ambassade du Niger à Paris, les obligeant à quitter dans la foulée le territoire français.
Le Quai d’Orsay n’a pas fait de commentaire.
Mardi, dans un communiqué lu à la télévision nationale nigérienne, le ministre de la Justice Alio Daouda a affirmé que l’un des deux agents, tous les deux « chargés de sécurité » selon Niamey, avait été « grièvement blessé » lors d’une mission au Niger en 2014 en coopération avec l’armée française, lorsque Paris coopérait militairement avec ce pays.
La France, ancienne puissance coloniale, intervenait notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste, dans ce pays sahélien confronté depuis une décennie aux attaques meurtrières de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, dans l’ouest et le sud-est.
La mission avait eu lieu à Diffa (sud-est), précise Télé Sahel.
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L’officier Abdoul-Razak Ibrahim Moussa Toro avait ensuite été « évacué en France pour y être soigné », paie il aurait dû « recevoir reconnaissance et protection » plutôt qu’un ordre d’expulsion, selon le même communiqué.
Le ministre a ajouté que M. Toro avait « reçu une obligation de quitter le territoire français » et « contesté » cette décision « devant la justice française ».
Un virage stratégique
Selon lui, « les autorités françaises ont changé de méthode. Le 16 septembre 2026, elles l’ont déclaré persona non grata. La mesure a été étendue à sa famille, enfants compris. (…) Le 19 septembre 2026, il a quitté le territoire français ».
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« Peut-on chasser un homme blessé, mutilé et rendu inapte au service d’une coopération que l’on a soi-même voulue, ordonnée et payée ? », affirme le ministre. « Voilà comment la France remercie ceux qui ont servi à ses côtés. Elle sollicite les hommes, elle les engage et les finances. Puis lorsqu’ils tombent, elle les met à la porte avec leur famille quitte à devancer ses propres tribunaux », estime ainsi le gouvernement nigérien.
L’AFP n’a pas pu, dans l’immédiat, vérifier ces informations de manière indépendante.
Les relations entre la France et le Niger se sont dégradées à l’arrivée de la junte au pouvoir.
Proche de Moscou, le général Tiani avait notamment fait expulser l’ambassadeur de France, Sylvain Itté, et dénoncé unilatéralement l’ensemble des accords militaires avec Paris, contraignant les quelque 1.500 militaires français à quitter le Niger.
En décembre 2023, la France avait alors pris la décision rare de fermer définitivement son ambassade à Niamey, estimant que l’établissement n’était plus en mesure de fonctionner normalement en raison des entrées imposées par le régime militaire.
Paris n’a pas reconnu cette juinte et a continué de considérer Mohamed Bazoum comme le seul chef d’État légitime. Mais l’ambassade du Niger à Paris est ouverte malgré ce climat délétère.











