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Netanyahu veut éradiquer le régime iranien : Téhéran refuse de capituler, la guerre entre dans sa deuxième semaine

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Netanyahu veut éradiquer le régime iranien : Israël va poursuivre la guerre « de toute sa force », affirme le Premier ministre sans détour. Téhéran répond qu’il ne capitulera pas. La deuxième semaine de guerre commence sous les bombes, les alertes et les deuils. Et personne, dans aucun camp, ne parle encore de paix.

Netanyahu : un plan « méthodique » pour éradiquer le régime

Samedi soir, Benjamin Netanyahu prend la parole. Son ton est celui d’un homme qui ne doute pas. Israël va continuer de frapper l’Iran « de toute sa force », affirme le Premier ministre israélien. L’objectif est clairement posé : « Nous avons un plan méthodique, avec de nombreuses surprises, pour éradiquer le régime et permettre le changement. »

Des mots lourds. Un programme de guerre assumé, formulé sans nuance, alors que le conflit entre dans sa deuxième semaine. En sept jours, l’armée israélienne affirme avoir mené 3.400 frappes à travers l’Iran. Washington en revendique 3.000 de son côté. Ensemble, les deux alliés ont verrouillé — selon Netanyahu — « le contrôle quasi total de l’espace aérien au-dessus de Téhéran ».

Mais l’objectif déclaré de la guerre reste plus circonscrit : détruire les capacités balistiques de l’Iran et l’empêcher de se doter de la bombe atomique — intention que Téhéran dément avoir. Le guide suprême Ali Khamenei a été tué dès le premier jour du conflit. Washington souhaite la chute du pouvoir. Mais entre vouloir un changement de régime et l’imposer par les bombes, la distance reste immense.

Dans les rues de Téhéran, des habitants joints par téléphone confient à l’AFP que des barrages de contrôle ont été instaurés. Un résident de 40 ans, sous couvert d’anonymat, indique que les magasins restent ouverts et que des marchandises sont « disponibles », même si « tout est devenu un peu plus cher ». Une ville sous surveillance. Une ville qui résiste, à sa manière.

L’Iran refuse de capituler : « Ils sont pris au piège »

Face à la pression militaire et aux exigences de Trump — qui réclame une capitulation sans condition —, plusieurs responsables iraniens répondent en chœur samedi : il n’en est pas question.

Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, retourne l’argument. Les États-Unis se sont eux-mêmes « piégés » en misant sur une résistance de courte durée, affirme-t-il. « Ils pensaient que ce serait comme au Venezuela : ils frapperaient, prendraient le contrôle et ce serait fini », lance-t-il, dans un entretien diffusé sur la télévision d’État. Le sous-entendu est clair : l’Iran ne ressemble pas au Venezuela. Et la guerre ne se terminera pas en quelques jours.

Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, enfonce le clou. Téhéran poursuivra ses attaques contre certains États de la région, dit-il, en invoquant des « preuves » qu’ils se sont « mis à la disposition de l’ennemi ». Les pays du Golfe démentent catégoriquement : leurs territoires ne servent pas à des attaques contre l’Iran. Le débat est lancé. Les missiles, eux, continuent de voler.

Les autorités iraniennes recensent environ un millier de personnes tuées depuis le début du conflit, dont 30 % sont des enfants. L’AFP ne peut pas vérifier ces chiffres. Mais ils dessinent, même imparfaitement, l’ampleur d’une tragédie humaine qui se joue loin des caméras.

L’école de Minab, les dépouilles américaines et la guerre des récits

Samedi, Donald Trump participe à une cérémonie solennelle. Coiffé d’une casquette blanche, il accueille les dépouilles des six premiers soldats américains tués dans la guerre — des réservistes déployés au Koweït. Un moment de deuil national, filmé, diffusé. La guerre a désormais ses morts américains. Elle a aussi ses polémiques.

L’affaire de l’école de Minab continue d’empoisonner le camp américain. Dès le premier jour du conflit, une frappe a touché cette école dans le sud de l’Iran, tuant plus de 150 personnes selon les autorités iraniennes. L’Unicef rapporte un bilan de 168 élèves tués, dont une majorité d’écolières âgées de 7 à 12 ans.

Une enquête du New York Times, publiée jeudi et fondée notamment sur des images satellite, suggère que les États-Unis pourraient être responsables — ils auraient visé une base navale des Gardiens de la révolution située à proximité.

Trump répond sans attendre les conclusions du Pentagone, qui assure mener une enquête. « Nous pensons que cela a été fait par l’Iran. Parce qu’ils sont très imprécis avec leurs munitions », affirme-t-il. Une accusation frontale, formulée alors que rien n’est encore établi. Téhéran attribue la frappe au tandem Israël-États-Unis. Les deux camps se rejettent la responsabilité de la mort de dizaines d’enfants. La vérité, elle, reste suspendue.

Le Golfe sous les feux, Londres entre dans le conflit

La nuit de samedi à dimanche plonge toute la région dans un nouveau cycle d’alertes et d’explosions. À Bagdad, des systèmes de défense aérienne interceptent des roquettes tirées en direction de l’ambassade américaine.

À Bahreïn, une forte explosion retentit dans la capitale Manama, selon un journaliste de l’AFP présent sur place. L’Iran dit avoir frappé une base américaine en réponse à une attaque contre une usine de désalinisation.

À Dubaï, la mort frappe au hasard. Les débris d’un projectile iranien intercepté tombent sur un véhicule et tuent un conducteur pakistanais. Un homme ordinaire, tué par une guerre qui n’est pas la sienne. Le Koweït subit de nouvelles attaques : sa compagnie pétrolière nationale annonce avoir réduit sa production de manière « préventive ».

L’Arabie saoudite est également touchée. Les monarchies du Golfe assurent ne pas utiliser leurs territoires pour mener des attaques contre l’Iran. Elles subissent pourtant les représailles de Téhéran comme si elles le faisaient.

Sur un tout autre front, le Royaume-Uni franchit un cap discret mais décisif. Les forces américaines commencent à utiliser des bases britanniques pour des « opérations défensives » visant à « empêcher l’Iran de tirer des missiles dans la région, ce qui met en danger des vies britanniques », annonce Londres. Des bombardiers B-1 de l’US Air Force atterrissent sur la base RAF de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, selon un journaliste de l’AFP.

Le sol britannique entre dans la guerre. Trump, de son côté, assure sur Truth Social qu’il n’a « plus besoin » de porte-avions britanniques. « Nous avons déjà gagné », dit-il. Une déclaration que les explosions de la nuit contredisent.

Liban : 300 morts, 450.000 déplacés, un désastre annoncé

Au Liban, les chiffres racontent une catastrophe qui s’accélère. Les autorités libanaises comptent désormais plus de 300 morts et 450.000 personnes déplacées depuis lundi — depuis que le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël pour « venger » la mort de l’ayatollah Khamenei et déclenché une riposte israélienne d’une ampleur inédite.

Le Premier ministre Nawaf Salam prononce les mots que beaucoup redoutaient : un « désastre humanitaire » se profile. Des centaines de milliers de Libanais ont fui leurs maisons, souvent sans savoir où aller, souvent sans ressources. Samedi, Israël frappe encore la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Huit personnes meurent dans le sud du pays. Des frappes aériennes visent plus de vingt villes et villages.

La guerre entre dans sa deuxième semaine. Netanyahu promet de l’éradiquer, ce régime. Téhéran promet de résister. Et entre ces deux volontés qui s’affrontent, des dizaines de milliers de civils — iraniens, libanais, du Golfe, américains — paient le prix d’un conflit dont personne, visiblement, ne maîtrise la durée ni l’issue.

Source : AFP – 8 mars 2026

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