Excédés par des promesses non tenues et un dialogue social bloqué, les personnels de santé annoncent une grève nationale dès le 4 mai 2026.
Le compte à rebours est lancé. À partir du lundi 4 mai 2026, dès 8 heures, les hôpitaux publics du Cameroun pourraient tourner au ralenti. Le Syndicat Cap/Santé a décidé de passer à l’action après l’échec des négociations du 16 avril dernier. Pour ses responsables, la coupe est pleine. D’après le document, rendu public le 22 avril, au centre des tensions, c’est une promesse présidentielle restée lettre morte. Le recrutement de 9 944 personnels précaires, annoncé fin 2024, n’a toujours pas démarré. Un retard jugé inacceptable, alors que les besoins en personnel explosent sur le terrain. Résultat, surcharge de travail, épuisement et services sous pression.
Mais ce n’est pas le seul point de crispation. Depuis 2023, la révision de la convention collective des hôpitaux publics de première catégorie est au point mort. Les discussions n’avancent pas. Les blocages administratifs s’accumulent. Et sur le terrain, la frustration grandit. De plus, à cela s’ajoutent des salaires versés en retard dans certaines formations sanitaires. Une situation qui fragilise davantage des personnels déjà précaires. Le syndicat dénonce aussi l’exclusion des infirmiers et techniciens médico-sanitaires d’un recrutement récent, pourtant destiné aux personnels de soins.
Licenciements jugés abusifs
D’autres griefs viennent renforcer la colère. Il s’agit entre autres des textes réglementaires obsolètes, absence de dialogue social, non-respect d’engagements ministériels. Cap/Santé pointe également des licenciements jugés abusifs notamment à l’hôpital de District de la Cité verte et au Centre des Urgences de Yaoundé (Cury) et des irrégularités dans la gestion des carrières et des primes. Face à ce qu’il qualifie de mépris persistant, le syndicat durcit le ton. La grève annoncée s’annonce comme un avertissement majeur aux autorités. Elle pourrait désorganiser durablement les services hospitaliers sur l’ensemble du territoire.
Toutefois d’ici au 4 mai, une issue reste possible. Mais pour l’heure, le bras de fer semble engagé et les blouses blanches n’entendent plus reculer.
















