Real Madrid et la saison blanche — le verdict se précise. Éliminé en quarts de finale de la Ligue des champions par le Bayern Munich (6-4 au cumulé), distancé en Liga et sorti de la Coupe du Roi par un club de deuxième division, le club madrilène se dirige vers une année sans trophée. Un cap inédit depuis 2006, lourd de conséquences sportives et institutionnelles.
– Une élimination qui scelle le Real Madrid à la saison blanche
Le Real Madrid quitte la Ligue des champions au stade des quarts de finale. Le Bayern Munich l’emporte sur un score cumulé de 6-4 au terme de deux rencontres à haute intensité. L’élimination confirme ce qui se dessinait depuis plusieurs semaines : une saison sans titre pour le club le plus titré d’Europe.
Les deux matchs restent pourtant spectaculaires. Les Merengues ont regardé l’ogre bavarois droit dans les yeux pendant l’essentiel de la double confrontation. Tout bascule à la 86e minute du match retour, sur l’expulsion d’Eduardo Camavinga, jugée sévère et qualifiée de largement évitable par l’ensemble des observateurs.
La décision arbitrale monopolise immédiatement les unes de la presse sportive espagnole. Les journaux dénoncent « une injustice ». Alvaro Arbeloa, l’entraîneur madrilène, avait lui-même exprimé cette indignation avant que les médias ne s’en emparent. Ces protestations n’effacent cependant pas l’élimination.
– Real Madrid et la saison blanche : une première depuis 2006
Distancés en Liga avec neuf points de retard sur le FC Barcelone à sept journées de la fin du championnat, les Merengues n’ont plus aucune chance de titre en Espagne. Le club avait également été éliminé dès les huitièmes de finale de la Coupe du Roi par Albacete, équipe de deuxième division. Sauf surprise improbable, Madrid terminera cette saison les mains vides pour la première fois depuis vingt ans.
La comparaison avec l’ère des « Galactiques » s’impose naturellement. À l’époque, Florentino Pérez avait assumé l’échec de son projet et démissionné de la présidence. Aujourd’hui âgé de 79 ans et réélu jusqu’en 2029, le dirigeant n’affiche pas les mêmes intentions. Mais les parallèles entre les deux périodes frappent les observateurs.
Kylian Mbappé, Vinicius Junior, Jude Bellingham et Rodrygo endossent désormais les rôles de Zidane, Ronaldo, Beckham et Figo dans cette nouvelle version du projet galactique. La saison très irrégulière du quatuor a probablement acté leur incompatibilité collective. Ce constat s’établit même en l’absence de Rodrygo, gravement blessé au genou et absent mercredi à Munich.
Les dirigeants madrilènes ont commis une erreur initiale. Ils ont associé ces quatre stars sans penser à l’équilibre d’une équipe qui venait pourtant de remporter sa 15e Ligue des champions. Cette construction bancale explique en grande partie les résultats insuffisants de la saison.
– Mbappé prend la parole
Kylian Mbappé a réagi dès jeudi soir sur son compte Instagram. « À Madrid, l’échec n’a jamais été et ne sera jamais une option », a-t-il publié. Le capitaine des Bleus a poursuivi : « Il nous faut porter un regard sans concession sur nous-mêmes pour éviter que ce genre de déception ne se reproduise. »
L’attaquant français a également formulé une promesse directe aux supporters. « Je vous promets une chose : nous recommencerons à gagner, et très bientôt. » Ce message tranche avec une saison personnellement brillante : Mbappé totalise 40 buts toutes compétitions confondues, dont sa 15e réalisation de la saison en C1, inscrite mercredi soir à Munich.
Malgré ces chiffres individuels impressionnants, la star française se retrouve pointée du doigt. Son manque de travail défensif concentre les critiques au terme d’une deuxième saison madrilène brillante sur le plan personnel mais proche du fiasco collectif. Ce paradoxe résume à lui seul la trajectoire du club cette année.
– Le bilan d’Arbeloa
Alvaro Arbeloa paie le prix de cette saison décevante. L’entraîneur de 43 ans avait pris les rênes du club pour remplacer son ami et ex-coéquipier Xabi Alonso, sans que la durée de son contrat ne soit précisée à la signature. Son départ en fin de saison semble désormais acté.
L’ex-latéral droit a pourtant affiché des qualités réelles sur la scène européenne. Son équipe a prouvé qu’elle ne se laissait pas enterrer facilement, même contre la meilleure formation collective du continent. Arbeloa s’est approché plus que ses prédécesseurs d’un résultat significatif en C1.
En Liga, les défaillances répétées face à des adversaires bien plus faibles ont scellé son sort. Ce Real soudé et impliqué, capable de créer du danger à partir de presque rien grâce au talent individuel de ses attaquants, n’est apparu qu’avec parcimonie en championnat. Cette irrégularité chronique reste le signe le plus criant d’une saison gâchée.
Ni Xabi Alonso avant lui, ni Carlo Ancelotti avant Alonso, n’avaient réussi à résoudre l’équation que posait l’association des quatre stars. Chacun a trébuché face à des égos difficiles à concilier. Arbeloa rejoint cette liste, malgré les circonstances atténuantes d’une campagne européenne globalement honorable.
– Real Madrid et la saison blanche : un été de décisions s’annonce
Les conséquences de cette saison blanche se dessinent à Valdebebas, le fief du club. Un mercato agité s’annonce cet été, avec des arbitrages difficiles sur la composition de l’effectif. La cohabitation de Mbappé, Vinicius, Bellingham et Rodrygo a montré ses limites structurelles sur l’ensemble de la saison.
La question du banc se pose en priorité. Arbeloa laisse derrière lui un effectif talentueux mais déséquilibré. Son successeur devra repenser l’organisation d’une équipe qui n’a jamais trouvé son assise collective malgré une richesse individuelle exceptionnelle.
Kylian Mbappé, lui, quittera le club cet été pour rejoindre la sélection française. Son objectif : décrocher la troisième étoile avec les Bleus lors du Mondial nord-américain. Ce double agenda — reconstruction madrilène d’un côté, ambition mondiale de l’autre — occupera pleinement la star française dans les semaines à venir.
Le Bayern Munich, lui, retrouvera le PSG en demi-finale de la Ligue des champions. Les Parisiens affronteront le collectif bavarois, désigné unanimement comme la machine la plus impressionnante et la plus régulière d’Europe cette saison.
Source : Agence France-Presse
















