En raison de sa couverture de l’affaire Martinez Zogo. La chaîne de télévision Vision4 de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. A été suspendue pour un mois par le Conseil national de la communication (CNC) camerounais.
Selon le régulateur des communications, la suspension pour un mois de « Vision 4 » intervient après plusieurs infractions relevées dans la couverture du procès Martinez Zogo par la chaîne. Animateur de l’émission « Embouteillage » sur la radio Amplitude FM, Martinez Zogo était connu pour dénoncer des affaires de corruption au sommet du pouvoir.
Il prenait parfois pour cible Jean-Pierre Amougou Belinga, richissime propriétaire de nombreux groupes dans les domaines des finances, de l’assurance, de l’immobilier et des médias, tous réputés en faveur du pouvoir. Son assassinat, en janvier 2023, avait provoqué un vaste émoi au Cameroun.
Récidive et manquements vis-à-vis du régulateur
La chaîne « Vision 4 » est interdite de « toute diffusion de programmes audiovisuels » pendant un mois, a annoncé le CNC, qui reproche également à ses responsables d’avoir « remis en cause l’autorité » de l’instance et de ne pas avoir répondu à une convocation.
Le CNC avait déjà sanctionné en juin le journaliste de Vision 4 Martial Thaddée Owona, ainsi que son directeur Philippe Boni Menyene. La décision faisait suite à la diffusion d’un reportage contenant, selon le régulateur, des « déclarations portant atteinte à la dignité » d’un avocat des parties civiles au procès de Martinez Zogo.
Selon le Conseil, cette première sanction n’a toutefois « guère été appliquée à date ». Il reproche également à Vision 4 d’avoir diffusé de nouveaux contenus mettant en cause l’avocat.
Le CNC a parallèlement suspendu pour un mois Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication du quotidien L’Anecdote, autre média du groupe de Jean-Pierre Amougou Belinga, pour un article contenant, selon le régulateur, des propositions « non fondées, injurieux, offensants » envers la même avocate.
Un procès sous haute tension au tribunal militaire
Ces sanctions interviennent alors que le procès de Martinez Zogo se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé. Le journaliste de 50 ans avait été enlevé le 17 janvier 2023 près d’un poste de gendarmerie de la capitale.
Son corps avait été retrouvé cinq jours plus tard, nu et mutilé. Jean-Pierre Amougou Belinga est poursuivi dans cette affaire pour complicité de séquestration, torture et assassinat.
Il comparaît notamment aux côtés de l’ancien directeur de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), Léopold Maxime Eko Eko, et du lieutenant-colonel Justin Danwe, accusé d’avoir dirigé le commando impliqué dans l’enlèvement du journaliste.












