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Démolitions dans le sud du Liban : l’armée israélienne rase des maisons pendant la trêve

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Démolitions dans le sud du Liban : l’armée israélienne a rasé dimanche de nouvelles habitations dans plusieurs villages frontaliers, dont Bint Jbeil. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a revendiqué ces opérations, menées malgré le cessez-le-feu entré en vigueur vendredi avec le Hezbollah pro-iranien. La situation reste très instable dans l’ensemble du pays.

Démolitions dans le sud : Bint Jbeil encore ciblée

L’armée israélienne a poursuivi dimanche ses opérations de destruction dans le sud du Liban. Selon l’Agence de presse officielle libanaise (ANI), Israël « continue de détruire ce qu’il reste des maisons » dans la ville de Bint Jbeil. Située à environ cinq kilomètres de la frontière israélo-libanaise, cette ville a connu de violents combats entre les forces israéliennes et le Hezbollah avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Ces affrontements ont laissé de nombreuses structures en ruine.

Ces destructions ne se limitent pas à Bint Jbeil. Des opérations similaires de ratissage et de démolition à l’explosif ont eu lieu dans plusieurs autres localités frontalières, selon l’ANI. Dans au moins un cas, l’agence signale également des tirs d’artillerie israéliens.

Toutes ces localités se trouvent derrière la « ligne jaune » de démarcation qu’Israël dit avoir établie dans le sud du Liban. Ce dispositif reproduit la logique déjà appliquée par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Dimanche, l’armée a publié une carte présentant sa « ligne de défense avancée » et une zone rouge délimitée le long de la frontière. Ses forces opèrent dans cet espace pour démanteler les positions du Hezbollah et, selon l’armée, « prévenir les menaces directes » contre les communautés du nord d’Israël.

Des opérations ordonnées au plus haut niveau

Le ministre de la Défense, Israël Katz, assume sans détour ces destructions. « Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi avons donné pour instruction aux forces de défense israéliennes d’agir avec toute leur force, tant au sol que dans les airs, y compris pendant le cessez-le-feu, afin de protéger nos soldats au Liban contre toute menace », a-t-il déclaré.

Katz précise que l’armée a également reçu l’ordre de démolir toute structure ou route jugée « piégée » et susceptible de menacer ses soldats. L’objectif qu’il formule est explicite : « détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient, à tous égards, de postes avancés terroristes du Hezbollah et menaçaient les communautés israéliennes ». Le ministre présente ces destructions comme un impératif de sécurité indissociable de la présence militaire israélienne au Liban.

Par ailleurs, l’armée israélienne annonce avoir abattu un homme présenté comme un « terroriste armé ». Selon elle, cet individu « avait violé les modalités du cessez-le-feu » en s’approchant de ses soldats. Il représentait, précise l’armée, « une menace immédiate ».

Démolitions dans le sud : Ankara dénonce un « fait accompli »

Ces opérations provoquent des condamnations sur la scène diplomatique. La Turquie accuse Israël de chercher à créer un « fait accompli » au Liban. Le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan dénonce « l’expansionnisme » israélien. Ankara condamne la poursuite des destructions en plein cessez-le-feu.

Le cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi. Les destructions israéliennes se poursuivent néanmoins dans plusieurs secteurs du sud du Liban. La situation demeure très instable dans l’ensemble du pays.

L’armée israélienne maintient ses forces au sol dans le sud du Liban. Elle y conduit des opérations de démolition et de ratissage malgré la trêve. Ces actions visent, selon le ministre Katz, à neutraliser les infrastructures du Hezbollah identifiées comme des menaces pour les soldats et les communautés israéliennes.

Un pays en guerre depuis le 2 mars

Le Liban a basculé dans le conflit le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en représailles à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. L’armée israélienne a riposté par des frappes massives. Ces bombardements ont tué plus de 2.300 personnes et contraint près d’un million de Libanais à fuir leurs foyers. Une invasion du sud du pays a suivi les frappes aériennes.

La trêve suspend les hostilités depuis vendredi. Sa fragilité retient pourtant de nombreux déplacés. Dans le village de Debbine, un correspondant de l’AFP a observé des habitants inspectant les dégâts causés à leurs maisons. Des personnes déambulaient parmi les décombres de bâtiments détruits par les frappes. De nombreuses habitations du village présentaient des destructions importantes.

À Srifa, plus au sud, certains résidents ont déchargé leurs affaires — matelas, machines à laver. D’autres sont venus récupérer quelques effets personnels avant de repartir. Si des déplacés se sont empressés de rentrer chez eux, nombreux hésitent encore au vu de la fragilité du cessez-le-feu.

L’armée libanaise profite de l’arrêt des hostilités pour réparer des infrastructures endommagées. Elle a annoncé avoir rouvert une route et remis en état des ponts sur le fleuve Litani. Des frappes israéliennes avaient rendu ces ouvrages impraticables. Ces ponts se trouvent à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière. Leur destruction avait quasiment isolé le sud du Liban du reste du territoire national.

Un soldat français tué, Macron exige des comptes

L’attaque contre un Casque bleu français a ajouté une dimension diplomatique supplémentaire à la crise. Elle s’est produite samedi dans le sud du pays. Le sergent-chef Florian Montorio, membre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), a perdu la vie dans cette embuscade. La responsabilité de l’attaque pointe vers le Hezbollah, qui dément toute implication.

Une cérémonie s’est tenue à l’aéroport de Beyrouth avant le rapatriement de la dépouille du sous-officier. La Finul indique que le militaire a reçu à titre posthume des « médailles de l’ONU et de l’armée libanaise en signe de reconnaissance de son dévouement en faveur de la paix dans le sud du Liban ».

Le président Emmanuel Macron a dénoncé une « attaque inacceptable ». L’Élysée précise qu’il entend « appeler les autorités libanaises à faire toute la lumière sur celle-ci, à identifier et poursuivre sans délai les responsables ». Le Premier ministre libanais Nawaf Salam est attendu à Paris mardi. Cette visite prend une dimension particulière après la mort du sergent-chef Montorio, tué la veille.

Source : Agence France-Presse

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