pixel

L’Iran et la répression des droits humains : 3 646 arrestations et des exécutions sous le cessez-le-feu

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

L’Iran et la répression des droits humains : malgré la trêve conclue avec Israël et les États-Unis, le régime de Téhéran n’a pas ralenti sa campagne contre les opposants. Depuis le déclenchement du conflit, l’ONG Iran Human Rights recense au moins 3 646 arrestations. Des défenseurs des libertés civiles pressent Washington de placer les droits humains au cœur de tout accord diplomatique avec la République islamique.

 – Le cessez-le-feu n’a pas interrompu les arrestations

La trêve entre l’Iran, Israël et les États-Unis est entrée en vigueur le 8 avril. Donald Trump l’a ensuite prolongée jusqu’à nouvel ordre. Ce calme militaire ne s’est pas traduit par un répit sur le front intérieur.

Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 767 personnes ont été arrêtées depuis le seul début du cessez-le-feu. Ce chiffre s’inscrit dans un total de 3 646 arrestations comptabilisées depuis le déclenchement du conflit. L’organisation alerte sur la persistance et l’ampleur de cette campagne répressive.

Les motifs retenus contre les détenus varient. Le régime poursuit certains pour espionnage. D’autres ont transmis des images ou des coordonnées de sites sensibles à des médias étrangers. D’autres encore ont été arrêtés pour possession de matériel internet Starlink, qu’Téhéran interdit sur son territoire.

L’accès à l’information subit une restriction massive et sans précédent. L’ONG NetBlocks, spécialisée dans la surveillance de la cybersécurité mondiale, a comptabilisé 53 jours de coupure totale d’internet à l’échelle du territoire iranien. Ce niveau de black-out n’avait jamais été observé pour un pays entier. La coupure prive les familles de contact avec les détenus et complique le travail de documentation des organisations internationales.

Depuis l’entrée en vigueur de la trêve, les autorités maintiennent une pression constante. Les chefs d’accusation concernent des actes présentés comme des atteintes à la sécurité nationale. Le rythme des interpellations ne faiblit pas.

 – Huit exécutions liées aux manifestations de janvier 2026

Mardi, les autorités iraniennes ont procédé à une nouvelle exécution. Les autorités ont mis à mort un huitième homme pour son implication dans les manifestations de janvier 2026. Plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que ces protestations ont coûté la vie à des milliers de personnes.

La victime s’appelait Amir Ali Mirjafari. Le site Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, lui reprochait d’avoir incendié la grande mosquée de Gholhak, un quartier de Téhéran. Il était en outre accusé d’avoir travaillé pour les services de renseignement israéliens.

Les exécutions dépassent le seul cadre des manifestations de janvier. Depuis mi-mars, les autorités ont pendu huit membres des Moudjahidine du peuple (MEK), organisation d’opposition interdite en Iran.

L’IHR avertit que ces mises à mort pourraient n’être qu’un début. Des centaines de manifestants font actuellement l’objet de poursuites passibles de la peine de mort. Les tribunaux ont déjà condamné à mort au moins 30 d’entre eux.

Gholamhossein Mohseni Ejeï, chef du pouvoir judiciaire iranien, a fixé un cadre intransigeant. Il a ordonné des procès expéditifs pour les personnes arrêtées lors du mouvement de contestation. Il a prévenu que les individus reconnus coupables de « coopération avec un agresseur hostile » seraient traités « sans indulgence ».

 – L’Iran et la répression des droits humains : des figures emblématiques derrière les barreaux

Parmi les dizaines de militants arrêtés depuis le début du conflit figure Nasrin Sotoudeh. Ancienne lauréate du prix Sakharov et avocate spécialisée dans les droits humains, les autorités la détiennent depuis le 2 avril. Les autorités n’ont pas révélé le lieu de sa détention.

Sa fille, Mehraveh Khandan, a publié samedi un message sur Instagram. Elle a indiqué avoir pu parler à sa mère au téléphone pour la première fois depuis l’arrestation. Ce contact téléphonique constitue le seul signe de vie connu de Nasrin Sotoudeh.

Le bilan de la répression contre les femmes est particulièrement sévère. L’IHR et l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ont publié la semaine dernière leurs données pour 2025. L’Iran a exécuté au moins 48 femmes au cours de cette année. Ce chiffre représente un record depuis plus de vingt ans.

 – Washington interpellé, Téhéran réfute

Mardi, Donald Trump a évoqué le sort de huit femmes menacées d’exécution en Iran. Des photographies de huit femmes non identifiées ont accompagné ses déclarations. Téhéran n’a pas tardé à réagir.

« Trump a une fois de plus été induit en erreur par de fausses informations », a répondu le site Mizan. L’organe judiciaire a précisé que certaines des femmes mentionnées avaient déjà été libérées. Les autres font l’objet de poursuites susceptibles d’entraîner « tout au plus une peine de prison ».

Des négociations devaient par ailleurs reprendre au Pakistan. Mardi soir, aucune des deux parties n’avait officiellement confirmé l’envoi d’une délégation.

 – L’Iran et la répression des droits humains : les ONG exigent un accord conditionné

Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’IHR, formule une exigence précise à l’attention des négociateurs. « La libération immédiate de tous les prisonniers politiques arrêtés avant ou après le déclenchement de la guerre doit être une condition centrale à tout accord avec la République islamique », déclare-t-il.

Roya Boroumand, cofondatrice du Centre Abdorrahman Boroumand, basé aux États-Unis, rappelle la brutalité du régime en janvier. « La République islamique a montré en janvier qu’elle n’avait aucun scrupule à tuer des manifestants à grande échelle », dénonce-t-elle.

Elle met en garde contre les effets du silence diplomatique. « Dans ce contexte, le silence, dans les négociations en cours, sur le sort des Iraniens ne peut que rassurer le régime sur le fait que le coût politique d’une nouvelle répression massive sera faible », regrette-t-elle.

Ces appels s’adressent directement aux acteurs des pourparlers en cours. Pour ces organisations, toute concession accordée sans contrepartie en matière de droits humains risque d’encourager de nouvelles exactions à grande échelle.

Source : Agence France-Presse

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Industrie américaine de défense : les commandes s’envolent au premier trimestre 2026

L'industrie américaine de défense enregistre un nouveau bond des...

Trump prolonge trêve iranienne et maintient la pression sur Téhéran

Trump prolonge la trêve iranienne sine die, cédant in...

En Iran le détroit d’Ormuz sous pression : Téhéran joue sa carte maîtresse face à Washington

En Iran le détroit d'Ormuz sous pression : Téhéran...

Pourparlers Cuba États-Unis Havane : Raul Castro au cœur des négociations

Les pourparlers Cuba États-Unis à Havane franchissent un cap...