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L’Iran menace les intérêts américains d’une lourde riposte après l’attaque de ses pétroliers

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L’Iran menace les intérêts américains d’une riposte armée directe dans la région. Les Gardiens de la Révolution ont averti samedi soir que toute nouvelle attaque contre des navires iraniens déclencherait des frappes contre les bases américaines. Cette escalade survient au lendemain de la destruction par l’aviation américaine de deux pétroliers iraniens dans le Golfe d’Oman, alors que les négociations entre Téhéran et Washington restent au point mort.

Les Gardiens de la Révolution mettent l’ennemi en joue

Les Gardiens de la Révolution ont publié samedi soir un avertissement sans ambiguïté. « Toute attaque contre des pétroliers et navires commerciaux iraniens entraînera une lourde riposte contre l’un des centres américains dans la région ainsi que contre les navires ennemis », ont-ils déclaré. L’armée idéologique de Téhéran n’a laissé aucune place à l’interprétation.

Le commandant de la marine des Gardiens a précisé l’état de préparation des forces en présence. Le général Majid Mousavi a affirmé que « des missiles et des drones sont braqués sur l’ennemi et nous attendons l’ordre de tir ». Ces propos ont été rapportés par l’agence de presse Isna et par la télévision nationale Irib. Ce ton offensif marque une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose Téhéran à Washington depuis le début du conflit.

Ces menaces surviennent un mois à peine après le cessez-le-feu conclu entre l’Iran et ses adversaires israélo-américains. Depuis le début du mois de mai, les accrochages navals se sont multipliés dans le Golfe. La trêve, fragile dès son annonce, semble aujourd’hui menacée par chaque nouvel incident militaire.

L’Iran menace les intérêts américains au lendemain des frappes du Golfe d’Oman

Ces menaces iraniennes font directement suite à des frappes américaines survenues vendredi. L’armée des États-Unis a annoncé avoir « neutralisé » par voie aérienne deux pétroliers iraniens dans le Golfe d’Oman. Ce plan d’eau constitue l’accès direct au détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques de la planète.

Washington a précisé que les deux navires ne transportaient pas de cargaison au moment des frappes. Les images diffusées par le commandement militaire américain pour la région — le Centcom — racontent pourtant une autre réalité. D’épaisses colonnes de fumée s’échappent des postes de pilotage des deux bâtiments touchés.

Téhéran a nié rester sans réaction. Une source militaire iranienne a indiqué que l’Iran avait répliqué aux frappes américaines. Sur le plan diplomatique, la République islamique a également saisi l’ONU, dénonçant une « violation flagrante » de la trêve en vigueur. Cette double réponse — sur le terrain et à l’international — illustre la stratégie de Téhéran face à la pression croissante de Washington.

Un double blocus qui étrangle l’économie mondiale

Le contexte de cet affrontement est celui d’un conflit aux répercussions économiques planétaires. L’armée américaine impose depuis le 13 avril un blocus des ports iraniens. En représailles, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz depuis le 28 février, date du lancement de l’offensive israélo-américaine.

Le détroit d’Ormuz est un verrou pour l’économie mondiale. En temps normal, un cinquième du pétrole consommé sur la planète y transite. Sa fermeture perturbe gravement les chaînes d’approvisionnement mondiales et alimente une hausse continue des prix de l’énergie.

Les marchés pétroliers enregistrent chaque semaine les effets de cette tension. Le baril de Brent de la mer du Nord a terminé la semaine à nouveau au-dessus de 100 dollars. Chaque accrochage entre Téhéran et Washington contribue à faire flamber les cours.

Une nappe de pétrole détectée près de Kharg

Des images satellites ont révélé la présence d’une nappe de pétrole d’une cinquantaine de kilomètres carrés dans le Golfe, au large de l’île iranienne de Kharg. Ce site concentre le principal terminal pétrolier d’Iran : en temps normal, 90 % du brut iranien y est traité avant exportation. L’Observatoire des conflits et de l’environnement, une ONG basée au Royaume-Uni, a indiqué que la nappe s’était toutefois « fortement réduite » samedi.

Le président de la commission parlementaire iranienne sur l’énergie a assuré de son côté qu’il n’existait « aucune information officielle sur des fuites de pétrole près de l’île de Kharg ». Face à l’escalade des tensions sur la navigation internationale, le Royaume-Uni a annoncé samedi qu’il allait « prépositionner au Moyen-Orient » un destroyer actuellement en Méditerranée. Ce déploiement anticipe le lancement d’une future mission internationale de sécurisation du transport dans le détroit d’Ormuz, codirigée avec la France.

La diplomatie sous tension : Araghchi met en cause Washington

La multiplication des incidents militaires contraste fortement avec l’enlisement des négociations. Washington attend toujours une réponse iranienne à ses dernières propositions de sortie de crise. Les accrochages sur le terrain semblent prendre le pas sur les échanges entre les deux capitales.

Donald Trump a pourtant affiché sa confiance. Le président américain a déclaré s’attendre à recevoir une réponse « très bientôt », selon des propos rapportés samedi par la chaîne de télévision LCI à l’issue d’un bref entretien. La veille, il avait déjà affirmé attendre « une lettre » de Téhéran en soirée. Ces deux annonces successives, restées sans suite visible, illustrent la profondeur du fossé diplomatique.

Téhéran a remis en question la sincérité des démarches américaines. « L’escalade récente des tensions par les forces américaines et leurs multiples violations du cessez-le-feu renforcent les soupçons sur la motivation et le sérieux de la partie américaine sur la voie de la diplomatie », a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi. Le conflit au Moyen-Orient a déjà causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

L’Iran menace les intérêts américains alors que le Liban compte ses morts

Sur l’autre front du conflit, la situation ne connaît aucun répit. Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs attaques mutuelles quotidiennes malgré un cessez-le-feu officiellement en vigueur depuis le 17 avril. Chaque camp accuse l’autre d’en être le premier à le violer.

Au moins huit personnes ont été tuées samedi dans des frappes israéliennes sur le sud du Liban, parmi lesquelles une fillette, selon les autorités libanaises. En réponse à cette « violation du cessez-le-feu », le Hezbollah a déclaré avoir ciblé l’armée israélienne dans le nord d’Israël avec un drone. Un réserviste a été grièvement blessé, selon Tel Aviv.

C’est le Hezbollah qui a engagé le Liban dans la guerre le 2 mars, en relançant ses attaques contre Israël pour soutenir l’Iran. Depuis cette date, les frappes israéliennes ont causé 2 750 morts sur le territoire libanais, selon le ministère de la Santé libanais.

Des pourparlers entre Israël et le Liban sont prévus à Washington les 14 et 15 mai. Ces deux pays restent techniquement en état de guerre depuis des décennies. Le Hezbollah s’oppose à ces discussions, compromettant toute perspective de désescalade régionale.

Source : Agence France-Presse

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