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Défilé de Moscous sous la trêve de Trump: la Russie commémore le 9 Mai 1945 sous couvert d’une trêve américaine

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Le défilé Moscou sous la trêve de Trump a reconfiguré les commémorations du 9 mai 1945 ce samedi. La Russie a célébré la victoire sur l’Allemagne nazie sur la place Rouge, portée in extremis par l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de trois jours annoncé la veille par Donald Trump. Volodymyr Zelensky a accepté la trêve et interdit à son armée d’attaquer la parade.

Défilé Moscou sous la trêve de Trump : une parade inédite, sans matériel militaire

Le défilé a débuté à 10 h 00 locales ce samedi 9 mai 2026, soit 07 h 00 GMT. La cérémonie s’est tenue dans une version délibérément allégée par rapport aux années précédentes. C’est la première fois en près de vingt ans qu’aucun matériel militaire ne figurait sur la place Rouge.

Les corps de cadets et les écoles militaires étaient également absents du cortège. La décision de réduire le format de la parade traduit les contraintes sécuritaires imposées par la situation en Ukraine. Vladimir Poutine a néanmoins tenu à maintenir la commémoration.

La sécurité était maximale dans l’ensemble du centre de Moscou. L’internet mobile ne fonctionnait pas dans la capitale. Les rues de la ville étaient presque toutes désertes, ont constaté des journalistes de l’AFP présents sur place.

Des coupures intermittentes d’internet avaient été ordonnées ces derniers jours par les autorités russes, par mesure de sécurité. La menace de drones ukrainiens pesait sur les commémorations depuis plusieurs semaines. Ces frappes avaient contraint Moscou à prendre des dispositions exceptionnelles pour protéger l’événement.

Le nombre de dignitaires étrangers en déplacement à Moscou était en net recul. Seuls les dirigeants du Bélarus, de la Malaisie et du Laos, ainsi que le Premier ministre slovaque Robert Fico, avaient effectué le voyage. Les chefs des deux républiques séparatistes géorgiennes soutenues par la Russie — non reconnues par l’ONU — étaient également présents, selon le Kremlin.

Trump annonce la trêve, Zelensky l’accepte dans la foulée

La veille, vendredi 8 mai, Donald Trump a pris tout le monde de court. Il a annoncé sur sa plateforme Truth Social un cessez-le-feu de trois jours entre la Russie et l’Ukraine, à compter du samedi 9 mai.

« Espérons que ce soit le début de la fin d’une guerre très longue, meurtrière et difficile », a écrit le président américain. Il a ajouté que la trêve s’accompagnerait d’un échange de 1 000 prisonniers de chaque pays.

La réaction de Zelensky a été immédiate. Le président ukrainien a accepté le cessez-le-feu et ordonné à son armée de ne pas attaquer le défilé prévu sur la place Rouge. Moscou a également confirmé son adhésion à la trêve et à l’échange de prisonniers annoncé par Washington.

L’annonce de Trump a rassuré le Kremlin à quelques heures de l’événement. Sans cette garantie, le défilé aurait pu être fortement perturbé. La perspective de nouvelles attaques de drones constituait une menace directe sur la cérémonie.

Zelensky a justifié sa décision avec une formule directe : « La place Rouge est moins importante pour nous que la vie des prisonniers ukrainiens qui peuvent être rapatriés. » Cette déclaration illustre la priorité humanitaire affichée par Kyiv dans ce contexte diplomatique tendu.

Deux trêves brisées en une semaine : un contexte de méfiance profonde

Cette trêve intervient après deux échecs consécutifs. L’Ukraine, puis la Russie, avaient chacune décrété un cessez-le-feu unilatéral dans la semaine. Aucun n’avait tenu.

Moscou avait annoncé une trêve couvrant les 8 et 9 mai pour les commémorations de la victoire. Malgré cette déclaration, les frappes avaient continué des deux côtés. Le ministère de la Défense russe a signalé 44 drones ukrainiens entre 20 h 00 et minuit vendredi soir.

L’armée de l’air ukrainienne a recensé de son côté un missile balistique et 43 drones russes, lancés entre 18 h 00 vendredi et 08 h 00 locales samedi. Les deux parties se sont mutuellement accusées d’avoir violé la trêve.

Vendredi matin, Zelensky avait accusé sur X Moscou de n’avoir même pas tenté de respecter le cessez-le-feu qu’elle avait elle-même proclamé. La Russie a répondu avoir riposté « de manière symétrique » aux « violations » commises par l’Ukraine.

Ces accusations croisées illustrent le niveau de méfiance entre les deux belligérants. Elles expliquent aussi pourquoi une trêve annoncée par Washington disposait de davantage de crédibilité que des annonces unilatérales successives.

Un défilé de Moscou sous la trêve de Trump dans un contexte de guerre totale

Les commémorations du 9 mai 1945 sur la place Rouge jouent un rôle central dans le récit politique du Kremlin. Vladimir Poutine mobilise chaque année la mémoire de la victoire soviétique pour rallier la population russe à la campagne militaire en Ukraine. Cette année, l’événement apparaissait particulièrement exposé.

L’Ukraine a renforcé ses capacités en matière de drones au cours des dernières semaines. Ses frappes ont atteint des cibles situées à des centaines de kilomètres de la frontière. Cette montée en puissance a contraint Moscou à durcir ses défenses et à revoir le format des célébrations.

La Russie avait explicitement averti qu’une frappe massive au cœur de Kiev serait lancée si l’Ukraine perturbait le défilé. Cette menace souligne la dimension politique extrême entourant un événement à la fois commémoratif et militaire.

L’offensive russe à grande échelle a été lancée en 2022. Elle entre dans sa cinquième année. Le conflit a fait des centaines de milliers de morts des deux côtés. Il constitue le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Négociations en cours : Trump voit la fin de la guerre « de plus en plus proche »

Donald Trump a assuré que l’issue de la guerre était « de plus en plus proche ». Cette déclaration accompagne l’annonce de la trêve. Elle intervient alors que les discussions entre négociateurs ukrainiens et américains ont repris cette semaine en Floride.

Ces pourparlers avaient été éclipsés depuis l’ouverture d’un nouveau front au Moyen-Orient. Leur reprise marque un retour du dossier ukrainien au premier plan de la diplomatie de Washington. Zelensky a dit espérer que des négociateurs américains se rendent en Ukraine dans les prochaines semaines.

L’échange de prisonniers annoncé — 1 000 détenus de chaque côté — représente une avancée humanitaire concrète. Il constitue aussi un signal politique fort dans un contexte de méfiance mutuelle. La Russie comme l’Ukraine ont accepté le principe de cet échange.

La trêve de trois jours reste néanmoins précaire. Les deux précédentes n’avaient tenu que quelques heures. La question de sa prolongation, et des conditions d’un cessez-le-feu plus durable, reste entière. Trump a démontré qu’une médiation américaine directe pouvait produire des résultats. Sa pérennité dépendra désormais des deux belligérants.

Source : Agence France-Presse

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