La société civile dénonce « la gabegie » et tance le régime en place qui n’a pas le sens des priorités. Ceci fait suite à la visite du pape chiffrée à coup de milliards Fcfa
Incroyable ! Le Cameroun a dépensé plus de 50 milliards Fcfa pour le séjour du pape, suscitant une vive controverse nationale actuellement interne. Une dépense qui choque une population vivant dans la précarité et relance le débat sur les priorités budgétaires de l’État. Au sein de la société civile, la colère gronde.
« La visite du pape Léon XIV au Cameroun nous a été présentée comme un moment historique et spirituel. Pour un pays confronté à des urgences multiples, le coût de l’événement a été trop exorbitant. C’est d’ailleurs pour cela que cela a relancé le débat sur les priorités de l’État », déclare Bertrand Njallo.
Ce membre de la société civile poursuit : « Quatre jours de ferveur, de communion et de symboles… mais une facture qui laisse sans voix : environ 50 milliards de francs CFA mobilisés pour la visite de Pape Léon XIV au Cameroun. Un investissement massif, dans un contexte où chaque franc public est scruté, tant les besoins sont immenses ».
Au-delà des célébrations….
« Au-delà des célébrations, la réalité quotidienne des Camerounais est marquée par l’urgence. Dans plusieurs régions, les routes restent impraticables, ralentissant les échanges et isolant des populations entières. Les hôpitaux, eux, peinent encore à répondre aux besoins les plus élémentaires, faute d’équipements et de moyens. Dans les écoles, le manque d’infrastructures et d’enseignants continue d’impacter la qualité de l’éducation.
Et surtout, les besoins de première nécessité demeurent un défi majeur. L’accès à l’eau potable reste inégal, tandis que les délestages rythment encore le quotidien des ménages et des entreprises. Dans ce contexte, la question de l’allocation des ressources publiques devient centrale », estime-t-il. Et de se demander s’il fallait dépenser autant pour une visite, aussi prestigieuse soit-elle.
Promouvoir la gouvernance
Pour un autre membre de la société civile, « certes, l’impact spirituel est indéniable. Messages de paix, appels à la justice, mobilisation des fidèles… La venue du souverain pontife aura marqué les esprits. Mais cet héritage immatériel peut-il justifier, à lui seul, un tel niveau de dépense publique ?
D’autant que l’organisation de l’événement traîne déjà son lot de controverses. Marchés publics jugés opaques, soupçons de mauvaise gestion, délégations étrangères dont la présence interroge… autant de zones d’ombre qui viennent ternir l’image d’un événement pourtant placé sous le signe de la transparence et de la foi ».
Un paradoxe, surtout au regard du message porté par Pape Léon XIV lui-même, appelant à lutter contre la corruption et à promouvoir une gouvernance plus éthique.
















