Une délégation de haut niveau de la Banque mondiale séjourne au Cameroun depuis quelques jours. C’est pour voir les réformes territoriales.
Conduite par Ashley Taylor, expert en politique budgétaire et croissance économique. Cette délégation a été reçue en audience, le mardi 3 mars 2026. Par le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam.
Rencontre stratégique
A en croire le gouvernement, cette rencontre stratégique marque une étape décisive dans la consolidation du partenariat. Entre l’institution de Bretton Woods et le MINDDEVEL. A cet effet, un accent particulier a été mis sur l’accompagnement technique. Et financier nécessaire à l’opérationnalisation des réformes territoriales au Cameroun.
Pendant la rencontre, les échanges ont longuement porté sur la finalisation des projets de décrets. Et l’évaluation des réformes engagées visant à apporter des solutions structurelles à la problématique du transfert des ressources. Vers les collectivités territoriales décentralisées.
Au finish, il ressort qu’en réaffirmant leur synergie d’action, les deux parties se sont engagées. A transformer les politiques de décentralisation en leviers de croissance locale. Garantissant ainsi une amélioration concrète et durable des conditions de vie des populations à la base. Ce, grâce à une gestion budgétaire plus efficace et de proximité.
Des progrès inégaux
Cette rencontre intervient dans un contexte où la décentralisation camerounaise enregistre quelques avancées. Selon certains observateurs, celles-ci se situeraient entre 2018 et 2025. Aussi note-t-on, la mise sur pied progressive de réformes institutionnelles visant à rapprocher l’administration des citoyens. Tout en faisant face aux crises sécuritaires des régions anglophones. Et de l’Extrême-Nord, ainsi qu’à des contraintes budgétaires.
Des évolutions qui s’inscrivent dans la loi n° 2019/024 du 24 décembre 2019. Portant Code général des collectivités territoriales décentralisées. Laquelle actualise le processus lancé en 1996 par la Constitution.
Selon des experts de la décentralisation, ces progrès, bien qu’ils soient réels sont inégaux. Et selon les évaluations internationales, l’autonomie des collectivités reste contrainte par la tutelle préfectorale et des capacités encore fragiles.
Transferts financiers tardifs
Au tableau des compétences transférées figurent bien des domaines parmi lesquels l’état civil, l’urbanisme. La gestion des équipements marchands et de l’assainissement. Toutefois il convient de le relever pour le déplorer. Que seule la moitié environ des 360 communes exerçait réellement ces responsabilités en 2024.
« Les délais dans la publication des textes d’application et les transferts financiers tardifs expliquent cet écart. À titre d’exemple, la tenue des registres d’état civil s’est améliorée dans les chefs-lieux de département ».
« Réduisant les délais de délivrance des actes. Mais reste problématique dans les zones rurales. Et les régions en crise. Les microprojets de proximité financés localement se multiplient. Mais leur pérennité dépend encore largement de l’appui extérieur », constate le site d’information Investir au Cameroun.
















