Le cessez-le-feu au Liban de dix jours est entré en vigueur vendredi à minuit, heure locale. Donald Trump a annoncé l’accord et projette une rencontre inédite à la Maison Blanche entre les dirigeants des deux pays. Après six semaines de conflit, la trêve s’installe dans un contexte de méfiance persistante.
– Le cessez-le-feu au Liban de dix jours entre en vigueur à minuit
La trêve a pris effet à 00h00, heure locale, simultanément au Liban et en Israël, soit 21h00 GMT jeudi soir. Les combats ont officiellement cessé après un mois et demi d’affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Donald Trump avait annoncé l’accord quelques heures plus tôt depuis Washington.
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a posé les termes de la trêve. « Ces deux dirigeants se sont accordés sur le fait que, pour parvenir à la PAIX entre leurs deux pays, ils commenceront formellement un cessez-le-feu de dix jours à partir de 17H00 », a-t-il écrit. L’heure de référence était celle de Washington, correspondant à 21h00 GMT et à minuit local.
Le cessez-le-feu Liban dix jours ne constitue pas la seule ambition de Trump dans ce dossier. Il a dit s’efforcer d’organiser la toute première rencontre entre les deux dirigeants à la Maison Blanche. Cette réunion réunirait le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
« Les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement », a-t-il ajouté.
– Le Hezbollah accepte la trêve sous conditions
Devant la presse, Trump a précisé que la trêve comprenait le Hezbollah. Il s’est dit « confiant » dans le fait que le mouvement pro-iranien respecterait l’accord. Depuis le territoire libanais, le Hezbollah a conduit l’essentiel des opérations armées contre Israël.
Ibrahim Moussaoui, député du Hezbollah, a confirmé à l’AFP que le mouvement observerait la trêve. Il a formulé une condition explicite : « qu’il s’agisse d’un arrêt global des hostilités contre nous et qu’Israël ne l’exploite pas pour mener des assassinats ». Cette réserve traduit une méfiance persistante envers l’application israélienne de l’accord.
Le Hezbollah entend éviter que l’histoire se répète. La trêve de novembre 2024 avait déjà montré les limites de ces accords. Après sa signature, Israël avait continué à frapper des membres et des infrastructures du mouvement.
– Des combats jusqu’aux dernières heures avant la trêve
Les armes ne se sont pas tues immédiatement après l’annonce américaine. Le ministère libanais de la Santé a signalé sept morts et 33 blessés dans une frappe israélienne sur le sud du pays. Ces victimes sont tombées dans les heures précédant l’entrée en vigueur officielle de la trêve.
Le Hezbollah a, de son côté, revendiqué plusieurs attaques contre des positions militaires dans le nord d’Israël. Un porte-parole d’un centre médical israélien a fait état de trois blessés, dont deux graves. L’armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah en réponse.
– Un conflit déclenché début mars dans un Moyen-Orient en guerre
Le Liban a été entraîné dans la guerre au début du mois de mars. Le Hezbollah avait alors visé Israël pour soutenir l’Iran, confronté à une vaste offensive israélo-américaine. Israël avait répondu par des opérations militaires en territoire libanais.
Malgré une trêve de deux semaines conclue séparément avec la République islamique d’Iran, Israël avait poursuivi ses frappes au Liban. Tel Aviv affirmait cibler le Hezbollah, financé et armé par Téhéran. Les bombardements ont provoqué un bilan humain et humanitaire lourd.
Plus de 2 000 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes, selon les autorités libanaises. Selon l’ONU, environ un million de personnes ont fui leurs foyers, soit un cinquième de la population du pays. Un précédent cessez-le-feu avait déjà mis fin à une guerre entre les deux parties en novembre 2024.
– Réactions contrastées : soulagement en politique, scepticisme dans la rue
Le cessez-le-feu Liban dix jours a suscité des soutiens sur la scène internationale. Le Premier ministre libanais a salué l’accord, suivi par la présidence libanaise. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également accueilli positivement la nouvelle.
Benjamin Netanyahu a évoqué une occasion de « paix historique » avec Beyrouth. Il a maintenu son exigence de désarmement du Hezbollah comme préalable à toute paix durable. Cette condition demeure une ligne de fracture entre les deux parties.
À Beyrouth, les habitants ont réagi avec un mélange de soulagement et de scepticisme. « Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix », a confié à l’AFP Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans. L’avocat Tarek Bou Khalil a exprimé une défiance plus marquée : « Il est bien connu que l’on ne peut pas prendre Trump au mot, et que Netanyahu n’est pas digne de confiance. »
Bou Khalil a toutefois fourni une lecture pragmatique de la situation. « Nous savons que les pressions liées à la guerre avec l’Iran, ainsi que les erreurs de Netanyahu et de l’armée israélienne dans le sud du Liban, les ont contraints à accepter un cessez-le-feu », a-t-il déclaré à l’AFP.
– Un cessez-le-feu au Liban de dix jours aux prolongements encore ouverts
Trump a affiché l’ambition d’organiser une rencontre historique à la Maison Blanche entre Joseph Aoun et Benjamin Netanyahu. Aucune date n’a encore été communiquée. Son organisation reste conditionnée à l’évolution d’un contexte régional encore instable.
Des négociations distinctes se poursuivent sous l’égide du Pakistan pour relancer le dialogue américano-iranien. La première session, tenue à Islamabad le week-end précédent, s’est soldée par un échec. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a confirmé qu’aucune date n’était fixée pour un nouveau round.
En vigueur depuis le 8 avril, le cessez-le-feu entre Israël et l’Iran demeure pendant ce temps en place. Le monde espère au minimum une prolongation de cette trêve avec la République islamique. Donald Trump a affirmé jeudi que l’Iran avait accepté de céder son uranium enrichi. Cette concession constitue l’une de ses exigences centrales pour un accord global avec Téhéran. La résolution définitive du conflit reste néanmoins lointaine, tandis que la guerre continue de peser sur l’économie mondiale.
Source : Agence France-Presse
















