A Mfolap, dans l’arrondissement de Njimom, département du Noun, deux frères ont assassiné leur mère. Derrière ce crime insoutenable, l’ombre d’une église de réveil et une manipulation spirituelle.
Le village de Mfolap dans le Noun, région de l’Ouest, est en deuil. Une femme y a été sauvagement battue, puis étranglée jusqu’à la mort. Ses bourreaux ne sont autres que ses propres fils. D’après certaines sources il s’agit de Philippe et Martin. Ces derniers ont été interpellés par les éléments de la gendarmerie, et ont reconnu les faits. Mais chacun accuse l’autre. L’un désigne son frère comme l’auteur du coup fatal. L’autre soutient que tout a été planifié par son aîné. Toutefois, une chose est certaine, leur mère est morte de leurs mains.
Ce qui stupéfie davantage, c’est le mobile avancé. Les deux jeunes hommes auraient récemment rejoint une église dite « de réveil » installée dans le village Mfolap. Là, ils auraient été convaincus d’une idée monstrueuse où leur mère serait la source de tous leurs malheurs. Difficultés financières, échecs personnels, tout aurait été imputé à celle qui les a mis au monde. Une manipulation spirituelle qui a finalement conduit aux conséquences irréversibles. Une enquête judiciaire est ouverte pour établir toutes les responsabilités.
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Recrudescence inquiétante
Cette matricide au village Mfolap n’est malheureusement pas un cas isolé. Depuis quelques mois, le Cameroun assiste à une recrudescence inquiétante des cas de matricides et féminicides. En effet, en mars dernier, à Pouma dans la région du Littoral, deux autres frères étaient mis en cause dans la mort de leur mère, portée disparue depuis deux ans. En décembre 2025, à Ngaoundéré, c’est Abdou, 27 ans, qui avait poignardé sa mère. Sous l’emprise de la cocaïne, il l’avait surprise alors qu’il pillait le domicile familial. Il l’avait tuée pour ne pas être dénoncé.
Trois affaires en l’espace de quelques mois d’intervalle seulement. Le phénomène interpelle fortement. Entre dérives sectaires, dépendances aux stupéfiants et effritement des repères moraux, le lien filial le plus sacré se fracture de plus en plus.
















