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Est du Cameroun : Une crise sanitaire sous les cendres

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La région de l’Est du Cameroun est confrontée à deux phénomènes qui font craindre une crise sanitaire durable. Il s’agit notamment des frontières poreuses, et de la santé fragile des populations.

En effet, à l’Est du Cameroun, la mobilité permanente des populations constatée s’impose comme un défi sanitaire majeur. Selon les observateurs, elle est la conséquence de la porosité de la frontière avec la République centrafricaine (Rca).

La faiblesse des infrastructures médicales

Dans l’analyse de la situation faite sur le terrain, l’on va noter comme premier problème, l’enclavement des localités. Et ensuite la faiblesse des infrastructures médicales avec en fond de toile, l’intensité des flux humains. Cet ensemble de choses fait dire que : « la région cumule plusieurs facteurs de risque », dit Valentin Seme Poupa.

Une analyse qui rejoint effectivement le constat dressé par l’Organisation internationale pour les migrations. Les informations y relatives sont contenues dans son rapport de cartographie de mobilité des populations. Et des risques de santé publique qui ont été publiés en novembre 2025.

Alors, ledit document est formel. « Les dynamiques de déplacement compliquent la prévention, la surveillance épidémiologique et la riposte sanitaire ». Et pour bien le démontrer, il faut s’appuyer sur les données de suivi des flux collectées par l’OIM en 2023.

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Des corridors informels

En principe, plus de 86 000 mouvements de personnes ont été enregistrés en trois mois, aux points de passage de Garoua-Boulaï. De Tocktoyo à Ketté et Kentzou à Ndélélé. Et parmi ces voyageurs, 17 % se déplaçaient avec au moins un enfant.

En fait, dans la classification des catégories des migrants, c’est des commerçants, des réfugiés, des transporteurs, des chercheurs d’or. Ou par moments de simples voyageurs. Ces derniers traversent chaque jour la frontière entre le Cameroun et la Rca par des corridors informels.

Alors si cela contribue au développement des échanges commerciaux, économiques et/ou sociaux, le suivi sanitaire demeure compliqué. « Les gens qui entrent et sortent peuvent avoir des maladies ou, si vous voulez, des pathologies graves. Encore que plus de la moitié de ces points de passage ne dispose d’aucun service de santé. Vous pouvez donc comprendre la gravité de la situation », explique Benoit Ndongo, géographe.

Une crise sanitaire durable 

Pour lui encore, « dans cette région marquée, une maladie infectieuse peut vite se propager avant même d’être identifiée. Je vois des localités comme Garoua-Boulaï. Comme  Ketté ou Gari-Gombo qui sont les sites les plus exposés. Les autorités parlent de la variole du singe qui est très contagieuse. Comment allons-nous faire donc ? », s’interroge-t-il.

Ainsi donc, face à cette fragilité qualifiée de silencieuse, l’OIM recommande de renforcer la surveillance sanitaire aux frontières. D’améliorer la coordination entre acteurs de santé et humanitaires. Et d’adapter les politiques publiques aux réalités des populations mobiles. « Sans investissements rapides dans les infrastructures sanitaires et les mécanismes de prévention. La région pourrait être exposée à une crise sanitaire durable », prévient l’organisme.

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