À l’occasion de la rentrée scolaire. Les régions anglophones du Cameroun ont été le théâtre de multiples violences visant les établissements d’enseignement. Une dégradation de la situation sécuritaire documentée. et vivement dénoncée par l’ONG locale Conscience africaine dans un rapport rendu public mardi 13 octobre 2026.
Les deux régions anglophones de l’ouest du Cameroun. Pays d’Afrique centrale majoritairement francophone. Sont en proie à un conflit meurtrier entre forces gouvernementales et groupes indépendantistes . Depuis près d’une décennie.
Dans son rapport, Conscience africaine fait état de 25 cas de violations des droits humains. Survenus entre le 29 août et le 30 septembre dans ces deux régions. Autour de la rentrée scolaire qui a eu lieu le 7 septembre.
Il s’agit, selon l’ONG de défense des droits humains, de cas de « meurtres, de torture, d’enlèvements de personnes, d’extorsions [de fonds et de biens], d’attaques contre des civils, de menaces contre le personnel éducatif ».
Enlèvements et attaques ciblant les écoles
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L’ONG rapporte notamment le kidnapping de plusieurs enseignants à Wum, une tentative d’assassinat visant un responsable d’établissement à Bamenda, ainsi que l’enlèvement d’un enseignant recruté à Oku, trois localités situées dans la région du Nord-Ouest, épicentre des violences.
Conscience africaine mentionne également « les tentatives de séparatistes armés d’imposer un confinement de deux semaines » pour « perturber la rentrée scolaire ».
D’autres « exactions présumées » seraient « imputables aux forces de défense et de sécurité », peuvent-on lire dans le rapport.
« Les violations constatées continuent de mettre en danger la vie de civils, empêchent l’éducation, restreindre la liberté de se mouvoir des personnes et compromettent la survie quotidienne » des habitants de ces régions, a déclaré Amadu Tarnteh, secrétaire exécutif de l’ONG.
Dix ans de conflit et un lourd bilan humain
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Fin 2016, des manifestations avaient été violemment réprimées par le gouvernement dans les régions anglophones. Des enseignants et des avocats dénonçaient la mainmise croissante du pouvoir, majoritairement francophone, sur les systèmes éducatifs et juridiques des deux régions anglophones, où vit environ 20 % de la population camerounaise.
À la suite de cette répression est né en 2017 un conflit opposant des indépendantistes au gouvernement de Yaoundé. Pris en étau, les civils sont devenus la cible d’extorsions, de violences, d’enlèvements contre rançon et d’assassinats.
Au moins 6.000 d’entre eux sont morts depuis 2016, selon l’ONU.











