Une pénurie d’eau potable dans la ville de Douala perturbe le quotidien de nombreux habitants, contraints de recourir à des forages ou à des sources alternatives parfois peu sûres. Selon la Camwater, cette situation est due à une interruption du système de production d’eau potable, consécutive à des travaux menés par la Sonatrel.
Dans la ville de Douala, ouvrir un robinet ne garantit plus l’accès à l’eau. Depuis plusieurs jours, dans de nombreux quartiers, les populations vivent au rythme des pénuries, contraintes de s’adapter à une situation devenue presque familière.
Dans certains foyers, les réserves s’épuisent rapidement. Les récipients vides s’alignent dans les cours, tandis que les habitants parcourent parfois de longues distances à la recherche du précieux liquide.
« On se lève très tôt pour aller puiser de l’eau à un forage loin d’ici, afin d’être parmi les premiers, car il y a souvent beaucoup de monde« , confie Audrey. Elle ajoute à propos de la qualité de l’eau : « Très souvent, cette eau contient des débris ou des particules. Et il est difficile de la boire. »
Selon le Dr Thierry Messomo, médecin épidémiologiste, « une eau contaminée expose à plusieurs dangers, notamment des risques microbiens. Elle peut contenir des bactéries susceptibles de provoquer des diarrhées, des vomissements ou des infections digestives. À long terme, les débris ou métaux lourds présents dans l’eau peuvent perturber l’organisme, affecter l’absorption des nutriments et entraîner des carences. Par conséquent, plusieurs organes peuvent être touchés, notamment les reins et le système digestif. Dans les cas graves, la déshydratation peut même impacter le système cardiovasculaire. »
L’arrêt de la production à l’usine de Yato
À l’origine de cette situation de pénurie d’eau potable, une perturbation du système d’approvisionnement. Dans un communiqué publié le 13 avril 2026, la Camwater annonce l’arrêt de la production à l’usine de Yato. Cette situation est due à des travaux majeurs sur le réseau électrique, menés par la Sonatrel. L’usine de production d’eau potable de Yato est ainsi à l’arrêt depuis le samedi 11 avril 2026.
Parmi les zones concernées figurent notamment « Bonabéri, Bépanda, Deido, Cité SIC, New Bell, Bonaloka, Ndogpassi, ainsi que Bali, Youpwé, Bonapriso et Mboppi« .
Par ailleurs, la Camwater précise que le rétablissement de la production et de la distribution d’eau se fera progressivement, dès la fin des travaux et la remise sous tension des installations. En attendant, des camions-citernes sont déployés pour assurer un ravitaillement d’urgence dans les zones les plus touchées.
















