Le conflit ne montre aucun signe d’apaisement. En ce neuvième jour de guerre au Moyen-Orient, les développements s’enchaînent à un rythme effréné. Un septième soldat américain a perdu la vie. L’Iran tire des missiles sur Israël et menace les infrastructures pétrolières régionales. Donald Trump, lui, avertit le futur guide suprême iranien. Tour d’horizon des derniers événements de cette journée du dimanche 8 mars 2026.
Guerre au Moyen-Orient jour 9 : un septième soldat américain tué
L’armée américaine a annoncé dimanche la mort d’un septième militaire. Ce soldat a succombé à ses blessures. Il avait été touché lors d’une attaque iranienne contre des troupes américaines stationnées en Arabie saoudite, le 1er mars.
Ce décès alourdit encore le bilan humain du côté américain, alors que Washington est directement engagé aux côtés d’Israël dans ce conflit.
Des experts ukrainiens en drones bientôt déployés
Dans ce contexte militaire tendu, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait une annonce inattendue. Des experts ukrainiens spécialisés dans les drones seront présents au Moyen-Orient dès la semaine prochaine.
Kiev espère ainsi monnayer son savoir-faire face aux drones iraniens. En échange, l’Ukraine souhaite obtenir des missiles indispensables à sa défense antiaérienne contre les attaques russes. Une coopération inédite qui illustre l’imbrication croissante des conflits à l’échelle mondiale.
Trump menace le successeur de Khamenei avant son investiture
Donald Trump a haussé le ton, dimanche, avant même que l’Iran n’annonce officiellement le nom de son nouveau guide suprême. Le président américain a prévenu que ce dernier ne tiendrait « pas longtemps » sans l’aval de Washington.
Cette déclaration fait suite à une mise en garde lancée jeudi, dans laquelle Trump avait déjà refusé par avance de reconnaître Mojtaba Khamenei, fils de l’ayatollah défunt, comme successeur légitime.
De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a répondu avec fermeté. Le choix du guide suprême appartient uniquement au « peuple iranien », a-t-il affirmé. Aucune puissance étrangère n’a son mot à dire dans ce processus, a-t-il insisté.
L’Assemblée des experts a bien tenu son vote, mais l’identité du nouveau dirigeant n’avait toujours pas été rendue publique en fin de journée.
L’Iran revendique six mois de capacité de guerre
Loin de plier sous la pression, l’Iran affiche sa résistance. Le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Ali Mohammad Naini, a déclaré que les forces armées iraniennes sont en mesure de soutenir « au moins six mois de guerre intense au rythme actuel ».
Selon lui, les Gardiens ont déjà frappé plus de 200 cibles américaines et israéliennes depuis le début du conflit, le 28 février.
Missiles iraniens sur Tel-Aviv, le Néguev et des bases américaines
La journée a été marquée par une nouvelle salve de tirs iraniens. En début d’après-midi, des explosions ont retenti à Tel-Aviv. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des tirs de missiles « nouvelle génération » en direction de Tel-Aviv et de Beersheva, dans le sud d’Israël.
Ils ont également visé la base aérienne de Al-Azraq, en Jordanie. L’armée israélienne a confirmé avoir détecté ces missiles et activé ses systèmes de défense antiaérienne.
Dimanche soir, les Gardiens ont annoncé avoir tiré de nouveaux missiles vers Tel-Aviv, le désert du Néguev, ainsi que vers des bases aériennes américaines dans la région.
Le QG aérospatial des Gardiens frappé à Téhéran
En représailles, l’armée israélienne a frappé un site stratégique majeur à Téhéran. Elle a ciblé le quartier général de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution. Ce bâtiment abritait notamment le centre de contrôle du satellite Khayyam, lancé en août 2022.
Les Gardiens utilisaient ce satellite pour surveiller Israël et les pays de la région, ainsi que pour coordonner leurs opérations. Des journalistes de l’AFP ont entendu plusieurs explosions dans différents quartiers de la capitale iranienne.
L’Iran menace un pétrole à plus de 200 dollars
Les infrastructures pétrolières iraniennes sont désormais dans le viseur des frappes américano-israéliennes. Dans la nuit de samedi à dimanche, quatre dépôts pétroliers et un site logistique ont été détruits à Téhéran et dans ses environs.
Ces frappes constituent la première attaque rapportée contre les installations énergétiques de la République islamique depuis le début du conflit. Elles ont causé la mort de quatre personnes, selon un responsable de la compagnie nationale de distribution Keramat Veyskarami.
En réponse, l’armée iranienne a lancé un avertissement économique sans précédent. Si les frappes sur ses infrastructures énergétiques se poursuivent, elle ciblera les sites pétroliers de toute la région. « Si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez ce jeu », a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution.
Le G7 Finances convoqué en urgence lundi
Face à la menace qui pèse sur les approvisionnements énergétiques mondiaux, la France a convoqué une réunion d’urgence du G7 Finances pour lundi à 12h30 GMT. Cette visioconférence réunira les ministres des Finances et les banquiers centraux des sept grandes puissances.
L’objectif : faire le point sur la situation dans le Golfe. Le détroit d’Ormuz, bloqué par les tensions entre l’Iran et les Émirats arabes unis, est au cœur des inquiétudes. Quelque 20 % de la production mondiale de pétrole et près de 20 % du gaz naturel liquéfié y transitent normalement.
Liban : plus d’un demi-million de déplacés
Le Liban paye un lourd tribut dans cette guerre au Moyen-Orient. Jour 9 oblige, les bilans s’alourdissent. Les frappes israéliennes ont provoqué le déplacement de plus de 517 000 personnes depuis le début du conflit, lundi dernier.
Parmi elles, plus de 117 000 ont trouvé refuge dans des centres d’accueil, a précisé la ministre libanaise des Affaires sociales, Haneen Sayed, lors d’une conférence de presse. Les raids israéliens ont également visé le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Heloué, dans le sud du pays. Au total, les frappes israéliennes au Liban ont tué près de 400 personnes.
Cinq Gardiens tués dans la frappe sur un hôtel de Beyrouth
Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée israélienne a mené une frappe de précision sur un hôtel en plein cœur de Beyrouth. Elle a revendiqué la mort de cinq membres des Gardiens de la Révolution iraniens.
Parmi les victimes figurent trois commandants de la force Qods, la branche chargée des opérations extérieures des Gardiens. Par ailleurs, l’armée israélienne a annoncé la mort de deux de ses propres soldats dans le sud du Liban.
Le pape appelle au dialogue, le monde retient son souffle
Dans ce contexte d’escalade généralisée, le pape Léon XIV a pris la parole. Il a prié pour que « le fracas des bombes cesse » au Moyen-Orient. Il a également appelé au « dialogue », alertant sur la « crainte que le conflit ne s’étende ». Une voix solitaire dans un concert de menaces et de représailles.
Une guerre qui embrase toute la région
Au terme du neuvième jour de cette guerre au Moyen-Orient, aucune issue diplomatique ne se profile. L’Iran tient bon, tire des missiles et menace l’économie mondiale avec un pétrole à 200 dollars. Israël frappe des cibles stratégiques à Téhéran et à Beyrouth.
Trump hausse le ton face au futur guide suprême. Et pendant ce temps, civils libanais, Iraniens et soldats américains continuent de payer le prix de cette escalade. La réunion d’urgence du G7 Finances, lundi, sera le premier test de la réponse internationale à cette crise.
















