Guerre au Moyen-Orient J14 : le quatorzième jour du conflit s’ouvre sur une accumulation de signaux alarmants. Trump menace de détruire les infrastructures pétrolières iraniennes. Doha ordonne l’évacuation de ses quartiers centraux. Douze soignants meurent dans une frappe israélienne au Liban. Et le Brent dépasse les 103 dollars le baril. Tour d’horizon des derniers développements.
Trump menace l’île de Kharg et ses infrastructures pétrolières
Donald Trump sort l’artillerie lourde. Sur Truth Social, il annonce que les États-Unis ont déjà « totalement détruit » les cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg — site du plus grand terminal d’exportation de pétrole brut de l’Iran — lors de « l’un des raids aériens les plus puissants de l’histoire au Moyen-Orient ».
Mais Trump ne s’arrête pas là. Il lance un avertissement direct à Téhéran : « J’ai choisi de ne pas détruire les infrastructures pétrolières de l’île. Cependant, si l’Iran, ou quiconque d’autre, venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d’Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision. »
Un ultimatum formulé au conditionnel, mais dont le sens est clair. Kharg reste dans le viseur. Et Ormuz reste la ligne rouge.
Sur ce front, Trump annonce par ailleurs que la marine américaine va commencer « très bientôt » à escorter des pétroliers dans le détroit d’Ormuz — passage stratégique par lequel transitent 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures, actuellement bloqué par l’Iran. Une mesure concrète, attendue depuis plusieurs jours par les opérateurs maritimes.
Guerre au Moyen-Orient J14 : Doha évacuée, explosions à Bagdad et Téhéran
Le Qatar passe à l’action. Le ministère de l’Intérieur ordonne « l’évacuation de plusieurs zones clés par précaution, dans le cadre des efforts visant à garantir la sécurité publique jusqu’à la disparition du danger ». Les habitants du quartier central de Musheireb, dans la capitale Doha, reçoivent des alertes sur leur téléphone leur ordonnant de « quitter immédiatement la zone pour se rendre temporairement dans le lieu sûr le plus proche ».
Des explosions retentissent peu après dans la capitale qatarie. L’Iran poursuit ses représailles aériennes contre les pays du Golfe accusés d’abriter des forces américaines.
À Bagdad, des journalistes de l’AFP entendent de fortes explosions tôt le matin, avant l’aube. Des témoins signalent de la fumée blanche s’élevant d’un quartier du centre de la capitale irakienne. L’origine des explosions reste floue dans l’immédiat.
À Téhéran, la soirée est également marquée par de fortes détonations, selon un journaliste de l’AFP sur place. Paradoxe saisissant : dans la journée, de hauts dirigeants iraniens ont défié les États-Unis et Israël en participant à une manifestation en pleine rue dans le centre de la capitale — pendant que les alentours étaient bombardés.
Douze soignants tués au Liban, la Finul de nouveau visée
Le Liban encaisse. Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du pays tue au moins 12 membres du personnel médical, annonce samedi le ministère libanais de la Santé. L’attaque est qualifiée de « deuxième contre le secteur de la santé en quelques heures » — une frappe précédente sur Sawaneh avait tué deux ambulanciers affiliés au Hezbollah et à son allié Amal.
Frapper des soignants. Deux fois en quelques heures. La communauté internationale observe sans réagir.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) est également touchée. Selon l’Agence nationale d’information libanaise, des obus israéliens tombent à l’intérieur du quartier général du bataillon népalais des forces de la Finul, dans la ville de Mays al-Jabal. Ni la Finul ni l’armée israélienne ne confirment l’information dans l’immédiat.
La Finul est présente au Sud-Liban depuis 1978. Ses positions ont déjà été frappées plusieurs fois depuis le début du conflit. Chaque incident déclenche des condamnations internationales. Aucune ne change la trajectoire de la guerre.
Le Hezbollah se prépare à une « longue confrontation »
Naïm Qassem prend la parole. Le chef du Hezbollah ne parle pas de cessez-le-feu. Il ne parle pas de négociations. Il parle d’endurance. « Nous sommes prêts à une longue confrontation dans la bataille existentielle avec Israël », avertit-il. « Nous ne donnerons pas à l’ennemi les moyens de réaliser son objectif de nous éradiquer. »
Des mots qui font écho à la rhétorique iranienne. Téhéran refuse de capituler. Le Hezbollah refuse d’être éradiqué. Face à eux, Israël promet de continuer « de toute sa force » et Netanyahu répète son plan « méthodique » pour renverser le régime.
Entre ces deux volontés qui s’affrontent, le Liban compte ses morts — dont 12 soignants tués en une seule journée.
Guerre au Moyen-Orient J14 : Marines déployés, Brent à 103 dollars
Sur le front militaire américain, le renfort s’organise. Des médias américains rapportent vendredi que l’armée déploie des troupes du Corps des Marines et des navires supplémentaires au Moyen-Orient. Le New York Times chiffre l’envoi à quelque 2.500 Marines et trois navires supplémentaires. Le Wall Street Journal cite des responsables américains confirmant que le navire d’assaut USS Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la région.
Deux semaines après le début du conflit, les États-Unis renforcent leur présence militaire. Le signal est clair : Washington s’installe dans la durée.
Sur les marchés, la guerre au Moyen-Orient J14 continue de produire ses effets. Le prix du baril de Brent — référence internationale du pétrole — a bondi de plus de 42 % depuis le début du conflit, passant de 72,48 dollars le 27 février à 103,14 dollars à la clôture de vendredi. Un seuil symbolique franchi. Le dollar poursuit sa hausse, porté par l’envolée des cours du brut. Les Bourses mondiales terminent dans le rouge.
L’économie mondiale absorbe le choc d’une guerre qui ne montre aucun signe de ralentissement. Et pendant que les marchés recalculent leurs projections, les bombes continuent de tomber sur Téhéran, Beyrouth et Doha.
Source : AFP – 14 mars 2026
















