Le gouvernement ivoirien a réduit de près de 60 % le prix payé aux producteurs. Une décision qui reflète le recul des cours mondiaux et ravive les inquiétudes dans la filière cacao en Afrique de l’Ouest et centrale.
Après plusieurs mois d’euphorie sur le marché du cacao, la tendance s’inverse brutalement en Côte d’Ivoire. Les autorités ont annoncé une baisse importante du prix bord-champ payé aux producteurs pour la petite campagne. Le kilogramme est désormais fixé à 1 200 Fcfa, contre 2 800 Fcfa lors de la campagne principale précédente. La réduction est importante et atteint près de 57 %.
Cette décision traduit les difficultés actuelles du marché international. Après avoir atteint des niveaux historiques en 2024 et début 2025, les cours du cacao connaissent une phase de correction. Les prix avaient dépassé 12 000 dollars (6 778 340 Fcfa) la tonne sur les marchés mondiaux, portés par les inquiétudes liées aux mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest. Mais depuis plusieurs mois, la tendance s’est inversée.
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La hausse de l’offre mondiale et l’opportunisme de certains acheteurs ont entraîné un recul progressif des cours. Dans ce contexte, les autorités ivoiriennes ont choisi d’ajuster le prix payé aux planteurs afin de rester en phase avec le marché international.
La mesure suscite cependant des inquiétudes dans les zones de production. En Côte d’Ivoire, le cacao constitue une activité vitale pour des millions de familles rurales. Le pays produit chaque année plus de 2 millions de tonnes, soit près de 40 % de la production mondiale. La filière représente également une part importante des recettes d’exportation nationales.
Transformation locale
Cette évolution rappelle la grande volatilité du marché du cacao. Les périodes de hausse peuvent être spectaculaires, mais elles sont souvent suivies de corrections rapides. Les producteurs restent ainsi exposés aux fluctuations d’un marché qu’ils ne contrôlent pas.
La situation concerne aussi d’autres pays producteurs, notamment le Cameroun. Dans les bassins de production du Centre, du Sud ou du Sud-Ouest, les prix ont eux aussi reculé ces derniers mois. Après avoir franchi la barre des 6 000 Fcfa le kilogramme à certains moments, ils oscillent désormais autour de 2 500 Fcfa selon les localités. Cette comparaison illustre la dépendance des économies cacaoyères africaines aux variations des cours mondiaux. Lorsque les prix grimpent, les revenus agricoles suivent. Mais lorsque la tendance s’inverse, les producteurs sont les premiers à en ressentir les effets.
Dans ce contexte, plusieurs spécialistes plaident pour une transformation locale plus importante du cacao. Une stratégie qui permettrait de créer davantage de valeur ajoutée et de réduire la dépendance aux exportations de fèves brutes.
















