Le gouvernement camerounais veut relancer la modernisation de quatre stations de pesage routier. Après l’échec partiel d’une première procédure lancée en 2025
En principe, il entend revoir sa stratégie pour acquérir les stations de pesage de Mandjou, Manwi, Bekoko et de Njombe. Les responsables techniques du secteur concerné se sont réunis le 13 avril 2026 à Yaoundé. Et présidant les travaux, le ministre des Travaux publics, Nganou Djoumessi, a annoncé une nouvelle stratégie d’acquisition. Plus précisément pour les postes de Mandjou dans la région de l’Est. Manwi, dans l’Adamaoua, ainsi que Bekoko et Njombe, dans le Littoral
Un résultat jugé insatisfaisant
Alors, cette réorientation intervient après un appel d’offres national lancé en août 2025 pour la réhabilitation desdites infrastructures. Avec un montant de 520 millions Fcfa. Et au terme de la procédure, les lots de Bekoko et de Njombe ont été attribués à une même entreprise. Tandis que Mandjou et Manwi ont été déclarés infructueux.
Un résultat jugé insatisfaisant par le ministre des Travaux publics qui a établi la cause. On parle du « risque de concentration du marché entre les mains d’un seul opérateur ». Mais aussi, « la qualité jugée insuffisante de certaines offres reçues ».
Ainsi donc, pour corriger ces manquements, Nganou Djoumessi va préconiser un découpage plus fin du marché. Avec une « séparation entre les travaux d’aménagement des stations et les équipements techniques d’exploitation ».
La digitalisation des 17 postes de pesage routier
Selon nos sources, « le ministère entend élargir la concurrence et favoriser une plus grande participation des entreprises locales spécialisées. L’objectif pour lui est à la fois d’améliorer la qualité des propositions. De réduire les risques d’exécution et d’accélérer la mise en œuvre du projet », nous explique-t-on.
Dans les couloirs au Mintp, les démarches pour la relance des appels d’offres sont déjà engagées. Et cette autre démarche va dans le sens de la digitalisation des 17 postes de pesage routier du Cameroun. Un projet annoncé depuis près de 15 ans mais toujours inachevé.
Pour Emile Douanla, « les manquements sont bien observés sur le terrain. Le dispositif actuel qui nous est présenté a montré toutes ses limites. Les objectifs fixés n’ont pas été atteints. Également ces appareils connaissent des difficultés énormes. On peut citer les pannes récurrentes, les coupures d’électricité. À cela s’ajoutent l’insuffisance des équipements et les contestations en permanence des transporteurs », dit ce transporteur.
Un niveau de recettes jugé inférieur
L’autre objectif visé est de relever le défi budgétaire. Les textes prévoient qu’en cas de surcharge, les amendes vont de 25 000 à 75 000 Fcfa par tonne excédentaire. A cela s’ajoute une obligation de délestage. En 2020, les pénalités issues des pesages ont rapporté environ 2 milliards Fcfa au Trésor public.
Un niveau de recettes jugé inférieur au potentiel réel par les syndicats de transporteurs. Ces derniers dénoncent un système marqué par une forte intervention humaine. « Cela favorise des arrangements informels et la corruption ».
Or « en réduisant les manipulations manuelles, la digitalisation des pesages va tout simplement permettre, de renforcer la transparence. Et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques. Le volume des véhicules sur les pesages est important et les recettes sont minces. Le volume de trafic entre Douala et l’Ouest est énorme. Mais on ne voit pas ce que cela rapporte », va déclarer Herman Ngando Epalè, commerçant












